Le HCR appelle à l'inclusion universelle des réfugiés, des apatrides et des personnes à risque d'apatridie dans les systèmes nationaux d'identification numérique de base lors d'ID4Africa 2026
Le HCR appelle à l'inclusion universelle des réfugiés, des apatrides et des personnes à risque d'apatridie dans les systèmes nationaux d'identification numérique de base lors d'ID4Africa 2026
ABIDJAN, Côte d'Ivoire, 18 mai 2026 – Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a organisé, en partenariat avec la Banque mondiale, une session de haut niveau lors de l'Assemblée générale annuelle d'ID4Africa 2026 à Abidjan, réunissant des représentants gouvernementaux, des acteurs de la société civile et des experts en identité afin de faire progresser l'inclusion des réfugiés et des apatrides dans les systèmes nationaux d'identification numérique de base pilotés par les gouvernements à travers l'Afrique.
La session, intitulée « Identité pour les réfugiés et les apatrides », a examiné comment les systèmes nationaux d'identité numérique peuvent étendre de manière responsable et soutenable des titres d'identité fiables aux réfugiés, aux apatrides et aux personnes à risque d'apatridie qui résident habituellement dans le pays. S'appuyant sur les expériences du Tchad, de la Côte d'Ivoire, du Kenya, du Mali, de la Namibie et de l'Ouganda, les participants ont exploré les garanties juridiques, institutionnelles et opérationnelles permettant de rendre les systèmes nationaux d'identification de base inclusifs dès leur conception.
« L'universalité est le véritable test de tout écosystème public numérique », a déclaré Patrick Eba, Directeur adjoint de la Division de la protection internationale et des solutions du HCR, qui a prononcé l'allocution d'ouverture. « Si un système ne peut pas reconnaître l'ensemble des résidents habituels sur le territoire, il ne peut pas pleinement servir tout le monde. Et s'il ne peut pas servir tout le monde, il ne peut pas être pleinement digne de confiance. L'universalité n'est pas une fonctionnalité à ajouter ultérieurement : c'est le fondement de l'intégrité du système. »
L'événement a compris deux panels d'experts. Le premier s'est concentré sur les systèmes d'identité sensibles à l'apatridie, mettant en lumière la loi namibienne de 2024 sur l'enregistrement des faits d'état civil et l'identification, qui a introduit une voie juridique permettant d'identifier les enfants nés sur le territoire dont la nationalité est inconnue et de les orienter vers les autorités compétentes dans un délai de six mois. L'expérience de la Côte d'Ivoire avec l'ONECI, son autorité nationale d'enregistrement des faits d'état civil et d'identification, a illustré comment un système inclusif peut constituer un mécanisme essentiel d'identification, de prévention et de réduction de l'apatridie Une contribution de l’organisation de la société civile kenyane Haki Na Sharia, a souligné le rôle essentiel des services d'aide juridique et du contentieux d'intérêt public pour faciliter l'accès à des titres d'identité juridique fiables pour les communautés à risque, notamment les Kényans d'origine somalienne confrontés à des obstacles pour établir leur nationalité.
Le second panel a examiné l'inclusion des réfugiés dans les systèmes nationaux d'identification de base en tant que levier d'inclusion durable, d'autonomisation et d'accès aux solutions durables. Le modèle du Tchad, où l'autorité nationale d'état civil et d'identification ANATS délivre des titres d'identité sécurisés aux réfugiés au même titre que les nationaux, avec un identifiant unique national, a été présenté comme un exemple reproductible d'approche institutionnelle favorisant la durabilité. L'Ouganda et le Mali ont partagé leur perspective sur la conception juridique et institutionnelle, abordant les questions d'interopérabilité, de protection des données et de transition hors des systèmes parallèles d'enregistrement humanitaire.
« Nous devons assurer l’inclusion précoce des réfugiés et des personnes à risque d’apatridie dans les systèmes d’identification fondamentaux pilotés par les gouvernements, tout en mettant en place de solides garanties juridiques, de gouvernance et de protection des données afin de renforcer la confiance et de prévenir les discriminations », a déclaré Patrick Eba. « Il est tout aussi essentiel d’intégrer systématiquement des mécanismes de référencement au sein des systèmes d’état civil et d’identification afin d’aider à identifier, prévenir et réduire l’apatridie », a-t-il conclu.
À l'échelle mondiale, environ 4,4 millions de personnes sont recensées comme apatrides ou de nationalité indéterminée, bien que le chiffre réel soit considéré comme nettement plus élevé. Des millions de réfugiés n'ont pas accès à des titres d'identité fiables délivrés par les autorités nationales d'identification, ce qui limite leur capacité à accéder aux services nationaux, à acquérir leur autonomie et à accéder à des solutions durables. L'inclusion dans les systèmes nationaux d'identification numérique de base est au cœur de l'agenda plus large du HCR visant à réduire la dépendance à long terme à l'assistance humanitaire.
L'Assemblée générale annuelle d'ID4Africa, qui s'est tenue à Abidjan du 12 au 15 mai 2026, est le principal forum du continent consacré à l'identité numérique et au rôle des systèmes d'identification dans la gouvernance et le développement.
Pour plus d'informations, veuillez contacter :
- À Genève, Bénédicte de Voos, [email protected]
- A Nairobi, Christine Nkirote Gituma, [email protected]
- À Dakar, Oukoum Nadjombe Gbatti, [email protected] et Charlotte Maquin, [email protected]