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À Biringi, une mère sud-soudanaise s'efforce de reconstruire l'avenir de sa famille

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À Biringi, une mère sud-soudanaise s'efforce de reconstruire l'avenir de sa famille

19 Juin 2026 Egalement disponible ici :
Democratic Republic of the Congo. Sustainable solutions for South Sudanese refugees facilitate their local inclusion and empowerment

« Grâce à ma petite entreprise, je vends des produits agricoles, du poisson et d’autres articles au marché de Biringi pour subvenir aux besoins de mes enfants. » Vicky Apuku, réfugiée sud-soudanaise en République démocratique du Congo.

À Biringi, dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, Vicky avance entre les étals du marché avec la même détermination qui lui a permis de survivre à la guerre. À 39 ans, mère de cinq enfants, cette réfugiée Sud-Soudanaise vend aujourd’hui du poisson salé et des produits agricoles pour faire vivre sa famille, après avoir fui des violences qui ont bouleversé sa vie.

« De mon village de Yei, à la frontière entre le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo, jusqu’à Ingbokolo, nous avons fui pendant deux jours. Jour et nuit, nous étions exposés à des tirs nourris dont nous ignorions les causes. Mon mari a été tué sur la route. Grâce à Dieu, mes enfants et moi avons atteint la RDC. Depuis, je dois être à la fois père et mère », raconte Vicky.

Comme des milliers d’autres Sud-Soudanais, Vicky a fui un conflit qui continue de déraciner des familles entières. Le conflit entre les ethnies Dinka et Nuer a déjà déplacé plus de 4 millions de personnes. En 2026, plus de 33 000 réfugiés Sud-Soudanais sont accueillis en RDC, aux côtés de centaines de milliers d’autres réfugiés dans les pays voisins, notamment en Ouganda et au Soudan. Avant la guerre, Vicky menait une vie stable auprès de sa famille. Aujourd’hui, elle tente de reconstruire un avenir dans le camp de Biringi, qui abrite plus de 7000 réfugiées.

« Le conte de fées de ma vie a pris fin brutalement. J’étais une mère au foyer cultivatrice, je faisais du petit commerce, j’élevais des chèvres et des volailles, et je pratiquais des métiers manuels. Nous vivions dignement : nos enfants allaient à l’école, mon mari travaillait dans les transports. Aujourd’hui, nous avons tout perdu et nous ne savons pas par où recommencer », confie Vicky.

À Biringi, le HCR organise l’accueil et l’hébergement des réfugiés, tout en soutenant des activités qui permettent aux familles déplacées de retrouver leur autonomie et de valoriser leurs compétences. Grâce au partenariat entre le HCR et la Fondation Mastercard, les interventions se concentrent de plus en plus sur l’éducation, les moyens de subsistance et l’autonomisation économique des réfugiés et des communautés déplacées. Entre 2025 et 2030, ce partenariat permettra de soutenir plus de 25 000 enfants réfugiés dans leur parcours scolaire et de créer plus de 37 000 emplois grâce à des activités génératrices de revenus.

Democratic Republic of the Congo. Sustainable solutions for South Sudanese refugees facilitate their local inclusion and empowerment

Avec le soutien du HCR, des réfugiées comme Vicky Apuku, veuve et mère de cinq enfants, peuvent gagner un revenu, subvenir aux besoins de leur famille et renforcer leur autonomie.

Pour Vicky, reprendre une activité commerciale a été une première étape vers la reconstruction.

« Pour survivre, je vends du poisson salé et des produits agricoles au marché. Chaque vente me permet de répondre aux besoins essentiels de ma famille », explique–t-elle.

Mais malgré cette résilience, les besoins restent immenses, notamment pour l’accès à l’éducation secondaire. Dans le camp, les réfugiés ont accès au système national d'éducation primaire qui est gratuit dans le secteur public. Quant au secondaire, ils prennent eux-mêmes en charge l’éducation de leurs enfants, mais beaucoup n’ont pas les moyens de financer la suite de cette scolarité. Le partenariat entre le HCR et la fondation Mastercard, vient répondre exactement à ce besoin pressenti de poursuivre le cycle secondaire d'études.

« Si nos enfants étudient, notre avenir changera. Cela sauvera notre génération, car beaucoup d’entre nous n’ont pas eu cette chance », souligne Vicky.

Pour le HCR, investir dans les compétences et le potentiel des réfugiés est essentiel, particulièrement dans un contexte marqué par la réduction des financements humanitaires.

« Avec la réduction des financements, il est essentiel de s’appuyer sur les compétences des réfugiés, de leur faire confiance et de leur permettre de réaliser leur plein potentiel. Cela les empêche de dépendre entièrement de l’assistance humanitaire », explique le Dr. Pierre Atchom, Représentant du HCR en République Démocratique du Congo.

Alors que les violences se poursuivent au Soudan du Sud, le HCR appelle la communauté internationale à renforcer son soutien aux réfugiés et aux pays d’accueil. Au-delà de l’assistance d’urgence, les investissements dans l’éducation, les moyens de subsistance et l’autonomisation restent essentiels pour permettre aux familles déplacées de reconstruire leur vie dans la dignité et de contribuer à des communautés plus fortes et plus inclusives.