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Le HCR appelle à un soutien d'urgence au Liban où se dessine une catastrophe humanitaire

Points de presse

Le HCR appelle à un soutien d'urgence au Liban où se dessine une catastrophe humanitaire

30 mars 2026 Egalement disponible ici :
Lebanon. Finding shelter in Beirut

Des centaines de familles déplacées passent la nuit sous des tentes et dans des voitures sur le front de mer à Beyrouth.

Depuis près d’un mois que le conflit s’intensifie, le Liban est confronté à une crise humanitaire qui ne cesse de s’aggraver. Depuis le 2 mars, à la suite d’intenses frappes israéliennes et d’ordres d’évacuation généralisés, plus d’un million de personnes – soit un habitant sur cinq – ont été contraintes de fuir leur foyer. Les déplacements s’étendent désormais du sud et de la Bekaa jusqu’à Beyrouth et au nord, et le nombre de personnes déplacées ne cesse d’augmenter.

Même dans les zones où ils ont trouvé refuge, les gens ne se sentent plus en sécurité. La semaine dernière, des frappes israéliennes ont touché le centre de Beyrouth, notamment les quartiers densément peuplés de Zokak Blat et de Bashoura, où de nombreuses personnes avaient cherché refuge. L'une des frappes a touché un quartier situé à un pâté de maisons d'une école accueillant des familles déplacées, que j'avais visitée avec le gouverneur de Beyrouth quelques jours auparavant. Les familles vivent dans une peur constante, et les séquelles psychologiques, en particulier chez les enfants, perdureront bien au-delà du conflit actuel.

L'accès à la sécurité devient également de plus en plus difficile. La destruction de ponts stratégiques dans le sud a coupé des quartiers entiers du reste du pays, isolant plus de 150 000 personnes et limitant considérablement l'accès humanitaire.

Bon nombre des familles que le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, rencontre chaque jour, sont déplacées pour la deuxième ou la troisième fois. Plusieurs sont revenues dans les mêmes écoles où elles avaient trouvé refuge en 2024.

Aujourd'hui, plus de 136 000 personnes déplacées sont hébergées dans 660 centres d'accueil collectifs, pour la plupart des écoles, qui sont bien au-delà de leur capacité d'accueil. La surpopulation, le partage des salles de classe et l’accès limité aux installations sanitaires et autres services de base augmentent considérablement les risques en matière de protection, notamment l’exposition à l’exploitation et à la violence sexiste.

Les personnes âgées et celles en situation de handicap sont particulièrement touchées, ayant du mal à dormir sur le sol des salles de classe ou à utiliser des installations destinées aux enfants. Le stress et les traumatismes s’intensifient dans ces conditions de promiscuité et d’insalubrité.

Au-delà des besoins immédiats en matière d’hébergement, il existe un besoin clair et urgent de renforcer la protection et le soutien communautaire.

Lors d’une récente visite dans l’un des plus grands centres d’accueil de Saïda, qui héberge plus de 1 000 personnes, j’ai pu constater à quel point la collaboration peut contribuer à redonner dignité et autonomie aux personnes déplacées. Les autorités centrales et locales, le HCR, les ONG et les bénévoles travaillaient aux côtés des familles déplacées pour organiser des activités ludiques et éducatives pour les 400 enfants hébergés sur place. Les hommes et les femmes déplacés participaient également à des activités culinaires, tandis que le HCR et ses ONG partenaires offraient un accompagnement psychologique et un soutien spécifique en matière de protection.

Le risque d’une catastrophe humanitaire est réel. Mais en soutenant la réponse d’urgence menée par le gouvernement et décrite dans l’appel d’urgence pour le Liban, d’autres risques – notamment la violence, l’exploitation et la montée des tensions – peuvent être atténués.

Le HCR continue d’assurer la coordination de la protection et de l’hébergement en collaboration avec le ministère des Affaires sociales et ses ONG partenaires, et a distribué plus de 198 000 articles de première nécessité, tout en s’efforçant d’améliorer l’intimité et la dignité au sein des centres d’accueil. À ce jour, le HCR et ses partenaires ont apporté un soutien à plus de 27 000 personnes grâce à des services de protection, notamment un soutien psychosocial, des activités récréatives, des services de conseil et une aide ciblée pour les plus vulnérables. Avec un financement adéquat pour notre appel initial de plus de 60 millions de dollars, nous pouvons intensifier ces programmes dans le cadre de la réponse interinstitutionnelle.

Ce soutien va au-delà de l’urgence immédiate en renforçant les systèmes nationaux de protection et de protection sociale que le gouvernement s’efforce de réformer. En répondant aux besoins urgents d’aujourd’hui, nous investissons simultanément dans leur viabilité et leur résilience à long terme.

Cependant, les besoins augmentent plus vite que les ressources. Sans une offre accrue de logements, la surpopulation s’aggravera. Sans un renforcement de la protection, les risques pour les enfants, les femmes et les groupes vulnérables s’accroîtront. Si l’aide ne parvient pas rapidement aux populations, la détresse se transformera en tensions.

Le Liban était déjà confronté à de multiples crises, et ce déplacement massif exerce une pression immense sur les familles et les services. Les civils doivent être protégés à tout moment. Les gens me répètent sans cesse la même chose : ils veulent simplement rentrer chez eux. Notre devoir est de les aider jusqu’à ce qu’ils puissent le faire en toute sécurité.

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