Avant la conférence de Bruxelles, l'ONU appelle à un soutien durable envers les Syriens et les pays de la région

Juriya Ramadan, qui a fui Deir El Zor en Syrie, marche dans les rues inondées de l'installation informelle de Dalhamiya dans la plaine de Bekaa, au Liban.

Des réfugiés syriens empruntent une rue inondée de l'installation informelle de Dalhamiya dans la plaine de la Bekaa, au Liban. Janvier 2019.  © HCR/Diego Ibarra Sánchez

Déclaration conjointe HCR/OCHA/PNUD

A la veille de la réunion des ministres des affaires étrangères pour la troisième Conférence de Bruxelles sur le soutien pour l'avenir de la Syrie et de la région, trois dirigeants d’organisations des Nations Unies ont averti aujourd'hui que la crise syrienne n'est pas encore terminée et ils ont appelé à un soutien durable et à grande échelle envers les Syriens vulnérables, les réfugiés et les communautés d’accueil.

Alors que la crise entre dans sa neuvième année, les besoins humanitaires à l'intérieur de la Syrie demeurent immenses avec 11,7 millions de personnes qui ont besoin d'aide humanitaire et de protection. Environ 6,2 millions de personnes sont déplacées internes et plus de deux millions de jeunes garçons et filles ne sont pas scolarisés en Syrie. On estime que 83 pour cent des Syriens vivent en dessous du seuil de pauvreté et que les civils sont de plus en plus vulnérables du fait de la perte ou du manque de moyens de subsistance durables.

« Sans contribution immédiate et substantielle, la fourniture de nourriture, d'eau, de soins de santé, d'abris et de services en matière de protection sera probablement interrompue », a déclaré Mark Lowcock, chef du Bureau de la coordination des Affaires humanitaires (OCHA). « Il est essentiel que la communauté internationale demeure aux côtés de chaque femme, homme, garçon et fille de Syrie qui ont besoin de notre aide pour répondre aux besoins fondamentaux d'une vie digne. Si les donateurs versent leurs contributions, nous pouvons mettre en œuvre des programmes pour y parvenir. »

Cette situation est également à l'origine de la plus importante crise de réfugiés au monde. Plus de 5,6 millions de personnes sont des réfugiés syriens et jusqu'à 3,9 millions de membres des communautés d'accueil sont touchées dans les pays voisins.

L'ONU recherche donc de toute urgence à obtenir un financement accru pour aider les personnes dans le besoin en lançant un appel de fonds d’un montant de 3,3 milliards de dollars pour l’aide à l'intérieur de la Syrie et un plan de 5,5 milliards de dollars pour la résilience et l’aide aux réfugiés dans les pays voisins.

« Après ma visite en Syrie et auprès de réfugiés syriens au Liban, je suis vivement préoccupé par l'écart grandissant entre leurs besoins massifs et le soutien apporté à l'aide internationale aux réfugiés. Huit ans après le début de la plus importante crise des réfugiés depuis des décennies, environ 70 pour cent des réfugiés syriens vivent en dessous du seuil de pauvreté », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. « La réduction de l'aide au motif de coupes budgétaires signifie, pour les réfugiés, qu’ils sont forcés de faire, chaque jour, des choix déchirants comme, par exemple, retirer les enfants de l'école pour les faire travailler ou réduire les repas. Ils sont également vulnérables à l'exploitation et aux abus. »

« Il est essentiel que la communauté internationale continue de venir en aide aux millions de réfugiés syriens qui vivent dans les pays voisins et qui ont encore besoin de protection et d'assistance. Il faut également apporter un appui aux communautés d'accueil locales et aux gouvernements qui accueillent des millions de réfugiés syriens depuis huit ans », a déclaré Filippo Grandi. « Une aide est également nécessaire pour les réfugiés qui choisissent de rentrer, et ce dans des circonstances très difficiles – tout comme les déplacés internes en Syrie dont le nombre est encore plus important. »

Les pays d'accueil et leurs communautés ont besoin d'un financement prévisible pour continuer à venir en aide aux réfugiés, pour assurer que les services essentiels sont disponibles dans le pays et pour étendre les opportunités pour les réfugiés et les citoyens. Ils ont généreusement accueilli des réfugiés, en leur offrant asile et protection ainsi que l’accès aux services publics, en permettant à un nombre croissant de réfugiés de contribuer à l'économie locale et en renforçant leur résilience, comme celle des communautés hôtes.

« En Syrie, la pauvreté est galopante, l'infrastructure des services essentiels est endommagée ou détruite et le tissu social est gravement détérioré », a déclaré Achim Steiner, Administrateur du PNUD. « Les gouvernements et les communautés d’accueil dans les pays voisins de la Syrie ont besoin de notre soutien pour garder le cap dans leur générosité aux réfugiés et, parallèlement, maintenir l'élan pour leur propre développement. En Syrie comme dans les pays voisins, nous avons besoin que la communauté internationale renforce son appui en faveur de la résilience. »

Malgré le généreux financement des donateurs en 2018, seulement 65 pour cent des 3,4 milliards de dollars requis pour le plan en Syrie l'an dernier ont été reçus. Le plan régional pour la résilience et l’aide aux réfugiés, d’un montant de 5,6 milliards de dollars pour 2018, a été financé à hauteur de 62 pour cent. Les trois dirigeants des Nations Unies appellent conjointement la communauté internationale des donateurs à s'engager généreusement pour 2019 lors de la conférence de haut niveau qui se tiendra demain.

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