Angelina Jolie, ambassadrice de bonne volonté du HCR, inaugure un centre pour enfants non accompagnés

Le Centre national pour enfants réfugiés et immigrés de Washington, D.C aidera les mineurs non accompagnés fuyant les persécutions et arrivant seuls aux Etats-Unis à bénéficier de la présence systématique d'avocats bénévoles pour les assister dans les démarches juridiques.

L'ambassadrice de bonne volonté du HCR, Angelina Jolie, s'entretient avec William McCarren, président du Speakers Committe au National Press Club, lors d'un déjeuner à l'occasion de l'ouverture du Centre national pour enfants réfugiés et immigrés.  © HCR/H.Farhad

WASHINGTON, D.C., 9 mars (HCR) - Les enfants qui fuient des persécutions et débarquent seuls aux Etats-Unis auront désormais plus facilement accès à une aide juridique gratuite, grâce au nouveau Centre national pour enfants réfugiés et immigrés de Washington, D.C.

Le centre a été inauguré mardi par l'ambassadrice de bonne volonté du HCR, Angelina Jolie, qui l'an dernier a fait don de 500 000 dollars à cette institution et qui depuis plus de deux ans plaide la cause des mineurs non accompagnés qui demandent l'asile et sont détenus aux USA.

En s'adressant mardi aux journalistes du National Press Club, A. Jolie a déclaré : « Quand des enfants arrivent seuls dans ce pays et qu'ils ont peur, nous devons les entendre complètement avant de décider de leur accorder l'asile ou de les renvoyer. Il est amoral de ne pas écouter ces enfants. Parce que nous les envoyons sans avocat devant la justice pour se représenter eux-mêmes dans une langue qu'ils ne comprennent pas pour la plupart. Et nous leur demandons d'exposer des faits si effrayants et humiliants qu'ils n'oseraient les révéler à personne, encore moins dans une salle pleine d'étrangers. »

Chaque année plus de 5 000 enfants du monde entier arrivent aux Etats-Unis sans être accompagnés d'adultes. Beaucoup sont des demandeurs d'asile qui ont fui un conflit armé et des violations des droits de l'homme dans leur pays - recrutement d'enfants soldats, prostitution forcée et asservissement, esclavage et exploitation sexuelle, travail des enfants, sévices infligés aux enfants des rues, mariage des fillettes et mutilations génitales. Certains enfants viennent aux Etats-Unis parce qu'ils sont victimes d'abus sexuels, d'abandon ou de négligence de la part de leurs parents ou de leurs tuteurs.

Une partie de ces enfants non accompagnés sont appréhendés immédiatement aux aéroports ou aux points de passage des frontières dès leur arrivée aux Etats-Unis parce qu'ils n'ont pas de papiers d'identité. D'autres sont arrêtés après être illégalement entrés sur le sol américain. Beaucoup sont victimes de passeurs qui les font venir dans le pays pour les exploiter dans des ateliers ou des réseaux de prostitution.

En 2004, plus de 6 000 enfants ont débarqué seuls aux Etats-Unis et ont fait l'objet d'une procédure instruite par les services d'immigration. Ces mineurs doivent souvent affronter seul des procédures judiciaires complexes, sans l'aide d'un avocat. Après leur arrestation, ils sont placés sous la garde de la Division des enfants non accompagnés du Bureau de réinstallation des réfugiés (Office of Refugee Resettlement, ORR) qui dépend du Ministère de la Santé et des affaires sociales. Ils sont détenus dans des foyers d'hébergement répartis dans tout le pays et l'ORR s'efforce de les faire libérer pour les placer dans des familles d'accueil. Environ 3 000 enfants sont ainsi libérés chaque année. Les principales destinations sont New York, Chicago, Los Angeles, Miami, San Francisco, Washington D.C., Houston et Dallas.

Le projet de loi de 2005 sur la protection des mineurs étrangers non accompagnés, s'il est adopté, réformerait en profondeur le traitement qui leur est réservé. Les nouvelles dispositions prévoient la présence systématique d'avocats bénévoles et la possibilité pour les enfants d'être confiés à un tuteur. Le texte propose également de remédier à des lacunes du système d'immigration actuel en rendant obligatoire le suivi d'une formation spéciale pour les juges, les procureurs et les avocats bénévoles travaillant avec les services d'immigration. Le projet de loi devrait être réexaminé lors de la présente session du Congrès, il est défendu par de nombreux parlementaires des deux camps.

Le nouveau Centre national pour les enfants réfugiés et immigrés soutiendra ce projet de loi en contactant des avocats prêts à donner de leur temps pour aider ces enfants à obtenir l'asile et d'autres formes de protection humanitaire. Le centre fonctionne en partenariat avec le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants et l'American Immigration Lawyers Association. Le succès du centre repose largement sur l'engagement dévoué de grands cabinets d'avocats qui offrent bénévolement leurs services sur l'ensemble du territoire.

Par Lilli Tnaib, Washington D.C