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Les répercussions de la crise au Moyen-Orient compliquent le travail humanitaire au-delà de la région

Points de presse

Les répercussions de la crise au Moyen-Orient compliquent le travail humanitaire au-delà de la région


6 mai 2026 Egalement disponible ici :

La crise au Moyen-Orient entraîne des répercussions profondes bien au-delà de la région, avec des conséquences croissantes sur les chaînes d’approvisionnement humanitaires mondiales et l’acheminement de l’aide, alors que la flambée des coûts de transport et les perturbations du fret obligent le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, à adapter sa stratégie de distribution.

L'insécurité et l'instabilité accrues autour des voies maritimes clés du Golfe, notamment le détroit d'Ormuz, perturbent le trafic maritime. La hausse mondiale des coûts du carburant, des denrées alimentaires et du fret fait grimper les prix et retarde la livraison de fournitures essentielles.

La flambée des coûts de transport et de carburant affecte de manière disproportionnée les personnes en situation d’urgence, notamment des millions de réfugiés et de personnes déplacées qui voient l’aide vitale dont elles dépendent réduite et retardée, tout en limitant la capacité des agences humanitaires à fournir une assistance en temps opportun dans un contexte de graves contraintes financières. Pour atténuer ces perturbations, le HCR s’est rapidement adapté en réacheminant le fret maritime, par exemple via Aqaba, et en recourant davantage à des corridors terrestres alternatifs, notamment le transport routier à travers la péninsule arabique et la Türkiye depuis Dubaï.

La fermeture de voies maritimes essentielles impose le recours accru à des itinéraires alternatifs plus longs et plus coûteux, ce qui entraîne une augmentation des délais de transit et une complexité opérationnelle accrue. Les tarifs de fret en provenance des principaux pays d'approvisionnement ont augmenté de près de 18 % depuis le début des hostilités, tandis que la capacité de nos prestataires de transport internationaux a chuté de 97 % à 77 % depuis le début de l'année 2026.

Pour certaines expéditions, les coûts ont plus que doublé, comme les frais de transport des articles de secours provenant des stocks mondiaux du HCR à Dubaï vers nos opérations au Soudan et au Tchad, qui sont passés d’environ 927 000 dollars à 1,87 million de dollars.

La congestion dans les principaux ports, notamment à Djeddah et à Mersin, ainsi que les suspensions de service des transporteurs, la hausse des prix du carburant et l’augmentation des primes d’assurance contre les risques de guerre, actuellement estimées entre 0,5 et 1,5 % de la valeur des marchandises pour les transits dans le Golfe, ajoutent une pression supplémentaire. Le recours accru aux voies terrestres entraîne également une pénurie de camions et une hausse des coûts de transport intérieur.

La situation est particulièrement préoccupante en Afrique, où de nombreuses crises de déplacement se chevauchent – et sont souvent tragiquement négligées. Au Kenya, où sont stockés certains des stocks mondiaux du HCR, une récente hausse du prix du carburant d’environ 15 % a entraîné des retards et réduit la disponibilité des camions pour les expéditions vers l’Éthiopie, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud. Au Soudan, où le conflit entre dans sa quatrième année, le coût de l’acheminement de l’aide a doublé ces derniers mois, tandis que le contournement du cap de Bonne-Espérance allonge les délais de livraison de 25 jours.

Malgré ces difficultés, le HCR a jusqu’à présent maintenu la continuité de l’aide vitale grâce à ses solides systèmes de préparation et à son réseau mondial d’approvisionnement. Celui-ci comprend sept entrepôts situés à Dubaï, Termez, Copenhague, Accra, Douala, Nairobi et Panama City, capables de subvenir aux besoins de près d’un million de personnes déplacées à tout moment, ainsi que plus de 160 entrepôts nationaux et des dispositifs de réserve pour l’approvisionnement local et l’aide financière. À l'échelle mondiale, le HCR dispose de stocks de plus de 31 000 tonnes et 135 000 mètres cubes de matériel de secours, d'une valeur d'environ 130 millions de dollars, qui constituent une bouée de sauvetage pour les personnes déracinées par les conflits et les persécutions.

Depuis le début de la crise, le HCR, en collaboration avec ses partenaires dans le secteur de la fourniture d’abris, a distribué des articles de secours à plus de 200 000 personnes déplacées au Liban, en recourant principalement à des stocks prépositionnés. Un soutien supplémentaire a été apporté sous la forme de trois ponts aériens offerts par l'Union européenne, la France, l'Irlande et l'Italie, ainsi que de 40 camions transportant plus de 317 tonnes d'aide d'urgence depuis Dubaï, permettant de venir en aide à près de 100 000 personnes.

Si l'instabilité au Moyen-Orient persiste, la hausse des coûts, les retards et les capacités de transport limitées risquent de restreindre davantage les opérations humanitaires. Alors que le HCR continue de s'adapter en modifiant les itinéraires, en redéployant les stocks et en s'appuyant sur la logistique soutenue par les donateurs, une perturbation prolongée risque de réduire l'ampleur et la rapidité avec lesquelles l'aide peut parvenir aux personnes dans le besoin, ce qui aurait de graves conséquences pour des millions de réfugiés et de personnes déplacées à travers le monde.