'J'aime cette responsabilité et je suis heureux de pouvoir contribuer en retour'

Le HCR compte plus de 17 300 employés et vacataires, dont la plupart sont basés sur le terrain. Voici Luis José Faifé, chauffeur au Mozambique.

Luis José Faifé est assis dans son véhicule du HCR à Beira, au Mozambique.
© HCR/Hélène Caux

Nom : Luis José Faifé, 34 ans, originaire du Mozambique

Titre du poste : Chauffeur.

Années au HCR : Quinze mois. José a rejoint le HCR deux mois après le passage du cyclone Idaï en mars 2019, qui avait fait plus de 600 victimes au Mozambique, au Malawi et au Zimbabwe. Le cyclone Kenneth a frappé quelques semaines plus tard, déplaçant environ 2,2 millions de personnes au total. Le changement climatique et la longue côte du pays en bordure de l'océan Indien rendent le Mozambique encore plus vulnérable aux cyclones.

Pourquoi êtes-vous devenu un travailleur humanitaire ?

J'ai toujours habité la ville de Beira - l'une des régions les plus touchées par l'ouragan Idaï - et j'ai vu en direct les ravages qu'il a causés.

Nous avons entendu aux actualités qu'il y aurait un cyclone, mais nous n’en avons pas vraiment tenu compte. Nous pensions que ce serait un peu de vent et de pluie qui passerait rapidement. Plus tard dans l'après-midi, il a commencé à pleuvoir très fort. Nous n'étions pas du tout préparés.

Le vent soufflait très fort, on pouvait entendre le bruit - comme un sifflet. Ma maison tremblait, j'entendais le toit trembler et les vis étaient sur le point de se détacher. Dans mon quartier, la plupart des maisons ont été touchées et de nombreux toits ont été arrachés. Nous avons vu des cocotiers tomber et des manguiers déracinés.

J'avais une petite librairie sur le marché, alors je suis allé la voir le matin, après le cyclone. En chemin, j'ai été surpris - c'était comme une autre ville ! On aurait dit qu'il n'y avait pas de routes et des arbres les avaient bloquées. J'ai vu des gens pleurer et d'autres disaient : "La vie n’est plus possible à Beira. Que faisons-nous maintenant ? Tout est détruit !"

Vivre à Beira et voir comment le cyclone a détruit de nombreuses vies humaines m'a donné envie d'aider les autres - j'ai donc rejoint le HCR en tant que chauffeur.

Quels sont les aspects les plus gratifiants et les plus stimulants de votre travail ?

C'est toujours gratifiant de pouvoir donner un coup de main aux personnes dans le besoin. J'apprécie ma responsabilité en tant que chauffeur, même si c'est un travail très dur. Ce que je retiens de ma formation initiale, c'est que, lorsque je conduis, le sort de tous les passagers de mon véhicule est entre mes mains. Cela signifie que je dois travailler de manière très calme et concentrée, afin de m'assurer que les gens arrivent à destination en toute sécurité.

Je travaille actuellement dans le nord du pays où plus de 250 000 personnes ont été déplacées depuis 2017 par de violentes attaques menées par des groupes armés. L'année dernière, les attaques se sont intensifiées et l'insécurité est un important défi actuellement. Cela signifie que nous ne pouvons pas atteindre certaines zones où les gens sont déplacés et ont besoin de notre aide et de notre soutien, et que nous ne pouvons pas être avec nos familles dans cette partie du pays. C'est difficile car j'étais habitué à voir mes proches - ma femme et mes deux enfants - tous les jours quand j'étais à Beira. Mais je suis ici pour une bonne cause et cela en vaut la peine.

J'aime la responsabilité et l'environnement de travail - c'est bien et j'ai beaucoup appris. On apprend à parler aux gens, à devenir humbles et à établir des relations avec de nombreuses personnes différentes à travers le monde entier.

Je suis content d’avoir acquis beaucoup d'expérience ici et j’aime le fait que nous pouvons aider les gens, leur parler et les réconforter dans les moments difficiles. Participer au travail du HCR pour aider les autres, cela signifie beaucoup pour moi.

  • Luis José Faïfé est assis dans son véhicule du HCR à Beira, au Mozambique.
    Luis José Faïfé est assis dans son véhicule du HCR à Beira, au Mozambique. © HCR/Hélène Caux
  • Luis José Faïfé marche dans les rues d'une installation à Beira qui a été dévastée par le cyclone Idaï l'année dernière.
    Luis José Faïfé marche dans les rues d'une installation à Beira qui a été dévastée par le cyclone Idaï l'année dernière.  © HCR/Hélène Caux
  • Luis José Faifé s'entretient avec une rescapée du cyclone Idaï à Beira, au Mozambique. Le toit de sa maison, derrière elle, a été emporté par le vent.
    Luis José Faifé s'entretient avec une rescapée du cyclone Idaï à Beira, au Mozambique. Le toit de sa maison, derrière elle, a été emporté par le vent.  © HCR/Hélène Caux

Quelle a été votre pire journée au travail ?

Je me souviens d'un jour où nous étions en route pour Buzi - un district situé à environ 150 kilomètres de Beira et le plus touché - pour livrer des articles de secours aux personnes affectées par le cyclone Idaï. Nous avions deux camions et il pleuvait. Les deux sont restés bloqués sur la route et nous ne pouvions pas aller plus loin. Nous avons dû rester sur la route toute la journée et toute la nuit, avant que les voitures ne puissent être déplacées.

Tant de gens attendaient des secours et ils étaient désespérés, sans rien à manger, sans rien pour se protéger et nulle part où aller. C'était une période très difficile pour nous tous. Nous avons vu des gens qui avaient tout perdu et qui étaient désespérés.

Quelle a été votre meilleure journée de travail ?

La plupart du temps, je suis heureux parce que je peux contribuer en retour. A Beira et Buzi, nous avons rendu visite aux personnes touchées par les cyclones et nous avons pu emmener le personnel du HCR sur le terrain. Nous transportions des vivres et du matériel de secours pour les personnes touchées et passions des heures sur la route pour nous rendre sur les sites de relocalisation.

Je travaillais comme enseignant. Ma formation a été utile dans les sites de relocalisation car il était beaucoup plus facile d'être proche des enfants. Je jouais et j'interagissais avec eux pour les motiver, afin qu'ils oublient leur situation, même pour quelques minutes.

J'aide actuellement les personnes déplacées par la violence. C'est une nouvelle expérience pour moi et je crois que nous contribuons à changer leur vie, grâce au soutien et à la protection que nous leur fournissons.

Comment la pandémie de Covid-19 a-t-elle affecté votre travail ?

Les choses ont vraiment changé. Nous devons nous laver les mains fréquemment, observer la distanciation sociale et toujours porter un masque. Je garde du désinfectant dans le véhicule en permanence et je le désinfecte souvent. Dans les sites de relocalisation, il y a des stations de lavage des mains et la première chose que vous faites à votre arrivée est de vous laver les mains. Je pense que je dois donner l’exemple, en tant qu'humanitaire, et montrer aux gens ce qu'il faut faire, car lorsqu'ils nous voient suivre les directives, ils le font aussi.

Qu'est-ce qui vous motive à continuer ?

Le fait que je peux aider les autres en tant que chauffeur en livrant du matériel de secours, en distribuant de la nourriture et grâce à tout le soutien que nous apportons en tant que HCR. Je suis reconnaissant de faire partie d'une équipe qui aide les gens dans de nombreuses régions du monde. En ce moment, je suis ici, à faire quelque chose de significatif.

Je crois que nous pouvons aider les gens de nombreuses façons. Qui que vous soyez et où que vous soyez, vous pouvez améliorer concrètement les choses, quoi qu'il arrive.

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, travaille dans 135 pays, aidant des hommes, des femmes et des enfants chassés de leur foyer par les guerres et la persécution. Notre siège est à Genève, mais près de 90% de notre personnel est basé sur le terrain, pour aider les réfugiés. Ce profil fait partie d'une série qui met en lumière notre personnel et son travail.

Quelle a été votre pire journée au travail ?

Je me souviens d'un jour où nous étions en route pour Buzi - un district situé à environ 150 kilomètres de Beira et le plus touché - pour livrer des articles de secours aux personnes affectées par le cyclone Idaï. Nous avions deux camions et il pleuvait. Les deux sont restés bloqués sur la route et nous ne pouvions pas aller plus loin. Nous avons dû rester sur la route toute la journée et toute la nuit, avant que les voitures ne puissent être déplacées.

Tant de gens attendaient des secours et ils étaient désespérés, sans rien à manger, sans rien pour se protéger et nulle part où aller. C'était une période très difficile pour nous tous. Nous avons vu des gens qui avaient tout perdu et qui étaient désespérés.

Quelle a été votre meilleure journée de travail ?

La plupart du temps, je suis heureux parce que je peux contribuer en retour. A Beira et Buzi, nous avons rendu visite aux personnes touchées par les cyclones et nous avons pu emmener le personnel du HCR sur le terrain. Nous transportions des vivres et du matériel de secours pour les personnes touchées et passions des heures sur la route pour nous rendre sur les sites de relocalisation.

Je travaillais comme enseignant. Ma formation a été utile dans les sites de relocalisation car il était beaucoup plus facile d'être proche des enfants. Je jouais et j'interagissais avec eux pour les motiver, afin qu'ils oublient leur situation, même pour quelques minutes.

J'aide actuellement les personnes déplacées par la violence. C'est une nouvelle expérience pour moi et je crois que nous contribuons à changer leur vie, grâce au soutien et à la protection que nous leur fournissons.

Comment la pandémie de Covid-19 a-t-elle affecté votre travail ?

Les choses ont vraiment changé. Nous devons nous laver les mains fréquemment, observer la distanciation sociale et toujours porter un masque. Je garde du désinfectant dans le véhicule en permanence et je le désinfecte souvent. Dans les sites de relocalisation, il y a des stations de lavage des mains et la première chose que vous faites à votre arrivée est de vous laver les mains. Je pense que je dois donner l’exemple, en tant qu'humanitaire, et montrer aux gens ce qu'il faut faire, car lorsqu'ils nous voient suivre les directives, ils le font aussi.

Qu'est-ce qui vous motive à continuer ?

Le fait que je peux aider les autres en tant que chauffeur en livrant du matériel de secours, en distribuant de la nourriture et grâce à tout le soutien que nous apportons en tant que HCR. Je suis reconnaissant de faire partie d'une équipe qui aide les gens dans de nombreuses régions du monde. En ce moment, je suis ici, à faire quelque chose de significatif.

Je crois que nous pouvons aider les gens de nombreuses façons. Qui que vous soyez et où que vous soyez, vous pouvez améliorer concrètement les choses, quoi qu'il arrive.

 

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, travaille dans 135 pays, aidant des hommes, des femmes et des enfants chassés de leur foyer par les guerres et la persécution. Notre siège est à Genève, mais près de 90% de notre personnel est basé sur le terrain, pour aider les réfugiés. Ce profil fait partie d'une série qui met en lumière notre personnel et son travail.