HCR : Vives inquiétudes du fait de l'escalade des violences en République centrafricaine

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 30 juin 2017 au Palais des Nations à Genève.

Un enfant déplacé sur un terrain boueux, après une averse durant la saison des pluies, dans un camp de fortune à Bria, République centrafricaine. 26 mai 2017.   © HCR/ Cassandra Vinograd

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est vivement préoccupé par la reprise des violences dans certaines régions de la République centrafricaine (RCA). Des violences ont éclaté dans les villes de Zemio, Bria et Kaga Bandaro au sud et au nord de la RCA, car des affrontements sont signalés entre des groupes d'autodéfense et d'autres groupes armés. Les civils et les travailleurs humanitaires sont également ciblés.

A Zemio, près de la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), le personnel du HCR dénonce des tirs intenses à l’arme lourde depuis mardi. Des maisons proches du bureau du HCR ont été incendiées. Plus de 1000 personnes ont fui leurs domiciles. Beaucoup ont trouvé refuge dans une église catholique de la ville. Par ailleurs, 66 personnes ont rejoint l’enceinte du HCR en quête de sécurité, parmi lesquelles des femmes et des enfants terrifiés, craignant pour leur vie.

La violence a également gravement affecté les réfugiés congolais vivant à Zemio dans un camp qui a été envahi par des hommes armés ces derniers jours. Depuis l'incident, de nombreux réfugiés, y compris des hommes, des femmes et des enfants, sont retournés en RDC, car ils craignaient pour leur vie. Le camp accueillait environ 3000 réfugiés congolais.

Dans la ville de Bria, à plusieurs centaines de kilomètres au nord-est de Bangui, la capitale, des affrontements ont été signalés le 20 juin et ils ont continué pendant trois jours consécutifs. De nombreux civils auraient fui dans la brousse. Selon certaines informations, un camp de déplacés internes, qui accueillait 2400 personnes dans le district de Ndourou IV, s’est vidé de ses résidents ayant fui les récentes attaques.

Les attaques aveugles à Bria ont causé la mort d’environ 136 personnes. Elles ont également fait 36 blessés ; 600 maisons ont été brûlées et 180 autres pillées, d’après des estimations prudentes. Les personnes ayant fui la violence ont été témoins d'attaques brutales, d'assassinats, de vols, de pillages et d'enlèvements.

Dans un incident séparé, des hommes armés non identifiés ont tenté de s’introduire dans l’enceinte du HCR à Kaga Bandaro au nord du pays mercredi soir, pour y attaquer le personnel et piller leurs possessions. Cette attaque a été déjouée par les Forces de la MINUSCA.

L'insécurité empêche le personnel du HCR et d'autres organisations humanitaires d'évaluer l'ampleur des dommages ou des déplacements suite aux récentes violences. Cependant, nos équipes ont pu distribuer des articles de secours, y compris des bâches en plastique, des couvertures, des nattes, des moustiquaires, des kits d’ustensiles de cuisine, des seaux et du savon à plus de 5000 ménages dans des quartiers accessibles du sud de Bria, ces trois dernières semaines malgré la situation de sécurité instable.

Le HCR renouvelle son appel à toutes les parties au conflit dans la région à faire cesser immédiatement les attaques contre les civils et les travailleurs humanitaires. Le HCR cherche également un accès humanitaire immédiat et sans entraves pour venir en aide aux personnes touchées par la récente vague de violence.

La violence en RCA a généré près de 503 600 déplacés internes, dont plus de 100 000 en 2017, et plus de 484 000 personnes ont été enregistrées en tant que réfugiés dans les pays voisins (Cameroun, RDC, Tchad et Congo). Quelque 21 500 personnes ont traversé la frontière vers la RDC ces dernières semaines

 

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