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Comment l'éducation contribue aux efforts de reconstruction des communautés au Soudan

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Comment l'éducation contribue aux efforts de reconstruction des communautés au Soudan

Dans l'État du Nil Blanc au Soudan, la réouverture des écoles aide les communautés déplacées et locales à se remettre du conflit et redonne espoir aux enfants dont l'éducation a été interrompue.
27 janvier 2026 Egalement disponible ici :
Sudan. Forcibly displaced and host communities go back to school after two years of conflict

Des écolières qui ont récemment repris les cours assistent à des cours à l'école secondaire pour filles Al Jabalain dans l'État du Nil Blanc, au Soudan.

Le soleil matinal baigne la cour de l'école secondaire locale d'Al Jabalain, petit village situé sur la rive est du fleuve éponyme de l'État soudanais du Nil Blanc. Les premières lueurs du jour font tourbillonner la poussière au passage des filles qui se pressent vers leurs classes, serrant leurs manuels usés et bavardant en groupes avant le début des cours.

Il y a quelques mois encore, les salles de classe de l'école étaient vides et délabrées. Aujourd'hui, de nouveau pupitres sont disposés en rangées dans des salles fraîchement repeintes, dotées de nouvelles fenêtres et portes. Pour ce petit village, la réouverture de l'école est synonyme d'un regain d'espoir, permettant aux parents d'envoyer leurs filles non seulement pour apprendre, mais aussi pour retrouver un semblant de normalité et de sécurité.

L'État du Nil Blanc accueille actuellement environ 400 000 réfugiés et quelque 460 000 personnes déplacées internes. Les inscriptions ont bondi depuis la réouverture de l'école à des centaines d'enfants déplacés et locaux, offrant à plus de 700 filles la possibilité de reprendre leurs études.

Pour ces élèves parmi lesquels figurent des réfugiés du Soudan du Sud voisin, des Soudanais déplacés à l'intérieur du pays et des enfants de la communauté locale, cela marque un retour à l'éducation après plus de deux ans et demi de conflit et d'interruption de leur scolarité. Pour leurs enseignants, c'est l'occasion de travailler dans la dignité et de préparer les enfants à un avenir meilleur, au-delà du conflit actuel.

« La réouverture des écoles a été comme un cadeau, tant pour nous, les enseignants, que pour les enfants », explique la directrice Susan Zein Faisal Allah Al-Kamali. « Malgré les nombreuses difficultés, nous avons trouvé la force de recommencer. Cette interruption s'est traduite par deux années d'apprentissage perdues pour de nombreux élèves, mais nous reconstruisons petit à petit. »

« L'éducation est très importante pour les filles comme pour les garçons, mais surtout pour les filles, car elle leur apporte des connaissances et leur permet de prendre conscience de leurs droits », ajoute-t-elle. « Lorsque les femmes ne sont pas éduquées, elles perdent ces droits. »

Sudan. Forcibly displaced and host communities go back to school after two years of conflict

Susan Zein Faisal Allah Al-Kamali (au centre), directrice de l'école secondaire pour filles Al Jabalain, s'occupe des formalités administratives dans une salle de classe.

Dans l'une des salles de classe, le cours d'anglais débute par un exercice : conjuguer des verbes et former des phrases simples. Bien que ces exercices puissent sembler élémentaires pour leur âge, de nombreux élèves réapprennent des compétences perdues.

Assise au fond de la classe, Omnia, 17 ans, jeune Soudanaise déplacée interne originaire de Khartoum retourne à l’école pour la première fois depuis qu'elle a dû fuir avec sa famille la capitale du Soudan en 2023. « Quand j'ai appris que l'école reprenait, j'ai eu l'impression que ma vie reprenait », confie-t-elle, déterminée à en tirer le meilleur parti. « Avant la guerre, j'étais première de ma classe. Je veux obtenir de très bonnes notes cette année, je veux étudier la médecine et je rêve de devenir chirurgienne. »

Omnia garde encore des souvenirs douloureux du périple de sa famille depuis Khartoum, mais à Al Jabalain, elle retrouve l'espoir grâce au rythme des cours, aux rires de ses camarades de classe et à la force que lui procure l'apprentissage.

Sudan. Forcibly displaced and host communities go back to school after two years of conflict

Omnia (à gauche) devant le bâtiment principal de l'école avec ses amies Nada (au centre) et Althouma (à droite).

« A la fermeture des écoles, j’avais du mal à imaginer une vie sans pouvoir étudier, alors j'ai demandé à ma famille de payer des cours particuliers d'anglais », explique Omnia. « Depuis la réouverture des écoles, je suis très heureuse. Je pense que l'éducation est très importante pour les filles. Un jour, quand je serai mère, je veux savoir comment enseigner à mes enfants. Même pendant le déplacement, l'éducation peut nous aider à acquérir des compétences, à nous adapter et à interagir avec les autres. Elle nous aide à devenir plus forts. »

Dans tout le Soudan, des millions d'enfants et de jeunes ont perdu l'accès à une éducation régulière en raison du conflit. Les écoles ont été fermées, nombre d'entre elles étant utilisées comme abris pour les familles déplacées.

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et ses partenaires, en collaboration avec le ministère soudanais de l'Éducation, réhabilitent les écoles où les enfants déplacés et ceux des communautés d'accueil peuvent apprendre côte à côte. L'agence apporte également son soutien aux élèves et aux enseignants, notamment en leur fournissant des manuels scolaires, des stylos, des uniformes, des ressources pédagogiques et d'autres matériels.

Ce programme est financé par le partenariat pluriannuel PROSPECTS, qui vise à combler le fossé entre aide humanitaire et développement à long terme. En investissant dans une éducation inclusive et durable et en plaidant pour l'intégration des réfugiés dans les systèmes nationaux, cette initiative contribue à garantir que les personnes déplacées de force et les communautés d'accueil puissent apprendre, s'épanouir et construire ensemble un avenir meilleur. Le programme au Soudan rassemble le gouvernement des Pays-Bas, le HCR, l'UNICEF et l'OIT.

Des programmes comme celui-ci ont une importance vitale pour les enfants dont l'éducation a été interrompue. Des écoles sont en cours de réhabilitation et équipées de nouveau mobilier et d'installations sanitaires, afin de garantir un environnement d'apprentissage sûr et adapté. Les enseignants disposent également de l'espace, des ressources et du soutien nécessaires pour aider les élèves à rattraper leur retard scolaire.

En investissant dans les écoles publiques plutôt qu'en créant des systèmes parallèles, le projet, qui reflète la philosophie du partenariat PROSPECTS, renforce le système éducatif national soudanais, le rend plus résilient et l'aide à se rétablir et à s'adapter de manière à pouvoir servir les générations futures.

Sudan. Forcibly displaced and host communities go back to school after two years of conflict

Un enseignant dispense un cours dans l'une des salles de classe récemment rénovées de l'école secondaire pour filles Al Jabalain.

Les enfants réfugiés suivent le même programme scolaire que leurs camarades soudanais, apprenant non seulement les mathématiques, l'arabe, l'anglais et les sciences, mais aussi des valeurs telles que la tolérance, la confiance et la compréhension mutuelle. Ils nouent des amitiés qui ignorent les distinctions entre « réfugié », « déplacé » ou « hôte ».

Alors que le conflit continue de perturber l'éducation de nombreux enfants à travers le Soudan, ces interventions rétablissent l'enseignement public dans les États plus sûrs, jetant ainsi les bases de la stabilité et du redressement.

Tandis que le HCR se concentre sur le soutien aux écoles secondaires et aux enseignants, l'UNICEF mène des actions complémentaires dans le domaine de l'enseignement primaire. Ensemble, ces interventions créent un continuum d'apprentissage depuis les premières années de scolarité jusqu'à l'adolescence, maximisant les ressources, renforçant les capacités nationales et bénéficiant à l'ensemble des communautés.

Alors qu'Omnia continue à apprendre et à se reconstruire aux côtés de ses camarades de classe, elle rêve que tous les enfants du Soudan qui ont été contraints de quitter l'école puissent un jour retourner en classe, tout comme elle.

« Je veux que toutes les filles retournent à l'école », souligne-t-elle. « Avant la guerre, le Soudan était un pays extraordinaire. Nous pouvons aider à le reconstruire et en faire un modèle. J'espère que le Soudan connaîtra la paix et sera encore meilleur qu'avant. »