Le HCR condamne l'attaque commise dans une ville du Niger accueillant des personnes déracinées

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Babar Baloch – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 15 décembre 2020 au Palais des Nations à Genève.

Une famille réfugiée – qui a fui les attaques de Boko Haram au Nigéria – est assise devant son abri dans le camp de Sayam Forage, au Niger. Mai 2016.

Une famille réfugiée – qui a fui les attaques de Boko Haram au Nigéria – est assise devant son abri dans le camp de Sayam Forage, au Niger. Mai 2016.   © HCR/Hélène Caux

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, condamne l’attaque commise par des assaillants armés à Toumour, une ville du sud-est du Niger, et durant laquelle 28 personnes ont été tuées et des centaines ont été blessées.

Le HCR est vivement préoccupé par la sécurité de plus de 30 000 réfugiés et déplacés internes qui avaient trouvé refuge à Toumour.

L’attaque, qui a duré quatre heures et qui a été revendiquée par Boko Haram, a commencé à 19h le 12 décembre. Selon des sources locales, les assaillants ont détruit près de deux tiers des maisons dans la ville, incendié le marché de Toumour, et tué plus d’un millier de têtes de bétail. Après l’attaque, la plupart des habitants ont fui dans la brousse, et certains rentrent chez eux seulement durant la journée.

La ville de Toumour, qui est située à 14 kilomètres de la frontière avec le Nigéria, accueille 20 000 réfugiés nigérians, 8300 déplacés internes et 3600 rapatriés qui ont toujours besoin d’aide humanitaire.

Lundi matin, le 14 décembre, nos équipes et partenaires ont signalé que des habitants fuyaient de Toumour vers Diffa, une ville située à environ 100 kilomètres et qui accueille 46 000 réfugiés, demandeurs d’asile, déplacés internes et rapatriés. Conjointement avec les partenaires humanitaires et les autorités locales, le HCR organise un soutien d’urgence aux communautés affectées, en fournissant des abris, des vivres, de l’eau et des soins de santé. Cependant, les inondations massives survenues récemment ont rendu l’accès difficile vers Toumour pour les travailleurs humanitaires.

La région de Diffa, dans le sud-est du Niger, a été durement frappée par les violences extrémistes croissantes dans le bassin du lac Tchad, qui ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir et à rejoindre cette région. Durant les neuf premiers mois de 2020, plus de 450 actes de meurtres, d’enlèvements, de violence sexuelle et sexistes et d’autres incidents sérieux ont été signalés.

Dans cette région de Diffa, le HCR et ses partenaires assurent actuellement la protection et une aide humanitaire à plus de 265 000 personnes déracinées, y compris près de 130 000 réfugiés et demandeurs d’asile nigérians, 102 726 déplacés internes nigériens et 34 323 rapatriés. La pandémie de Covid-19 complique les efforts de réponse, alors que la plupart des personnes déracinées ont trouvé abri dans des zones urbaines surpeuplées où la distanciation sociale est impossible.

Malgré l’insécurité croissante, le Niger continue à montrer de la générosité envers les personnes qui ont fui les violences dans les régions du lac Tchad et du Sahel.

Le HCR appelle également à un soutien financier accru pour assurer une réponse globale aux situations d’urgence humanitaire dans le bassin du lac Tchad, où se trouvent 300 000 réfugiés et 2,9 millions de déplacés internes. Début décembre, 52 pour cent du montant de 126,3 millions de dollars nécessaire pour l’aide humanitaire dans la région avait été reçu.

Le renforcement des capacités au Sahel et dans le bassin du lac Tchad demeure critique pour répondre rapidement aux défis posés dans la région et aux mouvements de population, via des initiatives comme le Processus de Bamako et la Déclaration d’action d’Abuja, lancés en 2019.   

 

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