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Le point sur la situation humanitaire en Afghanistan n° 50

Le point sur la situation humanitaire en Afghanistan n° 50

18 janvier 2002

Le 18 janvier 2002

En bref :

  • Des équipes sur de terrain évaluent les besoins dans le nord de l'Afghanistan

  • La situation demeure tendue dans l'est de l'Afghanistan

  • Le point sur Hérat

  • Reprise des activités du HCR à Kandahar

  • Le transfert des réfugiés de Chaman au Pakistan se poursuit

Des équipes sur le terrain évaluent les besoins dans le nord de l'Afghanistan

La situation s'améliore peu à peu sur le plan de la sécurité dans le nord de l'Afghanistan et des équipes du HCR se sont rendues à plusieurs reprises dans la région.

Ces derniers jours, le HCR a envoyé des équipes dans la province de Faryab, à l'ouest de Mazar-e-Charif et à l'est, dans les provinces de Kunduz et Pul-el-Khumri afin de se rendre compte de la situation des rapatriés et des déplacés internes ainsi que de la minorité pachtoune vivant dans la région. Cinq équipes de terrain vont être mises en place par le HCR et seront opérationnelles dans les provinces du nord pour préparer le retour des réfugiés et des déplacés.

De nombreux déplacés se trouvent un peu partout dans le nord de l'Afghanistan et environ 50 000 le nombre de familles (250 000 personnes), essentiellement Tadjikes et Ouzbèques, vivent dans 41 camps. Comme dans le reste de l'Afghanistan, les camps attirent non seulement des déplacés fuyant la sécheresse et les combats, mais également des familles vulnérables venant de villages voisins, ainsi que des personnes qui essaient de se faire un petit pécule avec l'aide distribuée.

Le gouverneur régional a accepté de mettre en place une commission pour les déplacés qui se chargera d'enregistrer et d'identifier les besoins dans les régions touchées par les déplacements de population. Les agences humanitaires présentes dans les camps de fortune sont en train d'évaluer la manière d'aider les personnes déplacées à regagner leurs villages. Le HCR identifiera les besoins dans les villages d'origine et espère lancer un processus de retour volontaire dès la fin de l'hiver.

La situation demeure tendue dans l'est de l'Afghanistan

Il y a dix jours, le personnel du HCR a réintégré son bureau de Djalalabad, qui était le centre stratégique de toutes les opérations humanitaires du HCR dans l'est de l'Afghanistan. De même que dans d'autres régions de ce pays où beaucoup de gens sont en armes, l'insécurité est toujours présente, en grande partie à cause de querelles tribales. Les déplacements du personnel sont limités à un rayon de 10 kilomètres de Djalalabad, et les provinces toutes proches de Paktia, Paktika et Khost demeurent des zones interdites.

Les représentants des agences humanitaires ont rencontré cette semaine le gouverneur de Djalalabad qui les a assurés de son entière coopération et leur a affirmé qu'il allait renforcer la sécurité du personnel humanitaire et fournir des escortes pour les convois d'aide humanitaire dans la région. Cela dit, la sécurité demeure extrêmement précaire.

Le personnel du HCR à Djalalabad est en train d'organiser la distribution de biens de secours à environ quelque 14 000 familles afghanes déplacées dans l'ensemble de la région mais il n'y a pas suffisamment d'ONG internationales ni d'organisations locales à même de coordonner une distribution de l'aide à grande échelle.

Les 2 000 premiers kits de biens de secours du HCR composés entre autres de réchauds, de fuel, de couvertures, de sets de cuisine, de vêtements et de produits hygiéniques sont arrivés à Djalalabad. INTERSOS a repris ses activités en tant que partenaire opérationnel du HCR sur le terrain et le HCR espère qu'ils pourront commencer à distribuer les kits dans la province de Kunar dès la semaine prochaine, si les conditions de sécurité le permettent.

Selon le personnel du HCR chargé de surveiller les mouvements des réfugiés à la frontière de Torkham, de plus en plus d'Afghans reviennent de la Province frontière Nord-Ouest du Pakistan. Jeudi, plus de 2 100 personnes, dont 130 familles (600 personnes) ont traversé cette frontière pour rentrer en Afghanistan. Mercredi, elles étaient au nombre de 2 700 environ contre 1 000 au cours des jours précédents.

Près de la moitié des réfugiés arrivant du passage frontalier de Torkham sont des Pachtounes de l'est et du nord de l'Afghanistan, tandis que les autres sont d'origine tadjike de la région centrale de l'Afghanistan. Il n'y a que peu de familles parmi ceux qui reviennent en passant par Torkham. Il s'agissait dans certains cas d'un retour après cinq ans d'exil au Pakistan.

Le point sur Hérat

Les déplacements de population autour de la ville de Hérat, dans l'ouest de l'Afghanistan ont été un problème majeur ces dernières année, aggravé par la sécheresse qui a commencé à sévir vers la fin des années 90.

La majorité des déplacés se trouvant dans l'ouest de l'Afghanistan vivent dans six camps disséminés autour de Hérat et qui abritent jusqu'à 300 000 personnes. La plupart étaient des paysans qui ont fui la sécheresse et la misère. Par chance, la région est relativement stable, ce qui les a préservés d'actes de violence et ils pourront retourner cultiver leurs champs si les pluies actuelles continuent et s'ils reçoivent l'aide massive dont ils ont besoin. Ayant vendu la plus grande partie de leurs biens, chassés de leurs terres, ces déplacés n'ont pas eu d'autre choix, malgré leur extrême réticence, que de vivre dans des tentes ou des cabanes de fortune où ils dépendent entièrement de l'aide extérieure.

Le rôle du HCR envers ces déplacés est limité. Il consiste essentiellement à fournir un soutien aux agences humanitaires présentes dans les camps ainsi que des biens de secours non alimentaires. Suite aux pluies de janvier, lorsque des centaines d'abris ont été dévastés, le HCR a distribué du matériel d'abri. A Maslakh, le HCR donne des conseils en matière d'enregistrement afin d'améliorer la distribution des denrées alimentaires, d'identifier les causes de la fuite des habitants de leurs villages et éventuellement aider les résidents de Maslakh à rentrer chez eux.

Le HCR et ses partenaires surveillent également la sécurité des Afghans de Maslakh, en raison du problème persistant de la présence d'éléments armés dans le camp et des rapports faisant état de vols et de harcèlement. Le gouverneur de la région a promis de mettre en place des postes de sécurité dans le camp.

Il est crucial pour les agences humanitaires de venir en aide aux personnes déplacées à Hérat afin qu'elles puissent retourner chez elles avant que les nombreux réfugiés qui attendent en Iran et au Pakistan n'arrivent dans la région.

Reprise des activités du HCR à Kandahar

Le personnel international du HCR, qui est cette semaine revenu à Kandahar pour la première fois depuis quatre mois, a retrouvé son bureau pillé et saccagé. La sécurité demeure précaire dans cette ville principale du sud de l'Afghanistan et ce vendredi les équipes humanitaires ont reçu l'ordre de réduire au strict minimum leurs déplacements dans la région.

Samedi, le HCR prévoit d'envoyer du personnel à Spin Boldak, situé juste de l'autre côté de la ville frontière de Chaman, au Pakistan. Des dizaines de milliers de déplacés afghans étaient installés dans des camps de fortune près de Spin Boldak vers la fin de l'année dernière et selon le HCR c'est de là que plus de 13 000 personnes ont gagné le Pakistan, poussés par la pénurie de l'insécurité.

Le HCR réexaminera les besoins immédiats des personnes qui se trouvent dans les camps de Spin Boldak et décidera du contenu des kits d'urgence à distribuer aux réfugiés qui retournent chez eux. Il a également été décidé d'augmenter à cinq personnes le personnel international basé à Kandahar d'ici la fin de la semaine prochaine.

Au début de la semaine, le HCR a réapprovisionné les stocks de son entrepôt à Kandahar avec, entre autres, des bâches en plastique, des sets de cuisine, des couvertures et des produits d'hygiène. Les kits de biens de secours seront distribués par Mercy Corps International, aux familles déplacées les plus vulnérables qui se trouvent dans la région, soit 4 000 familles (environ 20 000 personnes).

Le personnel local du HCR a regagné son bureau à Zaranj, à l'est de Kandahar. De l'autre côté de la frontière, un membre du personnel international du HCR attend dans la ville iranienne de Zahedan, le feu vert pour retourner.

Les réfugiés afghans continuent d'être relogés au Pakistan

Au cours des deux derniers jours, le HCR a relogé plus de 2 600 réfugiés afghans arrivés récemment à la frontière de Chaman, entre le Pakistan et le sud de l'Afghanistan, dans de nouveaux camps. Les convois de transfert de quelque 13 000 réfugiés de Chaman reprendront samedi.

Le HCR, en collaboration avec ses partenaires, vient en aide à près de 120 000 réfugiés afghans arrivés depuis peu dans 15 nouveaux sites au Pakistan, où le HCR gère 12 camps et deux centres de transit. Un autre site est géré par le Croissant-Rouge des Emirats Arabes unis. La majorité des nouveaux camps se trouvent dans la province du Baloutchistan, au sud du Pakistan, où le HCR vient en aide à plus de 83 200 réfugiés afghans arrivés récemment. Le HCR assiste 38 390 nouveaux réfugiés afghans dans la Province frontière du Nord-Ouest du Pakistan.

Jeudi, le HCR a ouvert son sixième camp dans la Province frontière du Nord-Ouest du Pakistan et a transféré plus de 800 réfugiés venus du camp temporaire de Jalozaï, près de Peshawar, au camp d'Ashgro, situé à 350 kilomètres de Peshawar. Ces transferts ont permis de fortement diminuer la population du camp de Jalozaï qui était à la limite de la saturation. Le HCR est reconnaissant au gouvernement pakistanais pour sa collaboration dans le transfert des réfugiés afghans de Jalozaï vers des camps où ils peuvent recevoir l'assistance des Nations Unies.