75 ans après son adoption, la Convention relative au statut des réfugiés reste une bouée de sauvetage pour des millions de personnes, y compris au Tchad
75 ans après son adoption, la Convention relative au statut des réfugiés reste une bouée de sauvetage pour des millions de personnes, y compris au Tchad
Une famille soudanaise arrive en voiture au poste-frontière de Tiné, du côté tchadien pour échapper aux violences récurrentes dans la région du Darfour occidental.
N’djamena, Tchad - Soixante-quinze ans après son ouverture à la signature, le 28 juillet 1951, la Convention relative au statut des réfugiés demeure le socle essentiel du système international de protection des réfugiés et l'un des instruments juridiques internationaux les plus importants jamais adoptés.
Née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle consacre un principe simple mais fondamental : les personnes contraintes de fuir les persécutions, les conflits ou les persécutions doivent pouvoir trouver sécurité et protection. Ce principe trouve une résonance particulière au Tchad, pays qui offre depuis plusieurs décennies l’asile et la protection aux personnes contraintes de fuir guerres et violences et qui accueille aujourd’hui plus de 1,5 million de réfugiés et demandeurs d’asile, ce qui représente environ une personne sur treize dans le pays.
Parmi eux figurent plus de 1,3 million de réfugiés soudanais - dont plus de 938 000 arrivés depuis le début du récent conflit au Soudan en avril 2023 - principalement dans l’est du pays. Dans cette région, environ une personne sur trois est réfugiée.
Le Tchad accueille également plus de 144 000 réfugiés centrafricains, pour la plupart dans le sud du pays, ainsi que plus de 22 000 réfugiés nigérians, notamment dans la région du Lac.
Malgré des défis économiques, de développement et climatiques, le Tchad continue de faire preuve d’une solidarité exemplaire envers les réfugiés, avec des communautés tchadiennes qui n’hésitent pas à partager leurs peu de ressources et l’accès aux services. Cet engagement indéfectible illustre les principes au cœur de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 et de la Convention de l’OUA de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique.
Au total, 149 États sont parties à la Convention de 1951, à son Protocole de 1967 ou à ces deux instruments, ce qui en fait l'un des cadres juridiques internationaux recueillant la plus large adhésion. Ensemble, la Convention et son Protocole définissent qui est un réfugié, énoncent les droits des réfugiés et fixent les normes de traitement que les États se sont engagés à respecter.
Le principe fondamental de non-refoulement, qui interdit de renvoyer une personne vers un lieu où elle risquerait d’être exposée à la persécution, à la torture ou à d'autres atteintes graves, est reconnu par le droit international coutumier, lequel s'applique à tous les pays, qu'ils aient ou non adhéré à la Convention.
Un système de protection sous pression
Alors que la pertinence de la Convention de 1951 est remise en question dans certaines parties du monde, la position du Tchad a toujours été claire. L’engagement du pays en faveur de l’asile et de la protection des réfugiés ne s’est jamais démenti, y compris face à l’une des plus importantes crises de déplacement que connaît le monde aujourd’hui.
Le HCR reste pleinement engagé aux côtés du Gouvernement tchadien et de ses partenaires pour renforcer les capacités du système d’asile et veiller à ce que les réfugiés continuent d’avoir accès à la protection et aux solutions dont ils ont besoin pour mener une vie digne et en toute sécurité.
Face à l’ampleur des déplacements forcés dans le monde, les pays tel que le Tchad qui accueillent les réfugiés ne peuvent cependant pas assumer seuls cette responsabilité.
Dans un monde marqué par des niveaux records de conflits et d’instabilité, quelque 41,6 millions de réfugiés demeurent déracinés. Près de 70 % de ces réfugiés sont accueillis dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, dont beaucoup font déjà face à d’importants défis économiques et de développement.
Par ailleurs, dans un contexte de sous-financement généralisé des opérations du HCR à travers le monde, les ressources disponibles restent largement insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Au Tchad, alors que de nouvelles personnes continuent d’arriver du Soudan en quête de sécurité, les besoins de financement du HCR au Tchad n’étaient couverts qu’à hauteur de 36 % fin juin, mettant sous pression la capacité de l’agence de répondre aux besoins des réfugiés et de soutenir les communautés qui les accueillent.
À l’occasion du 75ème anniversaire de la Convention de 1951, le HCR salue l’engagement du Gouvernement et du peuple tchadiens en faveur de la protection des personnes contraintes de fuir et appelle la communauté internationale à renforcer son soutien au Tchad.
À travers une série de dialogues organisés en 2026 – aux niveaux local, régional et mondial, avec les gouvernements, la société civile, les réfugiés, le secteur privé et d'autres parties prenantes –, le HCR travaille à identifier des pistes concrètes pour renforcer la protection et faire progresser les solutions.
Soixante-quinze ans plus tard, la Convention met à l'épreuve notre volonté collective de protéger les personnes contraintes de fuir et de préserver l'accès à l'asile pour celles et ceux qui en ont besoin.
Au Tchad, où des générations d’exilés ont trouvé refuge et protection, cet engagement reste plus pertinent que jamais.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Hélène Caux, [email protected], +235 85 15 81 34
Helen Ngoh, [email protected], +235 86 29 67 97