Soudan du Sud : l'insécurité croissante provoque de nouveaux déplacements

Depuis début décembre, les affrontements entre groupes armés ont forcé des milliers de personnes à fuir leur foyer dans l'État de l'Équatoria-Occidental.

Des réfugiés du Soudan du Sud font la queue pour obtenir de la nourriture dans un centre de transit à Adjumani, en Ouganda, juin 2015.  © HCR/J. Matas

GENÈVE, 8 janvier (HCR) - L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés est de plus en plus préoccupée par la montée récente de l'insécurité en Équatoria-Occidental, État situé au sud du Soudan du Sud, et par son terrible impact sur la population civile.

Le HCR a averti que des combats localisés entre groupes armés et soldats gouvernementaux et un effondrement apparent de l'ordre public avaient été signalés à Yambio et ses environs, à quelque 300 kilomètres à l'ouest de Djouba.

« Les coups de feu sporadiques y sont monnaie courante, mais on note aussi une recrudescence de la criminalité de type car-jackings, attaques contre des biens gouvernementaux, pillages d'habitations de civils et agressions sexuelles commises par des jeunes armés », a déclaré Adrian Edwards, porte-parole du HCR lors d'une conférence de presse à Genève vendredi (8 janvier).

« Une mission récente des Nations Unies à Yambio a évalué à près de 200 le nombre d'habitations réduites en cendres dans le quartier d'Ikpiro et à plusieurs milliers celles qui ont été pillées. Les habitants ont trouvé refuge dans le centre-ville ou dans les villages voisins », a indiqué Adrian Edwards, qui a ajouté que les Nations Unies estiment à environ 15 000 le nombre de personnes déplacées depuis début décembre dans les comtés de Yambio et Tambura, en Équatoria-Occidental.

La violence pousse également les personnes à fuir leur foyer pour se rendre à des centaines de kilomètres au sud-est, vers l'Ouganda voisin. Cinq cents réfugiés y sont enregistrés chaque jour depuis le début de la semaine, soit quatre fois plus que ce qu'indiquaient les derniers chiffres. Outre la violence, les réfugiés citent l'insécurité alimentaire liée aux mauvaises récoltes comme raison de fuite.

Le mois dernier, le HCR a signalé que les combats entre des factions locales (connues sous le nom d'« Arrow Boys ») et l'armée du Soudan du Sud en Équatoria-Occidental avaient obligé plus de 4 000 personnes à fuir vers une région reculée du nord-est de la République démocratique du Congo.

Vendredi dernier, le nombre de nouvelles arrivées enregistrées, principalement dans la région autour de Dungu, a atteint 6 181, dont 4 164 ressortissants du Soudan du Sud et 2 017 Congolais auparavant réfugiés dans ce pays. L'afflux se poursuit en 2016, mais à un rythme beaucoup moins soutenu. L'agence gouvernementale chargée des réfugiés a enregistré 268 arrivées au cours de la semaine dernière.

« Globalement, ces évolutions sont inquiétantes pour une région du Soudan du Sud restée jusqu'à présent relativement stable. Les implications pour l'accès humanitaire aux quelque 7 400 réfugiés en Équatoria-Occidental sont très préoccupantes », a indiqué Adrian Edwards.

Le HCR est en contact avec les autorités gouvernementales à propos de la sécurité de ces réfugiés. Il a négocié une protection supplémentaire, des patrouilles, pour la mission de maintien de la paix des Nations Unies et un soutien pour reloger les réfugiés dans des zones plus sûres.

En même temps, le HCR, le gouvernement ougandais et des partenaires, convaincus que la tendance va se poursuive, au moins à court terme, renforcent leurs opérations dans le nord de l'Ouganda.

Le conflit qui a éclaté au Soudan du Sud en décembre 2013 a provoqué l'une des urgences humanitaires les plus importantes du monde : 2,3 millions de personnes ont été forcées de fuir leur foyer, dont 650 000 au-delà des frontières en tant que réfugiés et 1,65 million de déplacés à l'intérieur du pays.