Solidarité internationale et inclusion socio-économique des personnes réfugiées : un rôle clé pour les entreprises

Journée Mondiale des Réfugiés – Déclaration conjointe du HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et de la Chambre de commerce internationale (ICC) et son comité français

Évènement conjoint du HCR et de la Chambre de commerce internationale (ICC) et son comité français  © Samuel Otieno

À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés et la Chambre de commerce internationale (ICC) et son comité français, en présence des pouvoirs publics, d’entreprises, d’associations et de personnes réfugiées, appellent les entreprises françaises et les entreprises étrangères opérant en France à se mobiliser en faveur des personnes réfugiées, aux côtés des Etats, de la société civile, du HCR et des autres agences des Nations Unies, ainsi que des acteurs humanitaires et de développement.

La mobilisation du secteur privé est essentielle, tant en France qu’à l’international car les besoins ne cessent de croître. Comme l’a révélé le dernier rapport du HCR, le nombre de personnes contraintes de fuir les conflits et la violence a, pour la première fois, franchi en 2022 la barre vertigineuse des 100 millions, sous l’effet de la guerre en Ukraine et d’autres conflits meurtriers.

Si la majorité des personnes qui fuient leur lieu de vie sont déplacées à l’intérieur de leur propre pays, plus de 27 millions de personnes ont fui à l’étranger et sont réfugiées, très souvent dans des pays en développement. Les réfugiés d’Ukraine ont ainsi rejoint sur les routes de l’exil les personnes fuyant l’Afghanistan, le Myanmar, le Soudan du Sud, la Syrie ou encore le Venezuela.

Dès leur arrivée dans le pays hôte, les personnes réfugiées aspirent à reconstruire leur vie et à participer à la société d’accueil. Une telle inclusion passe nécessairement par une insertion socioéconomique qui se construit dès la réponse d’urgence, sur le moyen et long terme.

« J’observe en France une mobilisation extraordinaire en faveur de l’accueil et de l’inclusion des personnes qui ont été contraintes de fuir l’Ukraine. Je tiens à remercier tous les acteurs, privés et publics, qui s’engagent face à cette crise, y compris aux côtés du HCR, et les invitent à continuer d’agir pour les réfugiés. Car malheureusement, il y a beaucoup d’autres crises, des crises qui s’aggravent, et encore tant à faire pour les réfugiés en France et ailleurs. Ce n’est qu’en agissant ensemble que nous pouvons protéger et trouver des solutions durables pour les réfugiés. » Paolo Artini, Représentant du HCR en France

De nombreuses entreprises françaises s’engagent déjà aux côtés des pouvoirs publics, du HCR et des multiples acteurs œuvrant pour l’accueil et l’inclusion des personnes réfugiées, aussi bien en France qu’à l’international. Au-delà de leur volonté de soutenir le courage de ces femmes et ces hommes à tout reconstruire après l’exil, ces entreprises reconnaissent la richesse des talents et la diversité qu’ils et elles apportent à leurs organisations et à la société tout entière.

« La Chambre de Commerce Internationale et son Comité français sont fiers de faciliter des échanges constructifs entre les entreprises, les autorités publiques et les réfugiés sur le sujet de leur intégration durable. De plus en plus d'entreprises, petites et grandes, réalisent qu'aider les réfugiés, c’est non seulement faire preuve de solidarité mais également accueillir des nouveaux talents, accroître la diversité au sein de son personnel et, ainsi, augmenter sa création de valeur. »

Les freins à l’insertion socio-économique des personnes réfugiées sont multiples. Le manque de maîtrise du français, l’absence de réseau professionnel, la non-reconnaissance des diplômes et expériences extra-européennes ou encore les discriminations liées aux origines sont les principaux selon les personnes réfugiées elles-mêmes. Ces obstacles sont exacerbés dans le cas des femmes réfugiées qui évoquent des freins supplémentaires liées aux discriminations de genre.

Face à ces enjeux, il y a encore tant à faire, tant à inventer. Et les personnes concernées doivent être au cœur de la planification et de l’action et participant aux décisions qui influencent leur vie.

L’engagement du secteur privé en soutien aux personnes réfugiées peut prendre plusieurs formes :

  • Solidarité internationale en appui aux actions humanitaires et de soutien aux réfugiés des acteurs de terrain à travers le monde ;
  • Actions en faveur de l’accès à l’emploi des personnes réfugiées, dont la formation et la sensibilisation des collaborateurs et des ressources humaines, et accompagnement dans l’emploi par la prise en compte des besoins des personnes réfugiées (mentorat, langue, accompagnement psychosocial etc.) ;
  • Contribution à la recherche de solutions durables pour les réfugiés par la mise en place et la participation à des programmes de mobilité par le travail de personnes réfugiées en tant que voie d’accès sûre et légale ;
  • Lutte contre les préjugés et les discriminations et création d’un environnement favorable à la protection des réfugiés ;
  • Dons en nature (dons matériels, immobilier, mécénat de compétences, mentorat etc.).

« Une insertion professionnelle réussie est à la fois un levier d’inclusion mais aussi un indicateur de succès des politiques d’accueil et d’intégration durable des personnes réfugiées. Les entreprises, en France et dans d’autres pays, peuvent s’inspirer des pratiques des unes et des autres. » Emmanuelle Butaud-Stubbs, Délégué générale du comité français d’ICC

Ensemble, nous pouvons travailler aux côtés des États, de la société tout entière et des personnes réfugiées elles-mêmes pour trouver des solutions afin d’offrir des opportunités d’avenir aux personnes réfugiées et renforcer la cohésion sociale.

Contact pour le HCR en France : Céline Schmitt, [email protected], 06 23 16 11 78