Une nouvelle action conjointe des États, des Nations Unies et des partenaires en faveur des déplacés internes

Communiqué de presse conjoint du Rapporteur spécial pour les droits fondamentaux des déplacés internes et du HCR

Faiza (au centre, en violet), 31 ans, est originaire du village de Manono dans la province du Tanganyika. Elle est assise parmi un groupe de femmes congolaises qui ont établi un site de déplacés internes à l'école primaire EP Moni à Kalemi.   © HCR / Colin Delfosse

Face à la multiplication des crises à travers le monde qui déplacent des millions de personnes au sein de leur propre pays, un groupe d'États, d'agences des Nations Unies et de partenaires ont renouvelé leur engagement à travailler en collaboration pour réduire et résoudre le problème des déplacements internes.

Lors d'une réunion tenue à Genève le 17 avril, ils ont lancé un Plan d'action triennal pour la promotion de la prévention, de la protection et de solutions durables pour les personnes déplacées internes 2018-2020 (en anglais). La réunion marquait le 20e anniversaire des Principes directeurs relatifs aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (en anglais), largement acceptés en tant que norme mondiale de protection et d'aide aux personnes déplacées internes.

Les déplacements internes sont reconnus depuis le début des années 1990 comme un problème de portée mondiale, mais l'action engagée pour le résoudre s'est révélée insuffisante, malgré tous les efforts mis en œuvre. Depuis lors, le nombre de déplacés internes n'a cessé de croître.

« Il faut des mesures radicales et ambitieuses pour faire face à ce complexe défi humanitaire qui entrave les droits de l'homme et le développement. Le Plan d'action visant à catalyser un dialogue stratégique, une action concertée et des ressources suffisantes pour améliorer le sort des déplacés internes, tout en les associant aux décisions qui les concernent, » a déclaré Cecilia Jimenez-Damary, Rapporteur spécial pour les droits fondamentaux des déplacés internes.

À la fin 2016, plus de 40 millions de personnes étaient déplacés au sein de leur propre pays en raison de conflits armés, de violences généralisées ou de violations des droits de l'homme, soit plus de quatre fois la population de Londres ou de New York. En 2016, les catastrophes ont provoqué le déplacement interne de 24 millions de personnes supplémentaires. Selon les estimations, 15 millions de personnes seraient également déplacées chaque année du fait de projets de développement. Des millions d'autres déplacements ne sont pas systématiquement rapportés, notamment ceux dus à l'accaparement des terres, à la violence criminelle ou à la sécheresse.

« Répondre aux besoins de protection des personnes déplacées de force et trouver des solutions à leur situation critique contribue à plus de stabilité dans les pays et dans les régions tout entières, » a noté le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. « Tout comme les réfugiés, les déplacés internes sont souvent confrontés à une incertitude majeure. Ils peuvent être déracinés à plusieurs reprises alors qu’ils cherchent à rebâtir leurs existences et risquent de se trouver marginalisés dans les sociétés où ils vivent. Notre incapacité à résoudre le problème des déplacements internes pourrait avoir des conséquences dévastatrices. »

« La communauté internationale s'est engagée à ne laisser personne à la traîne. Cette promesse doit également s'appliquer aux millions de personnes déplacées internes par les conflits armés, la violence et les catastrophes. Nous continuerons de travailler avec les gouvernements concernés et avec les personnes déplacées elles-mêmes pour nous assurer que leurs besoins sont pris en compte, » a indiqué Mark Lowcock, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence.

Élaboré sous la direction du Rapporteur spécial, du HCR et de l’UNOCHA, le Plan d’action multipartite appelle tous les acteurs concernés à redoubler d'efforts pour prévenir les déplacements internes et y apporter des réponses et des solutions. À cette fin, il propose des activités concrètes visant à faciliter et à renforcer la participation des personnes déplacées internes aux décisions qui les affectent et à élaborer des lois et des politiques nationales sur les déplacements internes. Il recommande en outre des mesures visant à améliorer la collecte et l'analyse de données sur les situations de déplacement dans le monde et à intensifier la participation aux solutions mises en œuvre au profit des déplacés internes.

 

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

  • Pour le Rapporteur spécial pour les droits fondamentaux des déplacés internes : Martina CATERINA, [email protected], +41 22 739 7060
  • Pour le HCR : Aikaterini KITIDI, [email protected], +41 79 580 8334