Flambée d'Ebola dans l'est de la RDC : vive inquiétude pour les personnes déplacées et l'aide humanitaire
Flambée d'Ebola dans l'est de la RDC : vive inquiétude pour les personnes déplacées et l'aide humanitaire
Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, suit de près la flambée d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et s'inquiète de ses répercussions sur les opérations d'aide humanitaire.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé que des cas d'Ebola liés au virus Bundibugyo ont été identifiés, en plus de cas suspects et de décès signalés dans plusieurs zones des provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu. Cette épidémie survient dans des régions densément peuplées et extrêmement vulnérables, qui sont confrontées depuis des années aux conflits, aux déplacements de population et à un accès limité aux soins de santé.
Des capacités de santé affaiblies face à l'urgence
Les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu abritent plus de deux millions de personnes déplacées internes (PDI) et de retournés. Dans ces zones, les besoins humanitaires sont déjà considérables et l'accès aux services de base reste sévèrement restreint.
Le HCR est particulièrement préoccupé par le fait que les capacités du système de santé dans ces provinces ont été considérablement affaiblies, notamment lors des conflits de l'année dernière. Par conséquent, les communautés déplacées disposent d'un accès nettement plus réduit aux soins médicaux, à la surveillance des maladies, aux capacités d'isolement et aux systèmes d'orientation, et ce, au moment précis où un dépistage rapide et une réponse immédiate sont cruciaux.
Une menace directe pour les réfugiés et les déplacés
Cette flambée épidémique suscite également de graves inquiétudes pour les réfugiés qui séjournent dans les provinces touchées :
En Ituri, environ 11 000 réfugiés sud-soudanais ont besoin d'une aide préventive.
À Goma, plus de 2 000 réfugiés rwandais et burundais vivant en milieu urbain ont besoin d'un soutien pour des mesures de prévention, notamment en savon et en gel hydroalcoolique.
Les activités d'information communautaire et les campagnes de sensibilisation aux risques sont actuellement renforcées. L'objectif est de garantir que les réfugiés, les personnes déplacées internes, les retournés et les communautés d'accueil aient accès à des informations fiables concernant les mesures préventives et le dépistage précoce.
Impact sur la mobilité en raison des fermetures de frontières
Au Nord-Kivu, le HCR suit de près la fermeture des points de passage frontaliers entre Goma et Gisenyi, ainsi qu'entre Goma et Bukavu. Nous évaluons actuellement l'impact de ces mesures sur la circulation transfrontalière, les retours volontaires et l'accès humanitaire, tout en renforçant les protocoles de prévention au sein du centre d'accueil de Goma.
Le HCR, en collaboration avec ses partenaires, travaille main dans la main avec les autorités sanitaires afin d'intensifier les efforts d'information et de prévention au sein des communautés au cours des prochains jours.