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Un nouveau foyer pour une famille érythréenne qui a passé une décennie en exil.

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Un nouveau foyer pour une famille érythréenne qui a passé une décennie en exil.

La famille sera réinstallée aux Pays-Bas dans le cadre d'un programme soutenu par le HCR.
14 Mai 2021

Mariam a passé les dix années qui ont suivi sa fuite de l'Érythrée à chercher un foyer sûr et stable pour sa famille. Aujourd'hui, ce rêve est enfin à portée de main : elle, son mari et ses trois enfants s'apprêtent à aller vivre aux Pays-Bas dans le cadre d'un programme de réinstallation.


Elle fait tout ce qu'elle peut pour s'y préparer. Comme elle adore cuisiner, elle a même appris à préparer un millefeuille, qui est un dessert populaire aux Pays-Bas.

Ce dessert à la vanille et à la crème est très apprécié aux Pays-Bas et le préparer est pour Mariam le symbole de sa volonté d'intégration dans cette nouvelle société.

« Ce que nous savons des Pays-Bas, c'est que c'est un bon pays... Nous allons travailler et nous allons aider nos enfants à grandir et à bénéficier de l'éducation dont ils ont besoin », a affirmé Mariam, 34 ans.

Depuis décembre, elle réside dans un centre de transit d'urgence à Timisoara, une ville de l'ouest de la Roumanie, avec son mari Mohammad et ses enfants Karim, sept ans, Feruz, cinq ans, et Ferdoz, trois ans. Une trentaine de personnes vivent dans ce centre, qui peut en accueillir environ 200.

La réinstallation des réfugiés les plus vulnérables dans un pays tiers où ils pourront reconstruire leur vie est une priorité pour le HCR, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, mais les besoins en matière de réinstallation dépassent largement les places disponibles. L'année dernière, moins de 23 000 réfugiés ont été réinstallés par l'intermédiaire du HCR, soit le nombre le plus faible depuis près de vingt ans.

L'histoire de Mariam illustre l'importance des mesures de réinstallation. Elle et Muhammad ont d'abord fui vers la capitale soudanaise, Khartoum, où ils ont vécu pendant huit ans dans des conditions difficiles. C'est là qu'ils ont eu leurs enfants.

« Parfois, je ne trouvais pas de travail. Parfois, je ne pouvais pas payer le loyer. D'autres fois, nous n'avions rien à manger. C'était dur, et les enfants étaient jeunes », raconte Muhammad, 37 ans.

Leur statut incertain au Soudan les exposait à un risque constant d'arrestation et ils ont fini par se rendre à Tripoli, la capitale de la Libye. Là, ils ont été emprisonnés par un passeur. Compte tenu de leur situation précaire, le HCR les a évacués vers la Roumanie via le Niger dans le cadre de son mécanisme de transit d'urgence.

Ce mécanisme est une réponse à la situation humanitaire critique et à la détérioration des conditions de vie des demandeurs d'asile en Libye. Dans le cadre de ce mécanisme, certaines personnes et familles vulnérables se voient proposer un séjour temporaire au Niger.

Si elles sont ensuite considérées comme éligibles à la réinstallation et très vulnérables, elles sont alors transférées au centre de transit d'urgence de Timisoara pendant que la procédure de réinstallation est en cours - un processus qui prend généralement trois ou quatre mois.

« Nous commençons à nous détendre après les moments difficiles que nous avons vécus. »

« En attendant de partir pour notre destination finale, nous profitons de notre séjour ici. Nous nous sentons vraiment en sécurité et nous commençons à nous détendre après les moments difficiles que nous avons vécus », a expliqué Mariam.

Les places de réinstallation se faisaient déjà rares avant même que la pandémie de Covid-19 n'en réduise encore davantage le nombre l'année dernière. Cette année, cependant, représente une opportunité pour les gouvernements de reprendre les programmes de réinstallation, et le HCR appelle les Etats à augmenter le nombre de places qu'ils mettent à disposition.

« Le HCR apprécie les efforts des États qui ont maintenant remis en marche les programmes de réinstallation malgré les difficultés, parmi lesquelles la pandémie », a déclaré Nisreen Rubaian, la représentante du HCR en Roumanie.

« Nos collègues sur le terrain travaillent en étroite collaboration avec les Etats de réinstallation pour s'assurer que les réfugiés qui ont été admis puissent partir dès que possible et reconstruire leur vie dans leur nouveau pays », a-t-elle ajouté.

Mariam et sa famille ont profité de leur présence dans la ville historique de Timisoara pour visiter les sites touristiques et ils vont bientôt commencer les cours d'orientation culturelle avant leur déménagement dans les semaines à venir.

« Les enfants s'adaptent facilement et apprennent vite. Je suis impressionnée par la rapidité avec laquelle ils comprennent les choses, compte tenu du contexte dont ils sont issus », a indiqué Sofia Damșe, psychologue chez AIDROM, partenaire du HCR.

L'avenir des enfants est la principale préoccupation de leurs parents lorsqu'ils pensent à leur déménagement aux Pays-Bas.

« La chose la plus importante pour nous est de travailler et d'aider nos enfants à grandir, à aller à l'école », a confié Mariam.

Muhammad dit qu'il souhaite que les enfants conservent leurs liens avec l'Érythrée et sa culture, mais il veut aussi qu'ils s'intègrent aux Pays-Bas. Il aimerait qu'ils deviennent médecins ou pilotes, mais sa principale priorité est qu'ils acquièrent de solides valeurs sociales.

« Nous aimerions que nos enfants viennent en aide à ceux qui sont dans le besoin », a-t-il déclaré.

*Les noms ont été modifiés à la demande des réfugiés.