"Elles ont une force en elles"

En France, portraits croisés de femmes solidaires et engagées qui mettent en avant la richesse des parcours, des expériences et des talents des femmes et jeunes filles réfugiées.

Mars 2021

Photos : UNHCR/Benjamin Loyseau

Vidéos : Kate Thompson Gorry

Textes : Céline Schmitt

Nina Gheddar, co-fondatrice du média Guiti news et Sara Farid, journaliste réfugiée.

"Elles ont une force en elles"

En France, portraits croisés de femmes solidaires et engagées qui mettent en avant la richesse des parcours, des expériences et des talents des femmes et jeunes filles réfugiées.

Photos : UNHCR/Benjamin Loyseau

Vidéos : Kate Thompson Gorry

Textes : Céline Schmitt
Mars 2021

Nina Gheddar, co-fondatrice du média Guiti news et Sara Farid, journaliste réfugiée.

Partout en France, des femmes réfugiées et leurs hôtes célèbrent le courage et la résilience des filles et des femmes en exil. Partageant de multiples passions et talents, elles placent la participation des femmes réfugiées au cœur de leur action en matière d’accès à l’emploi, à l’éducation, à la culture et à l’art.

Cette série de portraits présente des histoires d’amitié, de fraternité et d’entraide dans le cadre de la recherche de solutions avec les réfugiées, sujet d’une tribune coordonnée par le HCR et signée par 56 femmes engagées.

Camila Rios Armas et Rania Titi

La première est fondatrice et directrice d’UniR, une ONG dédiée à faciliter l’accès à l’enseignement supérieur pour les réfugiés, la seconde, réfugiée syrienne, est membre du conseil d’administration de l’ONG.

 

« Est-ce que tu te souviens de la première fois que l’on s’est vues ? », interroge Camila. « Oui, quand vous avez lancé votre association sur internet, j’ai lu votre annonce et je suis allée sur place. Quand j’ai vu Camila, j’ai senti qu’elle a quelque chose sérieux. Elle est une femme engagée. Elle travaille franchement avec le cœur… »

« Je pense que beaucoup de mon courage vient de pas accepter les injustices. Le courage, ce n’est pas de la rage, mais je pense qu’il y a beaucoup qui vient de cette idée de : non je n’accepte pas et donc je fais quelque chose. »

Pendant la pandémie, Camila Rios Armas a aidé les personnes à rester motivées sur leurs projets et les cours, et à trouver des solutions pour faire face à la fracture numérique.

UniR est née suite au programme Kiron France.  De personnes déplacées à personnes diplômées : Kiron est un programme tremplin dans l’enseignement supérieur pour les réfugiés et les demandeurs d’asile. 

En adaptant le programme d’UniR au contexte français, l’association répond de façon plus pertinente et adéquate aux besoins des personnes réfugiées et demandeuses d’asile, ainsi qu’aux enjeux locaux.

« C’est une réussite pour moi d’avoir sa confiance, de pouvoir travailler avec elle et d’aller jusqu’au bout ensemble. »

Rania Titi souhaite continuer à aider les femmes réfugiées à accéder à l’éducation pour qu’elles puissent trouver une place dans leur société d’accueil et être indépendantes.

Donia Souad Amamra et Nitharshini Mathy

Donia, co-fondatrice de Meet My Mama, une entreprise sociale qui travaille avec des cheffes réfugiées et migrantes, a rencontré Nitharshini en 2017. Cette dernière nourrissait déjà le rêve d’ouvrir la première boulangerie-pâtisserie sri-lankaise à Paris.

 

« Nitha, ça a été notre toute première Mama. On l’a rencontrée un petit peu par hasard sur les bancs d’une association et c’est avec Nitha que l’aventure a commencé, pour en arriver jusqu’à aujourd’hui », explique Donia.

« Ce qui nous a inspiré et nous inspire au quotidien ce sont les Mamas. Leurs histoires, leur résilience. Des Nitha il y en a plein et des Nitha, elles ont une force en elle qui est incroyable et qui les aide à tout surmonter. »

Lors du premier confinement, Donia Souad Amamra et l’équipe de Meet my Mama se sont mobilisées ensemble pour porter assistance aux plus vulnérables. Une dizaine de cheffes ont cuisiné chaque jour des invendus alimentaires pour les distribuer à des associations. 

Meet My Mama révèle les talents culinaires des femmes du monde entier, de tout horizon, de tout âge et de tout milieu social, passionnées par la cuisine et animées par la volonté de transmettre, et de vivre de leur savoir-faire.

Son modèle hybride lui permet d’accompagner, inspirer, outiller et encourager parallèlement ces femmes à devenir les entrepreneures et actrices d’une société plus inclusive, durable et responsable.

« Mon projet est d’ouvrir un restaurant et une boulangerie. Après, nous faisons aussi de notre mieux pour aider ceux qui vivent sous la ligne de pauvreté. C’est mon désir : faire progresser mon entreprise tout en aidant les autres. »

Nitharshini Mathy souhaite que son parcours puisse, à terme, encourager d’autres femmes à entreprendre.

Nina Gheddar et Sara Farid

La co-fondatrice du média Guiti news et la journaliste réfugiée travaillent en binôme sur des reportages, podcasts, vidéos et autres témoignages, afin d’offrir « un double regard sur l’actualité ».

 

« Je pense que c’est une relation très intéressante, explique Sara. Nous avons une relation professionnelle et personnelle. Le réconfort d’avoir Nina, c’est que je l’appelle et parfois et nous réfléchissons ensemble. »

« Dans le journalisme, ce qui me donne du courage et de l’espoir, c’est aussi la multiplication des voix, des récits, l’introspection nécessaire du métier et le fait d’acter collectivement qu’on a besoin d’une plus grande diversité de profils dans celles et ceux qui fabriquent l’information. »

Nina Gheddar, journaliste et fondatrice, Guiti News.

« [Ce qui me donne de l’espoir], c’est d’avoir la possibilité de raconter des histoires. D’être incluse dans ce groupe de journalistes, et de pouvoir avoir une place et une voix dans mon travail. Chaque jour, cela renforce ma conviction que je peux encore avoir un impact grâce aux histoires que je raconte.« 

Sara Farid, journaliste.

Sophie Pérard et Elvira Haxhiu

Elvira et Sophie se sont rencontrées à la fin de l’année 2014, lors d’un entretien à Pôle Emploi. Leur relation a rapidement évolué vers ce qu’Elvira décrit comme de la « pure amitié. C’est la première et la seule personne en France à qui je me confie autant. »

Aujourd’hui, elles portent ensemble une association, Citizen coach, qui valorise les talents et les compétences des personnes les plus marginalisées qui peuvent répondre à des besoins de main d’œuvre non satisfaits sur le territoire.

« L’espoir, c’est quand je vois un sourire et le soulagement des personnes. Des solutions il y en a, il faut juste trouver une volonté de l’autre côté. »

Pendant la pandémie, Sophie Pérard, coach professionnelle, a gardé contact via WhatsApp et par téléphone avec les personnes qu’elle accompagne.

« En temps de pandémie, pour sauver des vies, c’est important de développer ces outils. Pour moi, la solution c’est de sortir les femmes de chez elles et de leur permettre l’accès aux formations. »

Elvira Haxhiu et son équipe ont pu distribuer des ordinateurs aux personnes qu’ils accompagnent. Elle a aussi développé de nouvelles compétences numériques qu’elle a ensuite transmises aux réfugiés.