Une mère syrienne entame une nouvelle vie en Belgique avec un doctorat dans le secteur pharmaceutique

L’admission de Rania à un programme de doctorat au sein d’une université belge lui donne l’énergie dont elle a besoin pour combler le vide laissé par sa fuite forcée de Syrie.

Rania fait des recherches dans le laboratoire de l’Université de Mons.
© UNHCR

L’admission de Rania à un programme de doctorat au sein d’une université belge accroît non seulement ses opportunités de carrière en Belgique, mais lui donne également l’énergie dont elle a besoin pour combler le vide laissé par sa fuite forcée de Syrie.

Entourée d’amis et de parents adorables à Damas, Rania n’a jamais voulu quitter la Syrie.

Cependant, les bombes qui sont tombées sur le gymnase et l’école de ses enfants l’ont mise en garde, ainsi que son mari, sur la nécessité de mettre leurs enfants en sécurité.

Lorsqu’elle a appris qu’une deuxième bombe avait frappé l’école alors qu’elle rendait visite à sa sœur avec ses enfants en Belgique, Rania a décidé d’y effectuer une demande d’asile. Son mari les a rejoints plus tard.

Même si sa famille et ses amis de Damas lui manquent énormément, elle est très reconnaissante envers sa sœur et envers la Belgique pour l’avoir aidée à s’installer.

Rania n’était cependant pas du genre à demander de l’aide. Derrière son apparence jeune et élancée, sa proactivité transparaît au travers de la manière énergique et vive avec laquelle elle parle de sa vie et de ses ambitions.

Dès que son mari est arrivé en Belgique, il a étudié et pratiqué le français de façon intensive afin de pouvoir gérer sa propre entreprise et subvenir aux besoins de sa famille. De cette manière, Rania a pu se concentrer sur son doctorat.

Contrairement à la plupart des réfugiés qui s’inscrivent à l’université en Belgique et qui doivent d’abord prendre des cours de français ou de néerlandais, Rania, elle, avait déjà un très bon niveau de français lorsqu’elle est arrivée.

« Le français était ma deuxième langue en Syrie », affirme-t-elle avec désinvolture, « mais je maîtrise également l’anglais, qui est la langue utilisée dans la recherche pharmaceutique au niveau international.

« Lorsque j’ai postulé pour la première fois en Belgique pour l’équivalence de mon diplôme de master dans ma spécialisation en Syrie, on m’a affirmé que la seule équivalence que je pouvais obtenir était celle de la première année de Bachelier. J’avais sinon la possibilité d’obtenir une équivalence avec un master non spécialisé, ce que j’ai choisi, et j’ai décidé d’entamer un doctorat sur les toxines du cerveau. »

L’université de Mons en Belgique, qui s’enorgueillit d’être une « université hospitalière » à l’égard des réfugiés, l’a accueillie à bras ouverts.

Rania insiste sur le fait que son doctorat n’est pas seulement important pour son cursus et sa carrière. Elle ajoute : « C’est difficile à expliquer, en plus de me donner la possibilité de m’intégrer ou de prouver que je peux le faire, ce doctorat est ce dont j’avais besoin pour commencer ma nouvelle vie. »

En Syrie, Rania a gagné le prix de la meilleure employée au sein de son entreprise, et, à en juger par son enthousiasme pour son doctorat, elle s’appuie sur ce même état d’esprit pour surmonter le bouleversement de sa fuite vers la Belgique.

« Ça me manque terriblement de pouvoir discuter avec mes amis sur les terrasses des cafés à Damas. J’ai grandi dans cette ville, elle fait partie de moi. Peut-être qu’un jour, ce doctorat m’aidera à gravir des échelons dans ma carrière et à retourner en Syrie. »

En attendant, lorsqu’on lui demande comment elle parvient à combiner ses études avec sa vie de famille, elle répond avec enthousiasme : « Je prépare le petit déjeuner avant de me rendre au laboratoire, et je cuisine le weekend. De toute manière, mes enfants, qui sont maintenant de jeunes adolescents, étudient beaucoup. »

Quelle est la prochaine étape pour la source intarissable d’énergie qu’est Rania ?

« J’aimerais postuler pour un programme européen de recherche sur les toxines présentes dans la viande. »

Avec Rania, la Belgique et l’Europe disposent d’une chercheuse dans un secteur pharmaceutique de pointe, et ont ainsi de meilleures chances d’éliminer ces toxines dangereuses pour la santé.