Le HCR est choqué par les incendies au centre de réception de Moria et renforce son soutien aux demandeurs d’asile affectés

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Shabia Mantoo – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 11 septembre 2020 au Palais des Nations à Genève.

Le feu a détruit des abris pour les réfugiés et les demandeurs d’asile, au camp de Moria, à Lesbos en Grèce. © HCR

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est choqué et attristé par les événements survenus cette semaine sur l’île de Lesbos, où une série d’incendies a détruit presque tout le centre accueillant des demandeurs d’asile à Moria, ce qui laisse des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sans abri.

Un premier incendie s’est déclaré dans la soirée de mardi 8 septembre et a causé des dommages importants sur des milliers d’abris de demandeurs d’asile et dans les parties communes. Puis d’autres incendies ont été signalés dans la soirée du 9 septembre et hier, le 10 septembre. Ces tout derniers incendies ont touché des champs adjacents au Centre de réception et d’identification (RIC) de Moria, connus sous le nom d’« Oliveraie », détruisant les abris qui restaient.

Bien qu’aucune victime n’ait été signalée à ce jour, les incendies ont laissé 11 500 demandeurs d’asile, dont 2200 femmes et 4000 enfants sans abri décent. Ces dernières nuits, ils ont dormi en plein air dans les rues, les champs et sur les plages. Parmi eux se trouvent des personnes vulnérables, de très jeunes enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées et des personnes handicapées.

Le HCR offre son soutien aux autorités grecques pour aider à protéger et à porter assistance aux demandeurs d’asile affectés par les incendies, en mobilisant des ressources et de l’aide. Le HCR fournit une aide d’urgence pour s’assurer que ces personnes ne dorment pas en plein air.

La pandémie de Covid-19 vient également s’ajouter à une situation déjà désespérée. Les personnes testées positives au Covid-19 doivent bénéficier, le plus rapidement possible, de soins spécifiques, d’un dispositif pour l’isolement et les soins ainsi que d’un soutien médical. Le HCR a conseillé à toutes les personnes qui séjournaient auparavant au RIC de restreindre leurs mouvements jusqu’à ce que des solutions temporaires leur soient trouvées.

Dans une situation très difficile et instable, nous demandons à tous de faire preuve de retenue et de s’abstenir de tout acte ou discours qui pourrait accroître les tensions.

Alors que les autorités font leur possible pour identifier des solutions immédiates en matière d’hébergement, le HCR insiste pour que des solutions à long terme soient trouvées pour les réfugiés et les demandeurs d’asile à Moria et dans d’autres sites des îles grecques. Le HCR souligne depuis longtemps la nécessité de gérer la situation et les conditions des demandeurs d’asile dans les îles de la mer Égée. Les incidents survenus à Moria démontrent la nécessité de mettre en œuvre des mesures à long terme pour améliorer les conditions de vie, réduire la surpopulation, améliorer la sécurité, les infrastructures et l’accès aux services essentiels dans les cinq centres d’accueil des îles grecques.

Pour répondre aux besoins urgents des demandeurs d’asile en matière de protection en Grèce, le HCR continue de plaider pour un soutien accru, notamment de la part des pays européens et des institutions de l’UE, notamment par le biais de la relocalisation accélérée des enfants non accompagnés et d’autres personnes vulnérables. Le HCR se félicite des annonces faites ces derniers jours par des pays européens pour accueillir des mineurs non accompagnés et des familles avec enfants en provenance de la Grèce.