Le chef du HCR fait l'éloge des travailleurs humanitaires aux prises avec des crises multiples

À l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire, Filippo Grandi rend hommage à « l'engagement profond » à un rôle devenu « sensiblement plus difficile » du fait de la pandémie de Covid-19.

Yumiko Takashima, cheffe du bureau du HCR à Alep, rencontre des enfants dans le village de Kurayhah à l'école, le 23 juillet 2019.

Yumiko Takashima, cheffe du bureau du HCR à Alep, rencontre des enfants dans le village de Kurayhah à l'école, le 23 juillet 2019.   © HCR/Antwan Chnkdji

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a salué aujourd'hui « l’engagement profond » affiché par les travailleurs humanitaires durant une année où la pandémie de Covid-19 a coûté la vie à cinq collègues et a rendu « sensiblement plus difficile ... le soutien aux personnes dans le besoin. »

Dans un message adressé au personnel à l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire, Filippo Grandi a exhorté toutes les équipes du HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, à se souvenir de leurs collègues disparus dans cette pandémie et à honorer la mémoire des travailleurs humanitaires du monde entier qui sont morts en servant les autres.

« Aujourd'hui, nous marquons une pause pour nous rappeler de tous ces collègues du HCR et des travailleurs humanitaires qui ont perdu la vie au cours de leur engagement humanitaire », a déclaré Filippo Grandi. « Nous saluons également le courage de nos collègues qui continuent de servir à travers le monde dans des conditions difficiles et souvent dépourvues de sécurité. »

Filippo Grandi a évoqué l'attaque « barbare » qui s’est produite dans l'ouest du Niger il y a tout juste deux semaines, durant laquelle un groupe d'hommes a abattu sept travailleurs humanitaires d'ACTED et d'IMPACT, des organisations avec lesquelles le HCR travaille en étroite collaboration, lors d'une visite de la réserve naturelle de Kouré. Le guide nigérien du groupe a également été tué.

Filippo Grandi a adressé son message au personnel depuis le Liban où il s’est rendu pour une visite de quatre jours afin de soutenir et écouter le désarroi de toutes les personnes touchées par les explosions dévastatrices d'il y a deux semaines qui ont fait plus de 180 victimes (dont au moins 14 réfugiés), blessé plus de 6500 personnes et déplacé quelque 300 000 personnes de leurs foyers. De nombreuses personnes sont toujours portées disparues.

Les travailleurs de l'aide humanitaire doivent faire face à des conditions de plus en plus périlleuses. En 2019, 125 travailleurs humanitaires ont été tués, 234 blessés et 124 kidnappés, selon la Base de données sur la sécurité des travailleurs humanitaires. Comme en 2018, les attaques les plus sérieuses ont principalement eu lieu en Syrie, suivie par le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo, l'Afghanistan et la République centrafricaine. Toutefois, la violence ne cesse de s'étendre. Au Yémen comme au Mali, les attaques contre les travailleurs humanitaires ont doublé l'année dernière.

Durant l'année écoulée, aucun collègue du HCR n'a perdu la vie dans des « actes malveillants ou des incidents de sécurité », a déclaré Filippo Grandi. Cependant, un collègue sur six était affecté dans des zones « à haut risque » pour travailler dans des villes grandes et moyennes ainsi que des villages en proie à la violence, à la guerre, aux aléas climatiques ou aux trois.

« Je souhaite leur rendre hommage, de même qu'au personnel de sécurité du HCR sur le terrain dont l'expertise et l'engagement sont essentiels pour la gestion des risques et permettent à nos équipes de rester en poste afin d’apporter une protection et une assistance vitales », a ajouté Filippo Grandi.

L'Assemblée générale des Nations Unies a institué la Journée mondiale de l’aide humanitaire en 2008 en l’honneur des 22 travailleurs humanitaires qui avaient péri en 2003 dans l'attentat à la bombe contre l'Hôtel Canal de Bagdad qui avait servi de siège aux Nations Unies en Irak. Sergio Vieira de Mello, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l'Irak, a perdu la vie dans l'explosion.

La Haut Commissaire adjointe du HCR, Kelly Clements, a déposé ce matin une gerbe au mémorial du personnel en hommage aux travailleurs du HCR qui ont péri au service d’autrui.

Cette année, la campagne des Nations Unies pour la Journée mondiale de l’aide humanitaire rend un hommage particulier aux personnes qui apportent un « soutien vital » aux personnes touchées par la pandémie de Covid-19.

Les équipes du HCR fournissent des services de santé, d'assainissement et d'hygiène aux réfugiés et autres personnes relevant de son mandat dans le monde entier, et travaillent aux côtés des gouvernements pour s'assurer que les pays incluent les réfugiés dans leurs plans de prévention et de lutte contre la pandémie de Covid-19. Les réfugiés ont joué un rôle déterminant dans l’action menée pour freiner la propagation du virus. Nombre d'entre eux travaillent en première ligne comme agents de santé. D'autres confectionnent des masques, fabriquent du savon, livrent de la nourriture et des fournitures aux personnes âgées ou partagent des informations sur les mesures de prévention avec leurs communautés locales.

La pandémie vient exacerber des situations déjà difficiles pour de nombreux collègues du HCR dans le monde qui travaillent loin de leur famille et de leurs amis, a déclaré Filippo Grandi. Les restrictions de voyage rendent difficile, voire impossible pour beaucoup de retrouver leurs proches, de récupérer après des missions éprouvantes ou même d'obtenir des soins de santé de qualité.

« Les mois à venir apporteront sans aucun doute de nouveaux moments difficiles à mesure que la pandémie s’étend. Je suis néanmoins convaincu que nous continuerons de faire appel à l'esprit de résilience, de souplesse et d'engagement qui a façonné l'identité du HCR tout au long de son histoire afin de faire face aux défis à venir, comme par le passé. »