Ouest des Balkans : Des réfugiés et des migrants en déplacement sont confrontés à des dangers croissants

Certains déposent une demande d’asile dans un pays des Balkans. D’autres continuent leur voyage. Ces deux groupes sont confrontés à des dangers croissants.

Genève, 12 juin (HCR) – Un nombre croissant de réfugiés et de migrants empruntent la « route de l’ouest des Balkans », moins connue pour rejoindre l’Europe. Ils sont confrontés à des risques croissants, y compris les abus, la violence et les accidents tout en marchant le long des voies ferrées reculées.

Le HCR a fait état, vendredi, d’une augmentation spectaculaire du nombre d’hommes, de femmes et d’enfants qui marchent pendant des jours le long de cette route, beaucoup moins connue que les traversées de la Méditerranée.

Certains déposent une demande d’asile dans les Balkans. D’autres poursuivent leur voyage. Les deux groupes sont confrontés à des dangers croissants, selon le HCR.

« La situation est particulièrement difficile dans l’ex-République yougoslave de Macédoine [FYROM] où les réfugiés et les migrants marchent le long de voies ferrées et de routes de montagne durant des jours. Ils sont exposés à des accidents ferroviaires, aux éléments naturels ainsi qu’à des abus et menaces de la part de trafiquants et de réseaux criminels », a déclaré Adrian Edwards, porte-parole du HCR lors d’un point de presse à Genève.

Entre 2012 et 2014, le nombre de personnes ayant demandé l’asile dans un pays de l’ouest des Balkans est passé de 5000 à 20 000.

Cette année, les chiffres ont augmenté encore davantage, avec plus de 22 000 demandes d’asile déposées en Serbie seulement durant les cinq premiers mois de l’année, soit six fois plus que pour la même période en 2014. En mai seulement, 10 000 nouveaux demandeurs d’asile ont été enregistrés par les autorités.

Selon le HCR, les autorités et la société civile au sud de la Serbie luttent pour fournir une aide humanitaire de première nécessité, pour enregistrer et héberger environ 200 demandeurs d’asile qui leur demandent de l’aide chaque jour, après avoir traversé la frontière depuis l’ex-République yougoslave de Macédoine.

« Nous estimons qu’au moins le même nombre de personnes ayant potentiellement besoin d’une protection internationale ne se fait pas enregistrer. Ces personnes continuent leur voyage clandestin à travers la région, en ayant recours à de passeurs. La grande majorité d’entre elles cherchent à atteindre l’Europe de l’Ouest en traversant la Hongrie », a ajouté Adrian Edwards.

La majorité des personnes qui utilisent cet itinéraire sont principalement originaires de la Syrie, d’Afghanistan, d’Iraq, d’Erythrée et de Somalie. Elles arrivent principalement via la Grèce. Avec la hausse récente des arrivées en Grèce depuis la mer, le nombre de personnes qui entreprennent ce voyage devrait croître.

Le HCR préconise des améliorations pour les systèmes d’asile dans cette région depuis le début des années 1990 car les capacités existantes sont insuffisantes pour l’ampleur des arrivées. La situation actuelle est critique et exigera un soutien, y compris par des efforts conjoints avec l’Union européenne, les gouvernements nationaux et les ONG.