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Plus de 200 000 personnes ont fui vers la Syrie après un mois de combats au Liban

Points de presse

Plus de 200 000 personnes ont fui vers la Syrie après un mois de combats au Liban

8 Avril 2026
Lebanon. Displaced by recent hostilities

Des personnes se rassemblent au poste-frontière de Masnaa, au Liban, dans l'attente de franchir la frontière pour entrer en Syrie.

DAMAS – Un mois après l’intensification des hostilités dans la région et au Liban, la Syrie a enregistré une forte augmentation du nombre de personnes franchissant la frontière depuis le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200 000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels, selon les autorités syriennes.

La grande majorité – près de 180 000 – sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient fui la Syrie par le passé pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd’hui contraints de fuir à nouveau, ainsi que des Syriens qui envisageaient depuis longtemps de rentrer chez eux. Plus de 28 000 Libanais ont également traversé la frontière pour entrer en Syrie. La plupart sont des personnes fuyant les bombardements intensifs israéliens. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires.

Les mouvements ont été les plus intenses aux points de passage de Masnaa–Jdeidet Yabous et d’Al Qaa–Joussieh, qui fonctionnent désormais 24 heures sur 24. Le point de passage d’Arida a rouvert le 7 mars mais reste limité à la circulation piétonne en raison d’un pont endommagé. Début mars a connu le pic d’arrivées le plus important, en particulier de familles provenant de la banlieue sud de Beyrouth et du sud du Liban.

Près de la moitié des Syriens interrogés déclarent avoir l’intention de s’installer définitivement dans le pays malgré les difficultés économiques et l’offre limitée de services ; d’autres envisagent seulement un séjour temporaire. La plupart rejoignent leur famille élargie ou emménagent dans des logements loués, tandis qu’un nombre plus restreint de ressortissants libanais et de Palestiniens de Syrie ont également franchi la frontière au sein de familles mixtes. À l’approche de l’Aïd, davantage d’hommes syriens ont traversé la frontière pour rendre visite à leur famille ou retrouver des proches déjà rentrés au pays.

Les besoins immédiats des personnes arrivant en Syrie depuis le Liban incluent la nourriture, des abris, des soins de santé, des moyens de subsistance et une aide pour les documents d'état civil. En étroite collaboration avec les autorités syriennes, le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a rapidement renforcé sa présence aux frontières afin d'assurer des services de protection et une assistance en temps opportun. Nos équipes sont sur le terrain, où elles travaillent avec d’autres partenaires des Nations Unies et des ONG ainsi qu’avec des bénévoles de terrain, et tirent parti de notre réseau de centres communautaires actifs pour venir en aide aux familles qui arrivent et répondre aux besoins urgents dans les zones accueillant un grand nombre de rapatriés – notamment Alep, Raqqa, la campagne de Damas, Idlib, Deir ez-Zor, Deraa et Homs.

Le HCR a déjà fourni une assistance juridique à des centaines de familles ayant besoin de documents d'état civil, tels que des actes de naissance ou de mariage, distribué de l'eau à 30 000 personnes en transit, livré des articles de première nécessité, notamment des couvertures, des bâches en plastique, des kits d'hygiène et des fournitures pour enfants, et organisé le transport de plus de 3 500 personnes vers leur destination finale. Nous travaillons également avec nos partenaires pour moderniser les infrastructures, par exemple en installant des lampadaires solaires, afin d'améliorer la sécurité aux points de passage.

Au-delà des zones frontalières, nos centres communautaires restent le pilier de l’intervention. Ils aident à évaluer les besoins, à enregistrer les familles pour qu’elles puissent bénéficier des services, et offrent des premiers secours psychologiques, un soutien en santé mentale ainsi que des orientations vers des services juridiques, médicaux, éducatifs et de protection de l’enfance. Des bénévoles de terrain contribuent à garantir que l’aide parvienne à ceux qui en ont le plus besoin. À ce jour, plus de 20 000 rapatriés ont reçu un soutien à travers le pays.

De nombreuses familles qui rentrent chez elles font état d’un sentiment mêlé de précarité et d’incertitude. Comme me l’a confié il y a quelques jours un père syrien qui a fui le Liban après de violents bombardements et qui relate la souffrance à laquelle lui et sa famille ont fait face. Ils espèrent désormais simplement que la situation ici s’améliorera. Nous devons rester à leurs côtés pour les aider à s’installer et à se réintégrer, comme nous l’avons fait pour soutenir les plus de 3 millions de Syriens – réfugiés et déplacés internes – qui sont rentrés volontairement chez eux depuis décembre 2024.

Le HCR continuera de renforcer l’aide et la protection à mesure que les besoins augmentent, en collaborant étroitement avec les autorités et ses partenaires pour soutenir les personnes qui rentrent chez elles dans des conditions difficiles. Mais notre opération du HCR en Syrie est financée à moins de 30 % par rapport aux besoins estimés à près de 324 millions de dollars pour 2026, et nous appelons à un soutien urgent.

Consultez le portail de données du HCR sur la situation au Moyen-Orient pour obtenir les derniers chiffres sur les déplacements.