Les déplacements forcés en Afrique de l’Ouest et du Centre demeurent élevés malgré l’augmentation des retours, le HCR appelle à davantage d’investissements en faveur des solutions
Les déplacements forcés en Afrique de l’Ouest et du Centre demeurent élevés malgré l’augmentation des retours, le HCR appelle à davantage d’investissements en faveur des solutions
Avec le soutien du HCR, des réfugiées comme Vicky Apuku, veuve et mère de cinq enfants, peuvent gagner un revenu, subvenir aux besoins de leur famille et renforcer leur autonomie.
DAKAR, 11 juin 2026 – Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, appelle à un renforcement des investissements internationaux en faveur des solutions pour les réfugiés en Afrique de l’Ouest et du Centre, notamment à travers le soutien au retour volontaire, à la réintégration et à l’inclusion socio-économique, afin de permettre aux personnes déplacées de sortir de l’assistance à l’aide humanitaire à long terme. Malgré l’augmentation des retours de réfugiés et de personnes déplacées internes (PDI) dans la région, les déplacements forcés demeurent à des niveaux élevés, avec près de 20 millions de personnes déplacées de force ou apatrides en avril 2026, selon le dernier rapport régional du HCR sur les tendances des déplacements en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Bien que le nombre global de personnes déplacées ait diminué de 12 % par rapport à la fin de l’année 2024, cette baisse est principalement attribuable aux retours et ne reflète pas un recul durable des facteurs de déplacement. Les déplacements internes continuent de représenter la majorité des déplacements dans la région, avec plus de 14 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays.
Le nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile a quant à lui atteint 3,9 millions de personnes, soit une augmentation de 23 % sur un an. Plus de la moitié vivent dans des situations de déplacement prolongé, exerçant une pression croissante sur des communautés d’accueil et des systèmes nationaux déjà fortement sollicités. Plus de 2,2 millions de réfugiés vivent dans des situations prolongées, représentant 58 % de la population réfugiée, dont un tiers est en exil depuis plus de dix ans.
Les femmes et les enfants continuent de supporter le poids le plus lourd des déplacements, représentant 80 % des réfugiés et demandeurs d’asile. Près de 751 000 réfugiés et demandeurs d’asile présentent des besoins spécifiques de protection, notamment des enfants à risque, des femmes à risque et des personnes en situation de handicap. Par ailleurs, un million de personnes demeurent apatrides ou à risque d’apatridie, ce qui aggrave davantage leur vulnérabilité et limite leur accès aux droits et aux services essentiels.
Les mouvements mixtes vers l’Europe se poursuivent également malgré une baisse globale des arrivées. Les Maliens figurent parmi les principales nationalités demandant l’asile dans l’Union européenne, avec environ 1 900 demandes par mois, soit une hausse de 25 % par rapport à la même période en 2025, et un taux de reconnaissance avoisinant les 88 %.
Tout au long des routes migratoires, les réfugiés sont confrontés à la violence, à la traite d’êtres humains, à l’exploitation, à la détention ainsi qu’à un accès limité aux procédures d’asile et aux services essentiels. En l’absence de voies légales, de systèmes de protection efficaces et de perspectives économiques, beaucoup continuent d’entreprendre des voyages dangereux à la recherche de sécurité et de stabilité.
Renforcer les voies d’accès aux solutions durables
Pour répondre à ces défis, le HCR et ses partenaires continueront de soutenir les efforts menés par les gouvernements pour élargir les voies d’accès aux solutions durables.
« Pour sortir des cycles répétés de déplacement et d’assistance, nous devons investir dans les solutions dès le départ », a déclaré Abdouraouf Gnon-Kondé, Directeur du Bureau régional du HCR pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. « Les gouvernements de la région font preuve de leadership en favorisant l’inclusion et en créant des opportunités pour les réfugiés. Avec un soutien durable des partenaires humanitaires et de développement, nous pouvons aider les réfugiés à devenir autonomes, à contribuer aux économies locales et à trouver des solutions durables. »
Des progrès encourageants sont enregistrés dans plusieurs pays de la région. Au cours des quatre premiers mois de 2026 seulement, 43 700 réfugiés sont retournés volontairement dans leur pays d’origine, un chiffre proche des quelque 50 000 retours enregistrés sur l’ensemble de l’année 2025.
Les gouvernements ont également signalé plus de 3,2 millions de retours de personnes déplacées internes en 2025, ainsi que 389 000 retours supplémentaires au cours des quatre premiers mois de 2026, principalement en République centrafricaine, en République démocratique du Congo (RDC) et au Mali.
Si l’augmentation des retours témoigne d’une amélioration des conditions dans certaines zones, l’insécurité persistante, la faiblesse des services de base et les risques de protection continuent de limiter les perspectives d’une réintégration sûre, durable et à grande échelle. Des investissements soutenus dans les moyens de subsistance, les infrastructures, la gouvernance, la cohésion sociale et les services essentiels demeurent indispensables pour garantir que les retours soient volontaires, sûrs, dignes et durables.
Plusieurs pays de la région développent également des voies concrètes vers l’inclusion des réfugiés grâce à leur accès aux systèmes et services nationaux. Le Cameroun, le Tchad, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Niger, le Nigéria et la RDC élargissent l’accès des réfugiés aux registres sociaux, aux systèmes nationaux d’identification, à l’éducation, aux services de santé et à un statut juridique, démontrant ainsi comment les systèmes nationaux peuvent contribuer à réduire la dépendance prolongée à l’aide humanitaire.
Cependant, les pressions liées aux déplacements demeurent élevées et de plus en plus complexes, alimentées par les conflits et les crises persistants au Sahel, au Soudan, dans le bassin du lac Tchad et en RDC. Ces situations continuent d’exercer une forte pression sur les pays d’accueil, dont beaucoup font déjà face à d’importants défis économiques et sécuritaires. Sans un soutien accru, des millions de réfugiés risquent de rester piégés dans des cycles d’assistance, tandis que les communautés d’accueil subissent une pression croissante sur des ressources déjà limitées.
Le HCR appelle la communauté internationale et les partenaires de développement à renforcer leur soutien aux pays d’accueil et à accroître les investissements dans des systèmes nationaux inclusifs, les opportunités économiques, les services de base et les infrastructures dans les zones accueillant des réfugiés. Un financement durable et prévisible est indispensable pour transformer l’assistance humanitaire de court terme en solutions durables à long terme.
Lire le Rapport régional complet ici.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
- À Dakar, Fidelia Bohissou, [email protected], +221 77 569 91 60