L'épidémie de choléra au sein des réfugiés et des communautés d'accueil en Tanzanie fait 31 morts. La situation s'aggrave

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 22 mai 2015 au Palais des Nations à Genève.

L'épidémie de choléra déclarée par le Gouvernement tanzanien cette semaine dans la région de Kigoma près du Lac Tanganyika où se trouvent beaucoup de réfugiés est devenue une complication supplémentaire inquiétante et croissante, alors que les réfugiés continuent de fuir le Burundi pour se rendre dans les pays voisins.

Quelque 31 personnes sont mortes de cette maladie jusqu'à présent, dont deux habitants et 29 réfugiés. Les décès ont eu lieu dans la ville portuaire de Kigoma, située au bord du lac Tanganyika, dans les villages voisins de Kagunga et Nyarugusu, et parmi les personnes transportées par ferry de Kagunga à Kigoma.

L'épidémie s'aggrave encore. A ce jour, environ 3 000 cas ont été signalés et les chiffres augmentent au rythme de 300 à 400 nouveaux cas par jour, en particulier à Kagunga et dans les régions voisines. A ce rythme, tant que la situation n'est pas sous contrôle, on peut s'attendre à des cas supplémentaires au cours des prochains jours. Des mesures préventives dans le domaine de l'eau et de l'assainissement sont essentielles, et les deux premiers jours de traitement sont particulièrement importants pour réhydrater les personnes.

Le choléra se transmet en buvant de l'eau contaminée et par la nourriture. Bien qu'une évaluation épidémiologique soit nécessaire pour en déterminer l'origine précise, la cause est probablement liée à la situation de surpeuplement et d'insalubrité à Kagunga, un village isolé au bord du lac dont le système d'assainissement est limité, et à la consommation de l'eau du lac. Certaines zones de la région sont endémiques au choléra.

Le HCR coopère avec le ministère tanzanien de la Santé et pilote une réponse collective impliquant nos agences soeurs des Nations Unies et nos ONG partenaires afin de répondre à cette propagation par des mesures d'urgence dans le domaine de la santé, de l'eau et de l'assainissement. Ces mesures comprennent des approvisionnements supplémentaires en eau potable et des acheminements par avion de médicaments, fournitures médicales, matériel personnel de protection, équipements pour l'approvisionnement en eau et autres produits et fournitures pour les réfugiés et pour les installations de santé gouvernementales.

Les réfugiés touchés sont soignés dans des centres de traitement contre le choléra nouvellement créés et gérés par le Comité international de secours à Kagunga et Kigoma et par la Croix-Rouge tanzanienne dans le camp de réfugiés de Nyaragusu. Une équipe de Médecins Sans Frontières est également arrivée sur place et s'active pour améliorer et augmenter la capacité des centres. En coopération avec le Gouvernement et nos partenaires des Nations Unies et des ONG, nous fournissons des solutions de réhydratation orale, du savon et des pastilles pour purifier l'eau, et améliorons les installations pour le lavage des mains. Le HCR a aidé au transport de plus de 15 000 personnes de Kagunga vers le camp de réfugiés de Nyaragusu à Kasulu, principalement par bateau puis par bus. A Kagunga, les réfugiés ont désormais accès à 8 litres d'eau potable par jour et 94 latrines ont été installées.

Bien que la priorité soit de sortir les réfugiés de Kagunga à cause de la situation catastrophique, nous nous efforçons encore d'améliorer l'accès à l'eau potable et à l'hygiène dans cet endroit. Des messages de santé publique sont transmis pour insister sur l'importance de l'hygiène. Ces derniers sont relayés par les chefs communautaires et les bénévoles ainsi que dans les postes de distribution d'eau et de lavage des mains. Les mêmes mesures sont mises en place pour la communauté locale dans les régions voisines. En outre, nous décontaminons les bateaux, les bus et les véhicules convoyant les réfugiés. Des postes pour le lavage des mains ont été installés sur les bateaux.

Plus de 64 000 réfugiés burundais ont fui en Tanzanie depuis début mai. La majorité est arrivée dans la péninsule de Kagunga, qui est entourée par une chaine de montagnes abruptes du côté tanzanien. En incluant ce chiffre, il y a désormais près de 100 000 réfugiés burundais en Tanzanie, au Rwanda, en Ouganda et en République démocratique du Congo. Même sans l'épidémie de choléra, la pression s'accroit sur la région voisine. Craignant que le nombre de réfugiés double au cours des six prochains mois, le HCR et nos partenaires dévoilent aujourd'hui un Plan régional de réponse pour les réfugiés visant à protéger et à assister jusqu'à 200 000 réfugiés burundais dans ces pays.

Pour plus d'informations sur ce sujet, veuillez contacter :

  • En Tanzanie, Celine Schmitt, portable +243 81 700 94 84
  • A Nairobi (régional), Terry Ongaro, portable +254 735 337 608
  • A Genève, Adrian Edwards, portable +41 79 557 9120
  • A Genève, Karin de Gruijl, portable +41 79 255 9213