« Déracinés dans leur propre pays » : aperçu statistique sur le déplacement interne

Une toute nouvelle plateforme de compilation statistique révèle l'ampleur du problème du déplacement interne qui affecte 45,9 millions de personnes et les perspectives de solutions durables.

Des personnes déplacées internes dans un camp en Ituri, en République démocratique du Congo, en 2019.

Des personnes déplacées internes dans un camp en Ituri, en République démocratique du Congo, en 2019.   © HCR/John Wessels

Dans le contexte du nombre sans précédent de 80 millions de personnes déracinées à travers le monde, le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, met en lumière la situation critique des personnes qui ont fui leurs foyers tout en restant à l'intérieur de leur propre pays. La population des déplacés internes représente plus de la moitié du nombre total des personnes déracinées à travers le monde.

Contrairement aux réfugiés, les personnes déplacées internes n'ont franchi aucune frontière internationalement reconnue durant leur quête de sécurité, et leur protection demeure sous la principale responsabilité des autorités nationales de leur pays, même si les actions de leur propre gouvernement peuvent être à l'origine de leur déplacement.

« Déracinés dans leur propre pays » est une toute nouvelle plateforme de compilation statistique présentant l'ampleur et le défi des déplacements internes dus aux conflits et à la violence. Ce problème affecte actuellement au moins 45,9 millions de personnes à travers le monde.

Cette nouvelle plateforme fait état de la forte hausse du nombre de déplacés internes au cours de la dernière décennie, dans le cadre de crises prolongées, notamment en Syrie, au Yémen et en République démocratique du Congo, ainsi que de nouvelles situations d'urgence dans des pays comme le Burkina Faso et le Mozambique.

« Il s'agit de certaines des personnes parmi les plus vulnérables au monde. »

« Il s'agit de certaines des personnes parmi les plus vulnérables au monde, qui vivent souvent à proximité de zones de conflit, et qui luttent pour accéder à leurs droits fondamentaux, aux services essentiels et à l'assistance dont elles ont désespérément besoin », a déclaré Gillian Triggs, Haut Commissaire assistante du HCR chargée de la protection internationale.

« A travers le monde entier, le HCR intensifie son travail avec les gouvernements et les partenaires pour aider les personnes déplacées internes, protéger leurs droits, lutter contre les causes profondes de leur déplacement et trouver des solutions durables à leur situation », a ajouté Gillian Triggs. « Cette tâche est rendue plus difficile par les conflits non résolus et les nouvelles flambées de violence, qui continuent de pousser des millions de personnes supplémentaires à quitter leurs foyers chaque année. »

Grâce à la fonctionnalité de visualisation des statistiques, on peut constater que le déplacement interne est devenu un problème à long terme dans de nombreux endroits. Plus de la moitié des personnes déplacées internes en raison de conflits et de violences se trouvent dans cinq pays seulement, qui sont tous le théâtre de conflits ou d’insécurité depuis au moins dix ans.

L’aperçu statistique montre également que les populations déplacées vivent davantage en milieu urbain et que cette tendance pose des défis spécifiques.

La visualisation des statistiques met également en évidence les difficultés rencontrées par les personnes déplacées pour accéder à leurs droits légaux, qu'il s'agisse du droit de vote, du droit de propriété ou de l'obtention de documents d'identité.

Les meilleures options pour des solutions durables au déplacement interne sont également décrites, y compris le rapatriement librement consenti lorsque les conditions sont sûres, l'intégration locale ou la relocalisation dans d'autres parties du pays.