Hausse des demandes d'asile de Vénézuéliens : le HCR intensifie sa réponse

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 14 juillet 2017 au Palais des Nations à Genève.

Une mère et son enfant traversent le pont entre Cucuta en Colombie et le Venezuela. Photo d'archives, juin 2010. Le nombre de Vénézuéliens en quête d'asile dans d'autres pays, y compris la Colombie, grimpe actuellement en flèche.   © HCR / Boris Heger

La situation au Venezuela se dégrade et le nombre de demandes d'asile des ressortissants de ce pays a grimpé en flèche. L'année dernière, on comptait environ 27 000 demandeurs d'asile vénézuéliens à travers le monde. En 2017, près de 50 000 demandes d'asile ont déjà été déposées.

Les principaux pays de destination des demandeurs d'asile vénézuéliens cette année sont les États-Unis (18 300), le Brésil (12 960), le Pérou (4453), l'Espagne (4300) et le Mexique (1044). Aruba, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, Curaçao, l'Équateur et Trinité-et-Tobago ont également reçu des demandes d'asile déposées par des Vénézuéliens en 2017.

Les chiffres ci-dessus ne représentent qu'une fraction du nombre total de Vénézuéliens ayant besoin de protection internationale, car un grand nombre d’entre eux ne s'enregistrent pas en tant que demandeurs d'asile, bien que beaucoup aient indiqué avoir fui la violence et l'insécurité, ainsi qu’une incapacité à subvenir à leurs besoins journaliers.

Grâce à une longue tradition de solidarité en Amérique latine, les citoyens vénézuéliens dans les pays voisins peuvent bénéficier de divers permis de résidence temporaire. Cependant, en raison d'obstacles bureaucratiques, de longues périodes d'attente et du coût élevé des procédures, de nombreux Vénézuéliens optent pour une situation irrégulière au lieu d’entreprendre des démarches pour la procédure d’asile ou de migration afin de régulariser leur séjour.

Parmi les 300 000 Vénézuéliens en Colombie, 40 000 à Trinité-et-Tobago et 30 000 au Brésil, beaucoup pourraient être dans cette situation. Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, travaille avec les autorités de ces pays pour intensifier l'enregistrement et l’établissement de profils, renforcer les capacités d'accueil et fournir une assistance humanitaire de première nécessité aux demandeurs d'asile ayant des besoins spécifiques. Face aux arrivées massives, ces trois pays ont lancé des plans d'aide. Les autorités colombiennes et brésiliennes coordonnent leurs réponses et discutent d’approches harmonisées.

Certains des principaux défis posés par l’afflux massif de Vénézuéliens dans les pays voisins comprennent la protection internationale et les considérations de sécurité physique, le manque de documents d’identité, la violence sexuelle et sexiste, l'exploitation et les abus, le manque d'accès aux droits et services élémentaires. Dans certains domaines, des groupes armés et des gangs criminels exploitent les Vénézuéliens nouvellement arrivés et la population locale.

Le HCR est également préoccupé par le fait que des groupes autochtones vivant le long des frontières du Venezuela avec le Brésil et la Colombie sont de plus en plus affectés par la situation et ils ont également fui leurs territoires d'origine. Une attention particulière aux droits de ces communautés ainsi qu'une protection différenciée et ciblée et une aide humanitaire sont nécessaires.

Compte tenu de l'évolution de la situation au Venezuela, selon les projections, les civils continueront de quitter le pays. Le HCR intensifie sa réponse en conséquence. En Colombie, le HCR a mené des entretiens avec les arrivants vénézuéliens pour établir leurs besoins en matière de protection. Le HCR renforce sa présence dans les zones frontalières et sa capacité à fournir une assistance humanitaire de base, y compris des allocations polyvalentes en espèces, aux demandeurs d'asile vénézuéliens ayant des besoins spécifiques.

Au Brésil, le HCR, par l'intermédiaire d'un partenaire national, fournit des fonds pour financer certaines activités menées par des organisations de la société civile à Boa Vista, Pacaraima et Manaus. La police fédérale, avec le soutien du HCR, a déployé du personnel supplémentaire à Roraima State pour aider à l'enregistrement des demandes d'asile. A Trinité-et-Tobago, le HCR aide le gouvernement à assumer progressivement la responsabilité de l'enregistrement, de la délivrance de documents d’identité et de la détermination du statut de réfugié.

Le HCR réitère son appel aux États pour qu'ils protègent les droits des Vénézuéliens, en particulier le droit de demander l'asile et d'avoir accès à des procédures d'asile justes et efficaces. L'accès effectif à la protection nécessite l'adoption de mesures pour faciliter la délivrance de documents d’identité, l'accès aux services élémentaires et aux moyens d’existence. Parallèlement, les Vénézuéliens qui ne souhaitent pas déposer une demande d'asile - ou dont les demandes d'asile ont été rejetées - devraient être aidés à régulariser leur situation par des moyens alternatifs. Il ne devrait y avoir aucun retour forcé vers le Venezuela.

 

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter:

  • A Genève, William Spindler, spindler@unhcr.org, 41 79 217 3011
  • A Mexico, Francesca Fontanini, fontanin@unhcr.org, +52 1 (55) 9197 2690