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Amour et résilience : le parcours d’Amouna et Hemyir en République centrafricaine

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Amour et résilience : le parcours d’Amouna et Hemyir en République centrafricaine

13 Février 2026 Egalement disponible ici :
Mastercard Foundation awards scholarships to Sudanese students in Central African Republic

Amouna et Hemyir, un couple d’étudiants réfugiés soudanais en République centrafricaine, reconstruisent leur avenir grâce à l’enseignement supérieur, avec le soutien de la Fondation Mastercard.

En République centrafricaine (RCA), une histoire d’amour a pris racine dans le sillage du conflit et du déplacement. Amouna, 31 ans, et Hemyir, 30 ans, un jeune couple marié originaire du Soudan, ont affronté de grandes pertes et l’incertitude pour construire ensemble un avenir fondé sur l’éducation, le service aux autres et le soutien mutuel.


Leur parcours a été rendu possible grâce au programme de bourses Albert Einstein German Academic Refugee Initiative (DAFI), soutenu par un partenariat transformateur entre le HCR et la Fondation Mastercard.

Du Soudan à la sécurité

Amouna étudiait à l’Université d’Al-Noetain à Khartoum lorsque la guerre a éclaté. Se remémorant ce moment, elle confie : « J’étais étudiante au Soudan. Quand la guerre a commencé, nous avons fui et trouvé refuge à Birao, en République centrafricaine. » Le conflit a eu un coût personnel dévastateur. « Nous avons perdu beaucoup de proches : mon père, mes frères, notre maison… même mes oncles. Deux de mes frères ont été blessés dans les attaques », explique-t-elle. Après avoir reçu des soins à Birao, Amouna s’est installée à Bangui, le cœur en deuil mais déterminée à poursuivre ses études.

Le parcours de Hemyir a commencé à Nyala, au Darfour. À mesure que la violence s’intensifiait, il raconte : « J’ai fui vers Amdafock, une ville proche de la frontière entre le Soudan et la République centrafricaine. Après trois mois, j’ai rejoint ma famille, puis nous sommes venus à Birao. »

À Birao, il a activement cherché un moyen de reprendre ses études : « Je cherchais une bourse et j’en ai trouvé une. J’ai alors postulé. » Son objectif était clair : « Je suis venu ici pour apprendre le français, puis continuer à l’université. J’espère étudier les technologies de l’information. »

Réunis grâce au bénévolat

Amouna et Hemyir se sont rencontrés par hasard sur la route alors qu’ils fuyaient le conflit au Soudan. Séparés dans le chaos, ils ont finalement trouvé refuge en République centrafricaine, sans savoir que leurs chemins se croiseraient à nouveau.

À Birao, ils se sont retrouvés en faisant du bénévolat ensemble à la clinique de l’IMC, où ils soignaient des patients et soutenaient la communauté réfugiée. Ce qui avait commencé comme un engagement commun est devenu peu à peu un partenariat fondé sur la résilience, la compassion et un objectif partagé : étudier et bâtir leur avenir ensemble.

Tous deux ont ensuite été sélectionnés comme boursiers DAFI et ont quitté Korsi, un quartier de réfugiés à Birao, pour rejoindre Bangui en mars 2025. Peu après leur arrivée, Amouna et Hemyir se sont mariés, entourés de l’amour et du soutien de leur famille et de leur communauté.

Un nouveau départ à Bangui

Amouna et Hemyir font partie des 30 étudiants réfugiés constituant la toute première cohorte de boursiers DAFI en République centrafricaine. Ces étudiants sont inscrits dans un programme intensif de passerelle linguistique en français, lancé en mars 2025 grâce au partenariat entre le HCR et la Fondation Mastercard. Cette initiative pilote soutient les étudiants réfugiés dans leur préparation à l’intégration dans le système universitaire national et à la reprise de leurs études.

« C’est un programme exigeant », explique Hemyir, « mais nous sommes déterminés à réussir. »

S’installer à Bangui a représenté de nouveaux défis, notamment linguistiques et culturels. « La vie ici est très différente du Soudan ; les gens, la culture, tout est différent », confie Amouna. « Nous parlions arabe et quelques dialectes. Ici, les gens parlent sango et français, et seulement un peu d’arabe. Cela a été le premier grand changement. Grâce à Dieu, nous avons réussi à nous adapter. »

Des rêves pour un avenir meilleur

L’éducation est devenue centrale dans la vision qu’Amouna et Hemyir ont de leur avenir commun. Amouna espère faire carrière dans la télévision et les médias, en racontant des histoires pour promouvoir l’éducation. « Au Soudan, je rêvais de devenir réalisatrice, actrice ou journaliste. Même ici en RCA, j’espère poursuivre cette voie. Je ne me limite pas dans ce que je peux étudier, mais je souhaite continuer dans le domaine que j’avais choisi. » Elle ajoute : « L’éducation est essentielle. Nous voulons un meilleur avenir pour notre famille. »

Pour Hemyir, l’éducation est également une manière de redonner. Il aspire à devenir professeur d’université afin de transmettre le savoir et accompagner d’autres jeunes dans leur apprentissage. « Nous voulons construire une vie ensemble, apprendre auprès des meilleurs professeurs et transmettre à notre tour. »

Mastercard Foundation awards scholarships to Sudanese students in Central African Republic

Grâce au soutien de la Fondation Mastercard, Amouna poursuit ses études universitaires.

Un avenir construit à deux

Leur histoire est celle d’une reconstruction tournée vers l’avenir. Amouna est fière d’être la première femme de sa famille à fréquenter l’université. Hemyir rêve depuis longtemps d’enseigner à l’université. Ensemble, ils concilient études et petites activités génératrices de revenus, tout en bâtissant une vie indépendante à Bangui.

Grâce à la bourse DAFI et au partenariat entre le HCR et la Fondation Mastercard, Amouna et Hemyir ouvrent la voie à un avenir façonné par l’éducation, l’engagement et un objectif partagé.

Contexte et ampleur

Au 31 décembre 2025, la République centrafricaine accueille plus de 63 000 réfugiés et demandeurs d’asile. Plus de 70 % ont fui le conflit au Soudan, aux côtés de réfugiés originaires de la République démocratique du Congo, du Tchad et du Soudan du Sud. Depuis avril 2023, le pays a enregistré un afflux important de réfugiés soudanais, dont beaucoup cherchent sécurité, stabilité, ainsi qu’un accès à l’éducation et à des moyens de subsistance..