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Pakistan : Un an après l'exode massif dans la vallée de Swat, le besoin d'aide reste aigu

Points de presse

Pakistan : Un an après l'exode massif dans la vallée de Swat, le besoin d'aide reste aigu

30 Avril 2010 Egalement disponible ici :

La semaine prochaine, ce sera pour nous le premier anniversaire de l'étape initiale de la situation d'urgence dans la vallée de Swat et les districts environnants, au nord du Pakistan. Avec plus de deux millions de personnes en mouvement, ce déplacement est l'un des plus importants et des plus rapides que nous ayions jamais vu. A ce jour, selon des estimations de source gouvernementale, quelque 80 à 90 pour cent d'une population de plus de deux millions de personnes ayant été affectées est rentrée dans sa région d'origine. Malgré cela, des milliers de personnes continuent à lutter pour reconstruire leur vie.

Le déplacement de l'an dernier a été déclenché par des opérations menées par les forces gouvernementales contre des militants dans les districts de Swat, de Buner et de Lower Dir. Ces opérations ont poussé un grand nombre d'habitants à fuir vers la vallée de Peshawar, où de nombreux déplacés ont été hébergés par la communauté locale ou dans des camps du HCR établis à la hâte. Grâce à des efforts conjoints avec des partenaires locaux, des centaines de milliers de personnes ont été enregistrées et ont reçu des articles de secours.

Aujourd'hui, Mingora, la capitale de Swat, est de nouveau une ville animée, mais le coût humain du conflit se fait encore sentir dans cette ville ainsi que dans toute la vallée de Swat. Le HCR et ses partenaires ONG aident certains des rapatriés les plus vulnérables en construisant des logements pour les civils dont les maisons et d'autres possessions ont été perdues. De nombreuses familles ont perdu leur soutien de famille et d'autres proches. Les civils restent traumatisés et ils ont besoin d'une aide psychologique.

Dans les vallées de Swat, de Buner et de Lower Dir, nous travaillons avec des organisations partenaires pour construire plus de 12 000 abris pour les familles dont les maisons ont été gravement endommagées ou détruites. Généralement, ces personnes vivent dans de petits villages ruraux et elles étaient déjà démunies. Le programme fournit aux familles des maisons avec des charpentes en bois, des murs de boue et des toits en tôle ondulée. Les familles et les communautés touchées aident à construire des logements à travers un programme « argent contre travail ». À ce jour, nous avons déjà construit 3 500 abris dans les vallées de Swat, de Buner et de Lower Dir, et ce malgré les chûtes de neige cet hiver ainsi que les couvre-feux permanents qui peuvent perturber le déroulement des opérations d'aide.

Le HCR et ses partenaires ONG ont mis en place 15 centres de protection sociale à Swat et Lower Dir, où des psychologues continueront à assurer une aide psychologique aux personnes traumatisées. Des réunions communautaires sont organisées pour faire connaître ces centres et l'aide qu'on peut y recevoir. Plus de 30 000 personnes vulnérables ont déjà été bénéficiaires d'une aide psychologique depuis novembre 2009. Deux autres centres de ce type ont été ouverts à Peshawar.

La crise de déplacement dans le nord-ouest du Pakistan n'est pas terminée. En plus des civils qui ont fui en mai dernier, quelque 1,3 million de personnes originaires de la province des Zones tribales sous administration fédérale sont toujours déplacées dans différentes parties de Khyber Pakhtunkhwa, le nouveau nom de la Province frontière du Nord-Ouest. Ces civils ont fui leur maison située dans les provinces de Bajaur, de Mohmand, du Sud-Waziristan, de Khyber, de Kurram et d'Orakzai en différentes vagues lorsque les forces de sécurité ont lancé des opérations contre les militants dans la région des Zones tribales sous administration fédérale. Un grand nombre de civils originaires de Bajaur vivent dans des camps depuis plus de 18 mois, tandis que des personnes originaires d'Orakzai et de Kurram ont fui plus récemment. Des civils continuent à fuir les zones de conflit. En avril, quelque 85 000 personnes déplacées originaires des provinces de Kurram et d'Orakzai ont été nouvellement enregistrées par les autorités locales à Hangu, Kohat et Peshawar. L'enregistrement avait été ensuite suspendu après une attaque menée contre le point d'enregistrement de Kohat, le 17 avril.

Aujourd'hui, le HCR au Pakistan est confronté à une opération humanitaire complexe à mener sur plusieurs fronts. En plus d'aider les gens à reconstruire leur vie et à construire une maison dans les zones de retour, les personnes nouvellement déplacées depuis Kurram et Orakzai doivent être enregistrées et recevoir une aide d'urgence. Les personnes déplacées depuis plus longtemps ont toujours besoin d'une prise en charge. Plus de 130 000 personnes vivent dans neuf camps qui doivent être entretenus ou consolidés. De nouvelles opérations de retour vers les régions de Mohmand et Bajaur sont en cours et ces personnes déplacées auront également besoin d'une aide pour reconstruire leur vie. Le HCR aide actuellement en fournissant le transport ainsi que des abris d'urgence aux rapatriés. Le mois prochain, nous allons commencer la surveillance dans les zones de retour pour identifier les besoins actuels et prévoir l'assistance prochainement nécessaire. Ces communautés démunies auront besoin d'un financement important de la part des donateurs pour que leur retour soit durable.