Rapatriés
Rapatriés
Nous permettons à chacun de choisir, en connaissance de cause, le moment où il pourra rentrer en sécurité. Nous veillons à ce que les retours soient volontaires et se déroulent dans la dignité, puis nous accompagnons les personnes qui reconstruisent leur vie.
À son retour en Côte d’Ivoire, un ancien réfugié retrouve sa tante, qui le serre dans ses bras.
Accompagner le retour des réfugiés et des déplacés internes
Pour les millions de personnes contraintes de fuir, le retour chez soi met fin à une période de déplacement souvent traumatisante. Il peut intervenir des mois, des années, voire des décennies après le départ.
Lorsque les conditions de sécurité le permettent, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, facilite le retour des réfugiés et d’autres personnes déplacées de force chez eux. Nous coordonnons des rapatriements, collectifs ou individuels, et veillons à ce que tout retour soit volontaire, sûr et digne.
Mais notre action ne s’arrête pas là. Une fois que les réfugiés ont retraversé la frontière de leur pays, ou que les déplacés internes ont regagné leur zone d’origine, nous restons attentifs à la manière dont ils sont traités. Avec les autorités nationales et les partenaires de développement, nous les aidons à se réintégrer dans leur communauté et faisons en sorte qu’ils aient accès aux mêmes services que leurs concitoyens : logement, emploi, école, soins de santé.
En nous assurant que les anciens réfugiés et les déplacés internes sont en sécurité et peuvent exercer leurs droits, nous contribuons à rendre les retours pérennes et à éviter que ces personnes ne soient contraintes de fuir à nouveau.
Les réfugiés et les déplacés internes ne peuvent rentrer chez eux en toute sécurité qu’une fois que les causes profondes de leur déplacement ont été traitées et qu’une paix durable s’est installée. En 2025, 4.4 million de réfugiés ont pu rentrer volontairement dans leur pays. Par ailleurs, 10.3 million de déplacés internes (personnes déplacées à l’intérieur des frontières de leur propre pays) ont regagné leur lieu d’origine.
« Rapatrié » : définition
Le terme « rapatrié » désigne un réfugié revenu dans son pays d’origine pour s’y établir durablement, mais qui n’y est pas encore pleinement réintégré. Il perd son statut de réfugié dès son retour. Le HCR accompagne également les déplacés internes qui regagnent leur zone d’origine.
Comment le HCR aide-t-il les réfugiés et les déplacés internes à rentrer chez eux ?
- Coordonner des retours volontaires et sûrs : nous travaillons avec les gouvernements pour promouvoir et coordonner les retours, individuels ou de grande ampleur. Nous nous efforçons de faire en sorte que ces retours soient volontaires et dignes, et que les personnes soient en sécurité une fois rentrées, à l’abri des persécutions, des violences et des restes explosifs de guerre, comme les mines terrestres. Nous consultons les réfugiés et les déplacés internes pour comprendre leurs intentions et leurs inquiétudes, afin que les programmes de retour et de réintégration tiennent compte de leur point de vue. Nous pouvons aussi organiser leur transport pour qu’ils regagnent leur zone d’origine en toute sécurité.
- Permettre un choix éclairé : il peut être difficile pour les réfugiés et les déplacés internes de croire qu’ils peuvent revenir sans danger là où ils ont fui un conflit, une violence généralisée ou des persécutions ciblées. Ils peuvent aussi hésiter à rentrer faute d’abris, d’emplois, de moyens de subsistance et d’autres services de base. Nous les aidons à accéder aux informations utiles pour décider en connaissance de cause. Nous pouvons également organiser des visites exploratoires, qui leur permettent de se rendre dans leur lieu d’origine et d’évaluer la situation par eux-mêmes.
- Reconstruire les infrastructures : dans les pays qui sortent d’un long conflit, des infrastructures essentielles ont parfois été détruites. Avec les gouvernements et les agences de développement, nous reconstruisons ou réparons écoles, réseaux d’eau, routes et centres de santé, afin que les zones de retour soient prêtes à accueillir leurs habitants.
- Soutenir la réintégration et l’accès aux droits : nous aidons les personnes de retour à trouver un logement et un emploi, et à scolariser leurs enfants. Nous pouvons leur verser une aide en espèces pour couvrir leurs premiers besoins essentiels, comme les articles d’hygiène et le loyer. Nous veillons aussi à ce qu’elles jouissent des mêmes droits juridiques, civils et politiques que leurs concitoyens. Les personnes rentrées chez elles ont davantage de chances de rester lorsqu’elles sont en sécurité, disposent d’un logement convenable, peuvent gagner leur vie, maintenir leurs enfants à l’école et vivre en paix avec leurs voisins.
- Réhabiliter les terrains à la fermeture des camps : lorsque des camps et des installations de réfugiés ferment, nous cherchons à remettre les terrains dans l’état le plus profitable à leurs propriétaires et aux riverains. Cela peut passer par la plantation d’arbres, ou simplement par une régénération naturelle. Nous travaillons aussi avec les communautés locales pour qu’elles gardent l’usage des équipements créés lors de l’arrivée des personnes déplacées, comme les écoles et les centres de santé.
Aider les réfugiés et les déplacés internes à rentrer chez eux et à se réintégrer exige un engagement total du pays d’origine, ainsi qu’un soutien durable de la communauté internationale. En agissant ensemble, nous pouvons faire en sorte que les personnes de retour reconstruisent leur vie dans un environnement sûr et stable, sans être contraintes de fuir à nouveau.
Qu’est-ce que le rapatriement volontaire ?
On parle de rapatriement volontaire lorsque des réfugiés décident, en connaissance de cause et librement, de rentrer chez eux, sans aucune pression — qu’elle vienne de l’extérieur, de leur famille ou de leur communauté. Lorsque les conditions d’un retour volontaire en toute sécurité sont réunies, le HCR promeut les retours et encourage les réfugiés à s’informer sur la situation dans leur pays d’origine. S’il estime que la sécurité n’est pas assurée, le HCR ne promeut pas le rapatriement ; il soutient néanmoins les personnes qui choisissent de rentrer spontanément.
« Quand nous sommes rentrés en 2020, la vie était difficile. Puis le HCR m’a aidée à monter ce salon de coiffure. Aujourd’hui, la vie est meilleure. J’ai mon logement et mes enfants vont à l’école. »
Elodie a fui la Côte d’Ivoire en 2011, pendant la guerre civile. « Quand la guerre a commencé, nous avions peur des coups de feu. Nous n’avions jamais rien entendu de tel. Nous nous sommes mis à marcher, en laissant toutes nos affaires derrière nous. »
En 2020, une fois la situation politique stabilisée, elle a fait partie des milliers de réfugiés ivoiriens rentrés dans leur pays.
Grâce à un programme de réintégration du HCR, elle a lancé une petite entreprise : un salon de coiffure baptisé « Seatizi », qui signifie « paix ».