Urgence Nigéria

L'insurrection de Boko Haram a provoqué le déplacement de près de 2,4 millions de personnes dans le bassin du Lac Tchad.

Bien que l'armée nigériane ait repris le contrôle de certaines régions situées au nord-est du pays, les populations civiles au Nigéria, au Cameroun, au Tchad et au Niger continuent d'être affectées par de graves violations des droits de l'homme, des violences sexuelles et liées au genre à grande échelle, des recrutements forcés et des attentats suicide.

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réfugiés nigérians


Environ 2 millions

de déplacés internes au Nigéria


Plus de 506 000

déplacés internes au Cameroun, au Tchad et au Niger


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Mise à jour 31 août 2019

« Nous prions tous les jours pour la protection et la paix ».

Boussam Abdulahi, réfugié nigérian

En 2019, la crise des réfugiés nigérians entrera dans sa sixième année. Depuis que les violentes attaques du groupe islamiste Boko Haram ont commencé à déborder au-delà de la frontière nord-est du Nigéria en 2014, le Cameroun, le Tchad et le Niger ont été entraînés dans ce qui est devenu un conflit régional dévastateur.

Le bassin du Lac Tchad est actuellement submergé par une complexe urgence humanitaire. Plus de 2,7 millions de personnes ont été déplacées, dont plus de 1,9 million de déplacés internes dans le nord-est du Nigéria, plus de 541 000 déplacés internes au Cameroun, au Tchad et au Niger et 240 000 réfugiés dans les quatre pays.

Conséquences du conflit, la crise a été exacerbée par l’insécurité alimentaire et une grave malnutrition qui ont atteint des niveaux critiques dans les quatre pays. Malgré les efforts des gouvernements et l'aide humanitaire apportée en 2019, environ 3,5 millions de personnes sont toujours confrontées à l'insécurité alimentaire dans le bassin du Lac Tchad et seront dépendants de l'assistance.

Les défis liés à la protection des déracinés sont aggravés par l’insécurité croissante et la fragilité socio-économique, les communautés vivant dans la région du Sahel faisant face à une pauvreté chronique, un climat difficile, des épidémies récurrentes, des infrastructures insuffisantes et un accès limité aux services de base.

L’armée nigériane et la Force multinationale mixte ont repoussé les extrémistes hors de nombreuses zones qu’ils contrôlaient jusque-là, mais ces reconquêtes ont été éclipsées par une augmentation des attaques de Boko Haram dans les pays voisins. Malgré le retour des déplacés internes et des réfugiés nigérians dans les zones libérées, la crise demeure aigüe.

Que fait le HCR pour aider ?

Le HCR a renforcé son intervention et collabore avec les autorités dans le nord-est du Nigéria, ainsi qu’avec les partenaires des Nations Unies, les ONG nationales et internationales et les populations touchées et déplacées de force. Ces efforts conjoints visent à aider les déplacés, les réfugiés rapatriés et les déplacés internes à retrouver leur dignité et un semblant de vie normale. Le HCR leur fournit une protection par sa présence sur le terrain, tout en assurant le suivi stratégique de la protection, le dépistage des vulnérabilités, l'apport d'une aide matérielle et l'orientation des personnes ayant besoin de protection vers les prestataires compétents.

L'action du HCR a également pour but de veiller au respect des droits des personnes relevant de son mandat. Ses interventions à cet égard portent notamment sur la prévention et la réponse aux violences sexuelles et sexistes via le soutien juridique et psychosocial apporté aux survivants de ces violences. Les efforts engagés concernent aussi la distribution d'abris et d'articles ménagers de première nécessité ainsi que la protection des droits légaux au moyen d’une documentation et d’une aide juridique.

Par ailleurs, l'Agence plaide pour un meilleur accès des déracinés aux services sociaux et de base, le respect du caractère civil et humanitaire des camps de déplacés internes et l’amélioration du climat global de protection.

La participation du HCR à l'opération menée dans le nord-est du Nigéria consiste aussi à appuyer les efforts du gouvernement pour restaurer la paix et la sécurité et favoriser des solutions durables. À cet effet, son action consiste notamment à renforcer les capacités et la formation des autorités, de l'armée, des partenaires et des personnes relevant de son mandat en application de cadres juridiques internationaux et nationaux concernant la protection des déplacés internes et autres personnes relevant du mandat de l'Agence. Les initiatives de renforcement des capacités portent également sur le droit humanitaire international et d'autres textes pertinents concernant les droits de l'homme. Cette action est menée au niveau des États comme au niveau national.

En outre, le HCR travaille en collaboration avec d'autres agences pour faciliter des sessions de formation sur la protection contre l'exploitation et l'abus sexuel à l'intention des agents de sécurité et du personnel humanitaire, tant dans les capitales des États qu’au niveau local.

Dans les pays voisins, Niger, Cameroun et Tchad, le HCR travaille avec les autorités pour améliorer le climat de protection et s'assurer que les réfugiés bénéficient du droit d'asile et qu’ils ne soient pas contraints de retourner au Nigéria contre leur volonté.

Enfin, l'Agence coordonne l’aide humanitaire fournie par 47 agences des Nations Unies et ONG partenaires via le Plan régional de réponse pour les réfugiés 2019/2020.

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