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COP31 : près de 90 millions de personnes déplacées sont exposées à de graves risques climatiques, alerte le HCR

Communiqués de presse

COP31 : près de 90 millions de personnes déplacées sont exposées à de graves risques climatiques, alerte le HCR

5 novembre 2026 Egalement disponible ici :
Soudan du Sud : de graves inondations aggravent le sort de milliers de personnes déplacées par le conflit

Une femme avance dans les eaux de crue près de la ville de Bor, dans l’État de Jonglei, au Soudan du Sud, en septembre 2025.

GENÈVE – Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, appelle à une action urgente pour protéger des millions de réfugiés et d’autres personnes déplacées de force, toujours plus exposés aux effets dévastateurs du changement climatique. À l’approche de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP31), à Antalya, en Türkiye, le HCR prévient que les financements climatiques ne parviennent pas à de nombreuses communautés parmi les plus menacées.

Selon le dernier rapport du HCR (en anglais), près de 90 millions de personnes déplacées de force – trois sur quatre dans le monde – vivent dans des pays où l’exposition aux aléas climatiques, comme les sécheresses sévères, les inondations meurtrières et les chaleurs extrêmes, est élevée à extrême. Beaucoup avaient déjà fui les conflits, la violence et les persécutions, pour se retrouver confrontées à une nouvelle crise, dans des lieux où les ressources et les possibilités d’adaptation sont très limitées.

Au cœur du rapport figurent les voix de huit représentants de communautés déplacées parmi les plus touchées par la crise climatique, qui donnent un visage humain à l’impact du changement climatique sur les déplacements. Ils mettent en lumière la résilience et les solutions des communautés déplacées, ainsi que l’importance d’intégrer leurs voix dans les décisions climatiques qui façonnent leur avenir.

« Les réfugiés subissent une double injustice. Contraints de fuir des conflits dont ils ne sont pas responsables, ils se trouvent aujourd’hui en première ligne d’une crise climatique à laquelle ils ont le moins contribué, a déclaré Antón Leis García, Haut Commissaire assistant du HCR chargé des opérations. Pour des millions de personnes, le changement climatique n’est pas une menace lointaine. Il détruit des abris, fragilise les moyens de subsistance et compromet leur espoir de reconstruire leur vie. Nous ne pouvons pas laisser de côté, dans l’action climatique mondiale, celles et ceux qui ont déjà tant perdu. »

Le changement climatique menace aussi de plus en plus la perspective de solutions durables pour les personnes déplacées. Plus de deux tiers des réfugiés rentrés chez eux au cours du premier semestre de 2026 sont retournés dans des pays très vulnérables aux aléas climatiques, ce qui soulève des inquiétudes quant à la pérennité de ces retours. En Syrie, où près de 4 millions de personnes déplacées sont récemment rentrées, la baisse des nappes phréatiques et de graves chocs climatiques compromettent le relèvement. En mai 2026, des inondations le long de l’Euphrate ont endommagé des habitations et déplacé à nouveau des milliers de personnes.

La chaleur extrême est une autre menace grandissante. D’ici à 2050, un site de réfugiés sur trois en Afrique subsaharienne pourrait connaître au moins 100 jours de chaleur dangereuse par an. Plus de la moitié des sites évalués pourraient subir au moins 50 jours supplémentaires de chaleur dangereuse par an. Dans certains sites d’Éthiopie, dont celui d’Helaweyn, la chaleur dangereuse pourrait persister plus de 200 jours par an, faisant peser des risques croissants sur la santé des personnes déplacées, leurs moyens de subsistance et leur capacité à demeurer là où elles ont cherché refuge.

Dans le même temps, les catastrophes liées aux conditions météorologiques ont provoqué plus de 255 millions de déplacements internes dans le monde au cours de la dernière décennie, soit quelque 70 000 par jour. En Afrique de l’Est, les prévisions indiquent que de graves inondations associées à un épisode El Niño très marqué pourraient déplacer jusqu’à 3 millions de personnes en Somalie, au Kenya, au Soudan du Sud et en Ouganda d’ici à la fin de 2026, selon la gravité des crues. La région a déjà connu des inondations dévastatrices, avec plus de 2 millions de personnes déplacées en 2023, dont des familles contraintes de fuir à plusieurs reprises.

Le changement climatique accroît aussi le risque d’apatridie : près de 90 % des 4,7 millions d’apatrides recensés dans le monde vivent dans des pays où l’exposition aux aléas climatiques est élevée à extrême. Faute de reconnaissance juridique, beaucoup peinent à accéder aux secours d’urgence et à l’aide à l’adaptation, ce qui les rend particulièrement vulnérables.

Malgré ces risques, les financements climatiques ne parviennent toujours pas à celles et ceux qui en ont le plus besoin. Les pays fragiles et touchés par des conflits ne reçoivent qu’environ 10 % des financements climatiques mondiaux, alors même que beaucoup accueillent d’importantes populations de réfugiés et de personnes déplacées et subissent de graves effets du changement climatique. Investir davantage dans l’adaptation au changement climatique, y compris dans les zones de retour, est également essentiel pour soutenir la réintégration et créer les conditions de retours sûrs, volontaires et durables.

« L’adaptation au changement climatique dans les zones fragiles et touchées par les déplacements est une question de survie, a déclaré Antón Leis García. Les financements climatiques doivent parvenir aux communautés dont les besoins sont les plus grands. Investir aujourd’hui dans la résilience, les moyens de subsistance et les solutions durables peut contribuer à prévenir de nouveaux déplacements demain. Les réfugiés et les communautés qui les accueillent doivent être pleinement associés à ces investissements, et non considérés après coup. »

Les réfugiés et les communautés d’accueil sont déjà à l’origine de réponses innovantes face aux défis climatiques, comme des systèmes d’approvisionnement en eau alimentés par l’énergie solaire au Sahel, une agriculture résiliente face au climat en Ouganda ou la restauration des terres et des mangroves en Colombie. Le HCR travaille avec les gouvernements, les partenaires du développement et le secteur privé pour soutenir et développer ces initiatives, aidant les communautés à s’adapter tout en renforçant leur autonomie.

À la COP31, le HCR appellera les gouvernements et les institutions de financement climatique à inclure les réfugiés et les personnes déplacées dans les plans climatiques nationaux et les mécanismes de financement, et à orienter davantage d’investissements d’adaptation à long terme vers les zones fragiles et touchées par les déplacements. Il les exhortera aussi à dépasser l’aide humanitaire de court terme au profit de solutions plus durables et portées localement.

Alors que la Türkiye, l’un des plus grands pays d’accueil de réfugiés au monde, accueille la COP31, la conférence offre une occasion importante d’inscrire pleinement la question des déplacements et les besoins des communautés d’accueil dans l’action climatique mondiale.

« Les réfugiés sont en première ligne de la crise climatique, mais ils font aussi partie de la solution, a déclaré Antón Leis García. La COP31 doit marquer un tournant, en reconnaissant leur rôle moteur et en traduisant des engagements ambitieux en investissements concrets qui atteignent les personnes les plus menacées. Les décisions prises ici doivent apporter une protection durable, une résilience renforcée et un avenir plus sûr à des millions de personnes contraintes de fuir. »

Notes à l’attention des rédactions

Entretiens avec les médias : Antón Leis García, Haut Commissaire assistant du HCR chargé des opérations, et Andrew Harper, conseiller spécial du HCR pour l’action climatique, seront présents à la COP31 et disponibles pour des entretiens avec les médias.

Chiffres clés sur le changement climatique et les déplacements forcés

  • Près de 90 millions de personnes : à la mi-2026, trois personnes déplacées de force sur quatre dans le monde vivaient dans des pays où l’exposition aux aléas climatiques, comme les inondations, les sécheresses et la chaleur extrême, est élevée à extrême.
  • Plus de deux réfugiés de retour sur trois : au cours du premier semestre de 2026, plus des deux tiers des réfugiés rentrés chez eux sont retournés dans des pays très vulnérables aux aléas climatiques, menaçant la pérennité de leur retour.
  • Près de 200 jours de chaleur dangereuse : d’ici à 2050, certains des camps de réfugiés les plus chauds, notamment en Gambie, en Érythrée, en Éthiopie, au Sénégal et au Mali, devraient connaître près de 200 jours, voire davantage, de stress thermique dangereux par an, soit environ le double de leur moyenne actuelle.
  • 255 millions de déplacements : les catastrophes liées aux conditions météorologiques ont provoqué plus de 255 millions de déplacements internes dans le monde au cours de la dernière décennie, soit environ 70 000 mouvements par jour.
  • Jusqu’à 3 millions de personnes pourraient être déplacées à cause d’El Niño : de graves inondations associées à un épisode El Niño très marqué pourraient déplacer entre 770 000 et 3 millions de personnes en Somalie, au Kenya, au Soudan du Sud et en Ouganda d’ici à la fin de 2026, selon l’évolution des conditions.
  • Environ 10 % seulement : les pays fragiles et touchés par des conflits reçoivent environ 10 % des financements climatiques mondiaux, alors qu’ils accueillent nombre des personnes les plus vulnérables au changement climatique.

Pour plus d’informations, veuillez contacter

À Genève : Eujin Byun, [email protected], +41 79 747 87 19