Des réfugiés sollicitent le Congrès argentin pour qu'il approuve un projet de loi sur les réfugiés

Des réfugiés originaires d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie ont remis une pétition au Congrès argentin pour lui demander d'approuver et de mettre en oeuvre un projet de loi sur les réfugiés.

Patricia Vaca Narvaja, Vice-présidente de la Chambre des députés, discute avec des réfugiés après qu'ils lui aient remis leur pétition.  © HCR/M.Tucuna

BUENOS AIRES, Argentine, 22 septembre (UNHCR) - Des réfugiés vivant en Argentine ont demandé au Congrès de faire avancer un projet de loi relatif aux réfugiés qui a été approuvé l'an passé par le Sénat et qui en cours d'examen devant la Chambre des députés.

Une pétition, qui a été signée par des réfugiés et des organisations de défense des droits de l'homme, a été remise mercredi à l'un des responsables de la Chambre haute. Elle souligne l'importance d'une loi sur les réfugiés en Argentine ainsi que son caractère opportun cette année, 45 ans exactement après l'adhésion du pays à la Convention de 1951 sur les réfugiés.

Un groupe de réfugiés originaires d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie était accompagné par des représentants de l'UNHCR et d'organisations de défense des droits de l'homme. Ils ont remis cette pétition à Patricia Vaca Narvaja, la Vice-présidente de la Chambre des députés.

Le projet de loi a déjà été approuvé par quatre commissions de la Chambre des députés. Son examen par la cinquième et dernière commission est en cours. Une fois ce processus achevé, le projet sera présenté en séance plénière et doit impérativement être voté cette année.

La loi envisagée permettra aux réfugiés d'exercer pleinement leurs droits dans divers domaines, dont l'éducation et l'emploi. Elle intègre certaines des meilleures pratiques récemment établies par le comité national pour les réfugiés et inclut des dispositions spécifiques relatives aux victimes de violence, en particulier sur les femmes et les enfants non accompagnés.

Par ailleurs, le projet de loi comprend une disposition d'une importance encore plus grande puisqu'elle prévoit que le gouvernement joue un rôle plus significatif dans les activités liées à l'assistance et à l'intégration, des domaines pour le moment presque exclusivement gérés par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et par ses partenaires non-gouvermentaux.

« Nous arrivons au terme du processus que doit suivre ce projet de loi et nos devons faire tout notre possible pour qu'il se termine de la manière dont nous le souhaitons. Nous devons oeuvrer de manière responsable pour atteindre cette finalité », a expliqué Patricia Vaca Narvaja au groupe présent. « Nous sommes tout à fait conscients de l'angoisse que ressentent les réfugiés actuels », a-t-elle ajouté, en rappelant que sa propre famille avait été forcée de fuir le pays qui vivait sous un régime militaire dans les années 70.

Cependant les réfugiés, ainsi que les institutions qui travaillent en leur faveur, sont optimistes quant à l'adoption finale de la loi. Pendant leur réunion avec la Vice-présidente, un réfugié péruvien lui a dit : « Nous savons que la période est favorable et nous sommes persuadés que nous pourrons obtenir cette loi avant la fin de l'année. Ce serait une grande consolation pour nous tous, qui avons versé tant de larmes avant d'arriver en Argentine. »

L'UNHCR fait aussi preuve d'optimisme. « L'Argentine a démontré un potentiel pour devenir un chef de file régional dans la protection des réfugiés. L'adoption d'une loi sur les réfugiés constituerait une avancée aussi nécessaire que bienvenue dans la même direction », a indiqué Flor Rojas, déléguée de l'UNHCR en Argentine, après la réunion.

Plus de 3 000 réfugiés de diverses nationalités et originaires de quelque 60 pays différents vivent en Argentine. Ces dernières années, le pays a fait des progrès dans sa gestion des questions relatives aux réfugiés aux réfugiés, notamment grâce à la mise en place d'un comité élargi pour les réfugiés, de procédures plus efficaces et du lancement, l'année dernière, d'un programme de réinstallation.

Par Nazli Zaki à Buenos Aires, Argentine