Les réfugiés ouvrent (virtuellement) leurs portes à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié

Cette année, le HCR, l’Organisation des Nations unies pour les réfugiés, célèbre virtuellement la Journée mondiale du réfugié (20 juin) avec une série de vidéos de vidéos réalisées par des réfugiés et des demandeurs d’asile montrant comment ils ont aidé la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg dans la lutte contre le coronavirus.

Selon le tout dernier rapport statistique annuel du HCR Tendances mondiales dont la publication précède la Journée mondiale du réfugié, 79,5 millions de personnes étaient déracinées à la fin 2019, un chiffre sans précédent. Alors que le nombre de personnes déplacées de force en raison de guerres ou de persécutions continue de croître, les réfugiés et les demandeurs d’asile reconstruisent leur vie ailleurs. Lorsque le coronavirus s’est répandu en Belgique et au Luxembourg, de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile ont mis leurs compétences et expériences au service de la lutte contre le virus.

Leurs vidéos donnent un aperçu des coulisses de leur quotidien. Que ce soit dans les hôpitaux, dans le secteur agricole ou de la musique, chacun d’entre eux apporte sa pierre à l’édifice. C’est ainsi qu’ils essaient de faire la différence dans leur pays d’accueil.

Dans le domaine des soins de santé

Kaneza est une réfugiée originaire de la République démocratique du Congo. À seulement 23 ans, elle met ses compétences d’infirmière au service des patients de l’hôpital UZ Brussel. 

Abod, qui a fui la ville de Raqqa – une ville en Syrie déchirée par la guerre – et Mustafa, un réfugié venu d’Irak, ont contribué à freiner la propagation du virus en stérilisant du matériel médical, respectivement à l’hôpital Damiaan à Ostende et à l’hôpital Brugmann à Bruxelles.  

Pour assurer un approvisionnement régulier en masques, les réfugiés et les résidents des centres d’accueil en Belgique et au Luxembourg mettent à profit leurs compétences en matière de couture – leurs machines à coudre n’ont cessé de tourner depuis le début l’épidémie. Les demandeurs d’asile des centres de la Croix-Rouge à Yvoir contribuent à la sécurité des habitants du quartier en produisant des masques et fournissent également un approvisionnement régulier de blouses et de masques à l’hôpital local. 

Les époux Ibrahim et Kobra, qui tiennent la boutique de couture De Gouden draad à Hasselt, transforment chaque pièce de tissu apportée par les clients en masque.

Au Luxembourg, la fabrication de masques se fait en famille : la famille Alhashimi – père, mère, fille et fils – a transformé sa maison en usine à masques et en produit jusqu’à 150 par jour !

Des mesures d’hygiène créatives

Les demandeurs d’asile du centre d’accueil du bateau Reno à Gand se sont fait connaître pour leur esprit de communauté et leur ingéniosité en se portant volontaires pour enlever les déchets du canal sur lequel se trouve leur bateau. Et cela ne s’arrête pas là. Ils ont même construit un évier pour que les résidents puissent se laver les mains à tout moment afin de vaincre le virus ensemble.

Un plat délicieux commence par la récolte de bons aliments

Pour apaiser les craintes de la population vis-à-vis de la pénurie de main-d’œuvre et de nourriture, Ihab, un demandeur d’asile palestinien, a récolté des poireaux sans relâche, contribuant ainsi à approvisionner les rayons des supermarchés.

« Je travaille pour remercier le pays qui m’a accueilli. » (Ihab)

Pendant ce temps, Ali, qui a fui la guerre en Irak, a décidé de mettre en place un atelier de cuisine en ligne, assaisonné d’un peu de magie orientale et de beaucoup d’humour. En direct depuis sa webcam dans les cuisines de chefs amateurs, il leur a appris à préparer une grande variété de plats moyen-orientaux, rendant ainsi le confinement plus supportable.

Une sensibilisation par la musique et par internet

Thomas, un développeur informatique talentueux qui a dû fuir l’Érythrée, a mené sa lutte contre le virus sur le front de l’information. Avec son site web multilingue actualisé en temps réel et disponible en anglais, en tigrinya et en amharique, il relaie les dernières mesures et consignes relatives au coronavirus.

Avec les paroles rassurantes et compatissantes de sa chanson « Qui es-tu ? », Tabero Afann, demandeur d’asile camerounais, apaise notre peur du virus et nous encourage à soutenir les travailleurs de la santé en première ligne. 

Journée mondiale du réfugié 2020 – Avec nos remerciements à nos héros

Kaneza, Mustafa, Abod, Winnet, Sanassa, Fuminola, Jian, Ibrahim, Mohammed et Smaher ainsi que leurs enfants, Fereshteh, Victor et son équipe, Ihab, Ali, Thomas et Tabero Afann.