Un programme d'aide juridique sur le droit à l'obtention de documents d'identité pour les déplacés internes au Mozambique

Mozambique. Legal clinic

A displaced woman (left) is attended to at one of the legal clinic desks in Josina Machel neighbourhood in Pemba, northern Mozambique.  © UNHCR/Deiliany de Souza

CABO DELGADO, Mozambique - Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, s'est associé à l'Université catholique du Mozambique pour piloter un projet d'aide juridique mobile pour les personnes déplacées à l'intérieur du Mozambique.

Le projet, actuellement en cours à Josina Machel, un quartier de Pemba, offre un dispositif d’aide juridique mobile aux déplacés internes et à leurs communautés d'accueil sur des questions liées à l'enregistrement des naissances et à l’obtention de documents d’identité.

« Ce travail est essentiel car la situation à Cabo Delgado est dramatique », a déclaré Bianca Gerente, coordinatrice du projet et doyenne de l'université. « Nous sommes au service de la communauté et aidons les personnes qui ont tout perdu, y compris pour leur identité et leur dignité. Beaucoup de personnes déplacées ne connaissent pas leurs droits, il est donc très important de leur fournir ces informations. »

La situation humanitaire dans la province de Cabo Delgado a continué à se détériorer. Aujourd’hui, plus de 530 000 déplacés internes sont dispersés dans la province de Cabo Delgado et dans les provinces voisines de Nampula, Niassa et Zambezia. La situation est aggravée par le sous-développement chronique, les chocs climatiques consécutifs et les épidémies récurrentes dans la région.

Des familles entières continuent de fuir la violence dans le nord du pays, avec peu ou pas d'effets personnels, luttant pour leur survie pendant leur périple à pied qui dure plusieurs jours. Le déplacement forcé de nombreuses familles a entraîné la perte ou la destruction de registres et de documents d’identité personnels et civils, créant des problèmes pour un grand nombre de déplacés internes qui n'ont aucun moyen de prouver leur identité. Les conséquences peuvent s’avérer graves pour les individus et les communautés, avec notamment une liberté de mouvement restreinte, un accès limité à l'assistance vitale et une exposition au harcèlement ou aux arrestations et détentions arbitraires.

Le projet pilote visait à soutenir 10 000 personnes déplacées et les communautés hôtes sur une période de deux mois. Plus de 7000 personnes se sont déjà présentées aux stands du dispositif d’aide juridique, où des équipes mobiles composées de deux avocats bénévoles et d'étudiants en droit travaillent tous les jours de la semaine, de 8h00 à 15h00.

Des centaines de personnes font la queue chaque matin pour bénéficier d’une aide juridique. La majorité sont des femmes et des enfants qui ont fui les attaques armées des districts de Quissanga et Macomia, dans le nord de Cabo Delgado.

Les principales préoccupations sont l’absence de certificats de naissance et de cartes d'identité nationales, ainsi que l'enregistrement des décès et des mariages et autres changements d'état-civil.

« Nous avons abandonné notre maison en hâte, avec peu d'effets personnels car nous devions effectuer à pied un trajet de nombreux kilomètres. Maintenant, nous sommes ici, dans un nouveau village, dans un nouveau district, sans savoir quoi faire », a expliqué Martiza, une mère déplacée de deux enfants, alors qu'elle faisait la queue pour s’entretenir avec l'un des avocats.

Elle espère que le soutien juridique l'aidera à aller de l'avant dans sa vie.

« Cette aide juridique nous permettra d’avoir de nouveau une identité, de recevoir une aide humanitaire et de réclamer nos terres. Nous aurons à nouveau le sentiment d'être quelqu'un », a-t-elle ajouté.

L'absence de documents dans un tel contexte peut aggraver la situation des personnes déplacées. Lorsqu'elles sont contraintes de fuir à l'intérieur de leur pays ou de franchir une frontière internationale, une personne dépourvue de documents d'identité ne peut pas voyager en toute sécurité. Les enfants séparés de leurs parents et sans papiers d'identité sont plus vulnérables aux abus et à la traite des êtres humains. Il peut être très difficile d'accéder aux biens et services qui facilitent l'autosuffisance et l'intégration locale, comme l'éducation et les soins de santé. Les personnes déplacées peuvent également être confrontées à la discrimination et à des interrogatoires et harcèlements aléatoires de la part des forces de l'ordre. 

« C'est une leçon d'humanité. La protection des personnes déplacées est vitale et elle est le résultat d’un effort collectif. Ensemble, nous pouvons lutter contre l'adversité et établir un environnement sûr pour les déplacés », a déclaré Angèle Dikongue-Atangana, directrice adjointe du bureau du HCR pour l'Afrique australe.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :