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Barham Salih salue le courage des réfugiés et les efforts d'accueil et d’intégration de l'Éthiopie à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié

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Barham Salih salue le courage des réfugiés et les efforts d'accueil et d’intégration de l'Éthiopie à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié

Dans le camp de réfugiés d'Ura, en Éthiopie, le Haut-Commissaire Barham Salih appelle à un soutien accru en faveur de politiques inclusives permettant aux réfugiés de reconstruire leur vie aux côtés des communautés d'accueil.
22 Juin 2026
A smiling man drawing a pencil portrait on paper receives a pat on the shoulder from his smiling subject in a tent full of onlookers

Mohammed Ibrahim (à gauche), artiste réfugié soudanais, brosse le portrait du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Barham Salih (à droite), dans le camp de réfugiés d'Ura, en Éthiopie.

Lors d'une visite au camp de réfugiés d'Ura, en Éthiopie, à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a salué l'approche progressiste adoptée par le pays en matière de protection et d'intégration des réfugiés. Barham Salih appelé à un soutien international accru en faveur des pays d'accueil proposant des solutions à long terme permettant aux réfugiés de se reconstruire.

L'Éthiopie compte parmi les pays africains qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés. Le pays héberge en effet plus de 1,1 million de réfugiés et de demandeurs d'asile, dont plus de 45 000 réfugiés ayant fui le conflit qui sévit au Soudan voisin depuis avril 2023. Le camp d’Ura, situé dans la région de Benishangul-Gumuz, au nord-ouest de l’Éthiopie, accueille plus de 14 500 réfugiés soudanais, qui vivent aux côtés de la communauté locale et ont accès aux mêmes services.

« Ura est bien plus qu’un simple camp de réfugiés », a souligné Barham Salih lors d’un événement organisé à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié, qui a réuni le président de la région de Benishangul-Gumuz, des réfugiés, des représentant de la communauté, des responsables gouvernementaux ainsi que des partenaires des Nations Unies et régionaux. « C’est un exemple éloquent de ce qu’il est possible de réaliser lorsque la protection va de pair avec l’inclusion, lorsque l’action humanitaire est associée à des solutions à long terme, et lorsque les réfugiés et les communautés d’accueil ont la possibilité de construire leur avenir ensemble. »

« En cette Journée mondiale du réfugié, nous rendons hommage aux réfugiés et aux communautés d’accueil : à leur courage, à leur résilience et à leur détermination à se reconstruire malgré d’énormes difficultés », a ajouté Barham Salih. « Pourtant, la résilience seule ne suffit pas. On ne peut pas attendre des réfugiés qu’ils survivent indéfiniment grâce à leur résilience, ni qu’ils passent des décennies dans l’incertitude, dépendants de l’aide humanitaire, avec peu de perspectives d’un avenir meilleur. »

« Nous devons investir dans des solutions. Nous devons soutenir les pays et les communautés d’accueil. Nous devons élargir l’accès à l’éducation, aux moyens de subsistance et aux documents officiels. Et nous devons veiller à ce que les réfugiés eux-mêmes soient des partenaires actifs dans l’élaboration des politiques et des programmes qui ont une incidence sur leur vie », a-t-il en outre déclaré.

Dans le camp d’Ura, Barham Salih a visité une école primaire où de jeunes enfants soudanais et éthiopiens étudient ensemble. Il a également rencontré des réfugiés soudanais entrepreneurs qui ont créé des entreprises pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles, tout en contribuant à l’économie locale.

Parmi eux, Mohyadin Ahmed Mohammed Ali, 37 ans, qui a fui les combats dans l’État d’Al-Jazira, au Soudan, avec sa famille, avant de s’installer à Ura six mois après son arrivée en Éthiopie. Ancien commerçant au Soudan, Ali a progressivement relancé son activité en Éthiopie, en commençant par collecter et revendre des sacs en plastique, puis en économisant suffisamment pour ouvrir une petite épicerie à Ura, où il achète et vend des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité.

« Quand je suis arrivé en Éthiopie, j’ai repris ce que je faisais auparavant. Les affaires vont de mieux en mieux, et je ne ressens pas de grande différence par rapport à ma situation au Soudan [sur le plan professionnel] », a expliqué Ali. « Nous ne nous sentons pas comme des étrangers. Le pays nous a témoigné respect et considération ; on n’a pas besoin d’aller ailleurs. Personne ne nous harcèle, et nous pouvons acheter [et vendre] comme n’importe qui d’autre. »

Three girls sit behind a desk in a classroom while two of them make a heart symbol with their hands

Des fillettes dans une école primaire du camp de réfugiés d'Ura, où des enfants soudanais et éthiopiens étudient ensemble.

Ali précise que les autorités locales avaient évoqué la possibilité de solliciter une licence commerciale, ce qui, selon lui, lui permettrait de se rendre plus facilement dans d’autres régions du pays pour acheter des marchandises et les vendre dans son magasin. Il a également évoqué les avantages de gérer une entreprise en collaboration avec la communauté locale d’Ura.

« En tant que commerçant, si vous ne vous mêlez pas aux habitants, aux autres commerçants et à la communauté en général, vous ne pouvez pas faire du commerce », confie-t-il. « Je veux travailler pour mes enfants, afin qu’ils puissent faire des études. »

Deux jours plus tôt, à Addis-Abeba, le Haut-Commissaire s’était joint à des ministres et à des responsables gouvernementaux pour lancer la feuille de route Makatet, un cadre visant à passer de l’aide humanitaire pure et simple au développement à long terme, en transformant les camps traditionnels en quartiers urbains autonomes, intégrés aux systèmes nationaux.

« Avec le lancement de la feuille de route de Makatet, le gouvernement éthiopien passe d’une gestion humanitaire à court terme à un modèle de développement inclusif qui considère les réfugiés comme des contributeurs actifs à notre croissance nationale », a déclaré le ministre éthiopien des Finances, Ahmed Shide, lors de la cérémonie de lancement.

Ethiopia. UN High Commissioner for Refugees highlights refugee inclusion and resilience during Ethiopia visit for World Refugee Day

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Barham Salih (au centre), le directeur général du Service éthiopien des réfugiés et des rapatriés, Teyiba Hassen (à droite), et le président de la Chambre des représentants du peuple, Ato Tagesse Chaffo (à gauche), lors d'une cérémonie de lancement de la « Feuille de route de Makatet », le 18 juin à Addis-Abeba.

Dans le camp d’Ura, Barham Salih a souligné le fait que de telles approches inclusives étaient particulièrement nécessaires à un moment où les ressources humanitaires sont mises à rude épreuve et où les débats publics sur les réfugiés sont de plus en plus polarisés.

« Ici, à Ura, vous montrez qu’une autre voie est possible. Les réfugiés et les communautés d’accueil prouvent chaque jour que l’inclusion n’est pas seulement possible, mais qu’elle fonctionne », a-t-il déclaré.

Le chef du HCR a également évoqué le 75e anniversaire, le mois prochain, de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, qui consacre la « promesse simple mais profonde » selon laquelle toute personne fuyant un conflit ou des persécutions a le droit de chercher refuge dans un autre pays.

« À l’heure où ce droit est de plus en plus remis en question, nous devons le défendre avec fermeté et collectivement », a-t-il conclu. « Le monde a besoin de davantage d’exemples comme celui de l’Éthiopie : des exemples qui démontrent que la protection des réfugiés et le développement national peuvent aller de pair. »