À l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation, l'ONU plaide en faveur de systèmes alimentaires locaux renforcés et inclusifs pour les déplacés et les communautés d'accueil

Des agriculteurs réfugiés et de la communauté d'accueil trient du maïs dans le camp de réfugiés de Makpandu au Soudan du Sud, en janvier 2021.

Des agriculteurs réfugiés et de la communauté d'accueil trient du maïs dans le camp de réfugiés de Makpandu au Soudan du Sud, en janvier 2021.   © HCR/Andreea Campeanu

Genève - Des investissements plus conséquents dans les systèmes alimentaires locaux sont essentiels pour garantir sécurité alimentaire et nutrition durables pour les personnes déracinées et les communautés d'accueil, soulignent trois agences des Nations Unies, à l'approche de la Journée mondiale de l'alimentation, le 16 octobre.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) rappellent que les personnes les plus vulnérables, notamment les réfugiés, sont les plus durement touchés par l'insécurité alimentaire, qui continue d'être alimentée à l'échelle mondiale par les conflits, les déplacements, les chocs économiques, les crises climatiques et la pandémie de Covid-19.

« Les conflits et les perturbations climatiques détruisent des vies, des cultures et des moyens de subsistance, et sapent la capacité des populations à se nourrir », indique Annalisa Conte, directrice du Bureau du PAM à Genève. « Tragiquement, la crise climatique est appelée à être le catalyseur de nouveaux conflits liés à la compétition pour l’exploitation des ressources. Ce que nous voyons maintenant n'est que le début. »

Plus de 11 millions de réfugiés reçoivent actuellement une aide humanitaire pour répondre à leurs besoins alimentaires et nutritionnels. Cependant, en raison du manque des financements, l'aide est insuffisante dans de nombreux endroits, ce qui alimente les risques de malnutrition et de défaillances en matière de protection.

« La sécurité alimentaire et la nutrition des populations déplacées de force, en particulier des réfugiés, sont une préoccupation urgente », souligne Sajjad Malik, directeur au HCR de la Division de la résilience et des solutions. « Nous devons tous veiller à ce que les besoins humanitaires soient satisfaits tout en soutenant les gouvernements afin de construire des systèmes alimentaires inclusifs et sains. »

Lors d'une table ronde organisée pour célébrer la Journée mondiale de l'alimentation, les trois agences ont souligné comment l'inclusion des personnes déracinées dans les systèmes alimentaires locaux pouvait contribuer à une plus grande sécurité alimentaire et à la prospérité socio-économique des communautés.

« Dans des contextes caractérisés par une forte incidence des conflits et des déplacements forcés, il est extrêmement important que les efforts visant à renforcer les systèmes alimentaires locaux prennent en compte les plus vulnérables, notamment les réfugiés, les personnes déplacées internes et celles rapatriées », explique Felix Baumann, Chef de la Division multilatérale au sein de la Mission permanente de la Suisse auprès des Nations Unies.

« Les États-Unis restent déterminés à renforcer les capacités et la résilience de tous les participants aux systèmes et chaînes d'approvisionnement alimentaires et agricoles, en accordant une attention particulière aux communautés vulnérables et mal desservies », a déclaré Ben Moeling, chargé d'affaires par intérim de la Mission des États-Unis auprès des Nations Unies et d'autres organisations internationales à Genève.

La rencontre a permis de mettre en lumière les efforts entrepris en République démocratique du Congo, au Mozambique, au Soudan du Sud et en Ouganda. S'exprimant par vidéoconférence depuis un camp de réfugiés dans l'ouest du Soudan du Sud, Tubi Anibati Félicitée, une réfugiée originaire de la RDC, a expliqué comment elle cultive des produits alimentaires pour la consommation et la vente dans le cadre d'une initiative conjointe mise en œuvre par le PAM, la FAO, le HCR, une entreprise du secteur privé, des ONG et le gouvernement du Soudan du Sud. Dans le cadre de ces efforts de collaboration, les réfugiés, comme Félicitée, reçoivent un soutien pour augmenter la production, réduire le gaspillage alimentaire et accéder à des marchés viables.

« Des systèmes alimentaires résilients, efficaces et durables ne sont vraiment possibles dans les contextes de déplacements forcés que lorsque les populations, en particulier les femmes, les filles et les jeunes, sont activement engagées », a expliqué Rein Paulsen, directeur du Bureau des urgences et de la résilience de la FAO. « Lorsque nous créons ensemble des systèmes alimentaires inclusifs, nous pouvons ouvrir la porte à des solutions durables, où tout le monde est gagnant. Nous avons besoin d'une action collective maintenant pour intensifier ces efforts. »

Dans le cadre des célébrations de la Journée mondiale de l'alimentation cette année, l'ONU a soutenu la distribution de 300 boîtes à repas à des personnes vulnérables à Genève, notamment à des réfugiés. Ces boîtes à repas ont été préparées par CuisineLab, une entreprise sociale dirigée par des chefs réfugiés. La distribution a été assurée par la Fondation caritative Mater Fondazione.

En outre, la FAO a organisé une série d'activités les 15 et 16 octobre à Genève, dont une exposition sur la Journée mondiale de l'alimentation à la gare Cornavin de Genève. Ladite exposition a été organisée en partenariat avec l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG), la Fondation Partage, la banque alimentaire de Genève et la Ville de Genève. Symbole de Genève, le Jet d'Eau sur le lac Léman sera illuminé en bleu dans la soirée du samedi 16 octobre pour marquer la journée.

La Journée mondiale de l'alimentation marque la création de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui a vu le jour le 16 octobre 1945 à Québec, au Canada. Depuis sa création en 1979, cette journée a été célébrée par des millions de personnes dans presque tous les pays du monde.

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies est la plus grande organisation humanitaire au monde. Il s’attelle à sauver des vies dans les situations d'urgence, construit la prospérité et soutient un avenir durable pour les personnes qui se remettent de situations de conflit, de catastrophes et de l'impact du changement climatique.

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, protège les personnes contraintes de fuir leur foyer en raison des conflits et de la persécution. Nous travaillons dans plus de 130 pays, pour assurer la protection de millions de personnes en leur apportant un soutien vital, en protégeant les droits humains fondamentaux et en les aidant à construire un avenir meilleur.

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est l’agence spécialisée des Nations Unies qui mène les efforts internationaux vers l’élimination de la faim. L’Objectif de la FAO est d’atteindre la sécurité alimentaire pour tous et d’assurer un accès régulier et suffisant à une nourriture de bonne qualité permettant à tous de mener une vie saine et active. Avec plus de 194 pays membres, la FAO travaille dans plus de 130 pays à travers le monde. Nous croyons que nous avons tous un rôle à jouer dans l’éradication de la faim. 

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