Près de 100 victimes civiles par semaine en 2018 au Yémen

Une jeune déplacée yéménite se tient à l'entrée de la tente de sa famille dans l'installation de Dharawan, au Yémen. Photo d'archives, mai 2017.

Une jeune déplacée yéménite se tient à l'entrée de la tente de sa famille dans l'installation de Dharawan, au Yémen. Photo d'archives, mai 2017.  © HCR/Mohammed Hamoud

La population civile continue de payer un lourd tribut dans le conflit au Yémen, selon les statistiques publiées ce jour par le Groupe sectoriel pour la protection, dirigé par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. En moyenne, on dénombre environ 100 civils tués ou blessés par semaine en 2018.

Selon le Rapport 2018 de suivi de l’impact civil, plus de 4 800 cas de décès ou de blessures affectant des civils ont été signalés durant l’année, cela représente en moyenne 93 victimes civiles par semaine.

Ces chiffres sont basés sur les statistiques provenant de sources d’information en accès libre. Elles sont récoltées, analysées et diffusées dans le cadre du Projet de suivi de l’impact civil (CIMP), qui les publie en appui aux programmes humanitaires en matière de protection au Yémen. Le HCR dirige le Groupe sectoriel de la protection dans le cadre de l’action humanitaire des Nations Unies au Yémen et, avec l’appui du Conseil danois pour les réfugiés (DRC, en anglais), qui en assume également la coordination conjointe.

Selon ce tout dernier rapport, le plus grand nombre de victimes enregistrées en 2018 se situait sur la côte ouest du Yémen, où la situation est instable, une région qui comprend notamment le gouvernorat d'Al-Hodeïda, l'un des épicentres du conflit depuis le mois de juin 2018. Près de la moitié des victimes répertoriées (48 %) ont été enregistrées dans cette région, suivie par les gouvernorats de Saada et d’Al Jawf (22 %), qui restent des poudrières du conflit.

« Le rapport illustre le coût humain colossal du conflit. Au Yémen, la population civile continue d’être confrontée à des risques qui entravent grièvement sa sécurité, son bien-être et ses droits fondamentaux. Exposés à la violence quotidienne, beaucoup vivent en permanence dans la peur et souffrent dans des conditions qui se dégradent, et choisissent par désespoir de se tourner vers des mécanismes nuisibles pour s’en sortir et pour survivre », a déclaré le Haut Commissaire assistant du HCR en charge de la protection, Volker Türk.

Trente pour cent des civils auraient été tués et blessés chez eux. Des civils ont également été tués alors qu'ils circulaient sur des routes, qu’ils travaillaient dans des fermes, dans des entreprises locales, sur des marchés ou sur d'autres sites civils.

Un cinquième des cas enregistrés concernaient des enfants (410 morts et 542 blessés).

En plus des victimes civiles directes, le rapport met également en lumière l’incidence du conflit armé sur l’accès de la population aux infrastructures essentielles et aux services fondamentaux. Les partenaires sur le terrain estiment que les attaques menées contre les infrastructures civiles ont empêché plus d'un demi-million de familles d’accéder à de la nourriture, à de l'eau, de l'aide et des soins médicaux.

« Le HCR réitère à nouveau son appel lancé à toutes les parties au conflit afin qu’elles mettent tout en œuvre pour protéger les civils et les infrastructures civiles, conformément au droit humanitaire international. Seule une solution pacifique au conflit permettra de mettre fin aux souffrances et de satisfaire les besoins humanitaires », a souligné Volker Türk.

Quatre années de conflit au Yémen ont engendré la pire crise humanitaire au monde. Environ 14 millions de personnes ont besoin d’une protection et près de 15 pour cent de la population, soit 4,3 millions de personnes, ont dû fuir leurs foyers, dont 3,3 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et un million d’individus qui essaient de rentrer chez eux.

Le HCR répond aux besoins des Yéménites déplacés et touchés par le conflit, en fournissant notamment des allocations d’aide d’urgence en espèces, des abris et différents types d’assistance. Depuis le début de l’année, près de 230 000 Yéménites déplacés et touchés par le conflit (33 000 familles) ont reçu une allocation en espèces de la part du HCR.

Le HCR fournit également une assistance et des services en matière de protection aux personnes à risques et vulnérables, notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes souffrant d’un handicap et les victimes de violences sexuelles et sexistes.

Le rapport CIMP 2018 est disponible ici :

https://www.humanitarianresponse.info/en/operations/yemen/document/civilian-impact-monitoring-report-annual-2018

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