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Ce que m'a appris un camp de réfugiés en Afrique de l'Ouest

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Ce que m'a appris un camp de réfugiés en Afrique de l'Ouest

Ma famille a fui la guerre civile au Libéria pour rejoindre un camp de réfugiés en Guinée, en Afrique de l'Ouest. J'y ai appris la puissance de la résilience et la valeur de la diversité.
16 Décembre 2020
L'auteur, en blanc à côté de la femme assise sur la droite au camp de réfugiés de Kouankan, Guinée.

J'ai grandi avec mes parents dans le camp de réfugiés de Kouankan en Guinée, un pays d'Afrique de l'Ouest.

Nous avons rejoint Kouankan pour échapper à la guerre civile dans notre pays d'origine, le Libéria qui est frontalier de la Guinée. Je suis passé d'une existence au sein d'une communauté relativement homogène à une autre communauté où les gens parlaient des langues différentes et pratiquaient d'autres cultures.

Les débuts ont été difficiles parce que j'avais du mal à comprendre les gens qui m'entouraient et à tisser du lien avec eux. Moi qui aimais échanger et passer du temps avec d'autres, ça a été difficile pour moi de voir mes interactions limitées par des barrières linguistiques et culturelles.

Malgré tout, je me suis ouvert à ma communauté nouvelle et à sa diversité et c’est mon amour du football qui m'a aidé à forger des relations avec d'autres réfugiés.

Le camp de réfugiés m’a protégé de la violence.

Notre camp célébrait chaque année les anniversaires de l'Union africaine et des Nations Unies. Ces célébrations rassemblaient différentes zones du camp, ce qui nous permettait d'apprécier notre diversité et de nous souvenir de ce que nous avions en commun en tant qu'Africains.

Ces jours-là, je me joignais à d'autres enfants de mon âge au sein de l'équipe de football de la Zone 7. Notre amour commun pour ce sport nous unissait et apaisait nos inquiétudes et nos épreuves. Je me réjouissais de ces occasions de m'amuser avec d'autres réfugiés et d'apprendre à se connaître les uns les autres.

Le camp de réfugiés m'a protégé de la violence d'une guerre apparemment sans fin au Libéria, mais la vie à l'intérieur du camp n'était pas facile.

Je suis souvent allé me coucher l'estomac vide et j'ai dû faire des travaux éreintants pour joindre les deux bouts. J'ai ramassé du bois de feu dans la forêt pour le vendre et labouré les champs de mes voisins.

Compte tenu de leur âge avancé, mes parents ne pouvaient plus assumer pareils travaux et le gros de cette responsabilité pesait sur moi. J'ai été contraint de mûrir rapidement pour nourrir et vêtir les miens comme moi-même.

J'ai appris à être autosuffisant et résilient.

Quand je me trouvais confronté à l’adversité après ma vie de réfugié, il me revenait par flash des souvenirs des temps difficiles vécus à Kouankan. Malgré tout, j'étais reconnaissant de l'expérience que j'avais vécue dans le camp de réfugiés.

Tout d'abord, grâce à cette expérience, j'ai appris à être autosuffisant et résilient au cœur des défis. Quand nous sommes rentrés chez nous au Libéria après sept ans d'exil, nos épreuves nous ont suivis. Plutôt que de me laisser décourager par cette situation, j'ai continué à soutenir les miens en vendant de l'essence, des galettes de riz, des bougies et des œufs bouillis pendant de longues heures quotidiennes dans les rues.

De plus, j'ai appris à vivre avec des gens de cultures diverses. Cela m'a permis de bien m'en sortir avec les différents groupes ethniques qui vivaient au Libéria après la guerre et ce, malgré les préjugés à l'encontre du groupe ethnique auquel j'appartiens, les Mandingo, qui sont principalement musulmans.

Enfin, je suis devenu plus empathique face aux souffrances d'autrui et j'ai décidé que je voulais contribuer à créer un futur plus enthousiasmant et durable pour les jeunes Libériens.

Mon parcours en Afrique de l'Ouest m'ont appris la valeur de la diversité.

Pendant quatre années consécutives, j'ai travaillé avec l'Initiative libérienne pour l'éducation et le développement durable pour organiser des quiz, des débats et des concours locaux d'orthographe où les étudiants du secondaire de cinq pays différents peuvent affronter leurs talents et leurs intérêts intellectuels.

Durant ces années de service, j'en ai appris davantage sur les problèmes auxquels le Libéria est confronté, notamment la médiocrité de l'éducation et l'impuissance des jeunes. Dans l'avenir, j'aspire à créer des solutions novatrices pour améliorer l'éducation au Libéria et aider les jeunes Libériens à donner leur pleine mesure.

J'espère créer dans l'ensemble du pays des écoles gratuites dotées de moyens d'apprentissage modernes, afin d'aider les milliers d'enfants libériens déscolarisés à découvrir et explorer leurs passions intellectuelles.

Mon parcours en tant que réfugié en Guinée, puis au Libéria après la guerre civile m’a non seulement appris la puissance de la résilience et la valeur de la diversité, mais il m'a également inspiré à aider les autres et à travailler pour améliorer ma communauté.

J'espère m'épanouir à l'African Leadership Academy, afin que ma vision transforme le discours du Libéria et des jeunes Libériens sur eux-mêmes.

 

Le Libérien Varlee S. Fofana, étudiant à l'African Leadership Academy en Afrique du Sud, a vécu à Kouankan, en Guinée, en tant que réfugié pendant la guerre civile au Libéria. Cette expérience l'a inspiré pour écrire des articles. Il est l'un des dix boursiers du programme de préparation à l'université SMART Liberia Educational Advancement College et un ancien ambassadeur des jeunes boursiers africains de Yale.

Le récit de son enfance dans un camp de réfugiés a remporté le premier prix du 8e concours de narration de News Decoder. News Decoder est un service d'information éducatif qui aide les jeunes à donner un sens à l'actualité internationale.

La guerre civile au Libéria a éclaté en décembre 1989. Environ 750 000 civils libériens ont été déplacés ou réfugiés avant le rétablissement de la paix en 2003. Quelque 155 560 personnes sont rentrées volontairement au pays entre 2004 et 2012, avec le soutien du HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés.